Milan Fashion Week début dans un contexte favorable mais incertain

Le défilé de Roberto Cavalli, signé par le Norvégien Peter Dundas, donnera le top départ vendredi soir à Milan de quatre journées intenses consacrées aux collections de prêt-à-porter pour l'hiver prochain, dans un contexte "favorable, mais encore trop fluctuant". Après une semaine londonienne achevée lundi dans un déluge d'hommages au "roi du style" David Bowie, décédé dimanche d'un cancer à l'âge de 69 ans, le petit monde de la mode masculine a posé ses bagages dans la capitale lombarde.

Au menu, une quarantaine de défilés des grands noms du "made in Italy", mais également de quelques maisons étrangères, de Dolce&Gabbana à Vivienne Westwood, de Fendi à Moncler, de Prada à Dsquared, de Gucci à Ermenegildo Zegna. Alors que la recrudescence d'attentats terroristes bouscule les sociétés occidentales, il est nécessaire "de répondre avec notre énergie positive" , a affirmé à l'AFP le président de la Chambre de la Mode italienne, Carlo Capasa. "Car la mode constitue l'une des grandes valeurs de notre culture occidentale : c'est un domaine aux multiples possibilités, où les jeunes sont accueillis, trouvent une réponse, peuvent s'exprimer et où seul le mérite compte", a-t-il déclaré.

Publiés cette semaine à l'occasion du salon Pitti Uomo de Florence, qui rassemble chaque année des centaines de professionnels du secteur avant la Fashion Week milanaise, les chiffres provisoires pour 2015 ont effectivement reflété ces événements graves, avec un second semestre "assez difficile". "Dans un contexte conjoncturel globalement favorable, mais encore trop fluctuant et incertain, la mode masculine italienne (...) devrait clore l'année 2015 sur une croissance modérée", souligne ainsi la Fédération italienne du textile et de la mode, Sistema Moda italiana (SMI).

Selon les experts du SMI, le chiffre d'affaires du secteur textile masculin devrait enregistrer en 2015 une hausse de 1,8 pour cent, approchant les 9 milliards d'euros. Loin des 3,8 pour cent espérés en juin, avant la présentation des collections printemps/été. La reprise de la demande intérieure, notée depuis quelques temps, s'est finalement révélée moins performante que prévue, regrette le SMI, alors que l'export (+2,4 pour cent) a été "caractérisé par un ton significativement en-dessous" des +5,1 pour cent enregistrés en 2014. Les exportations, qui représentent tout de même plus de 63 pour cent du chiffre d'affaires total du secteur, clôturent l'année à 5,665 milliards d'euros, précise l'étude.

'L'élégance accessible'

Pour 2016, "nous prévoyons une croissance de 2 pour cent de la mode italienne", a prudemment avancé le président de SMI, Claudio Marenzi. M. Capasa évoque lui une hausse de 2,5 pour cent "car nous comptons bien inverser la tendance". L'objectif du secteur doit être de "confirmer la suprématie mondiale, et notamment européenne, de la mode italienne, non seulement en termes de créativité mais aussi en termes d'industrie", a affirmé M. Marenzi, en rappelant que l'Italie pesait 36 pour cent du chiffre d'affaires du secteur textile européen, devant la France (23 pour cent).

Le président du salon Pitti Uomo, Gaetano Marzotto, a dit pour sa part espérer "que la bonne tenue du dollar se poursuive, avec les Américains qui continuent à dépenser", parce que les Etats-Unis sont devenus "nos plus gros clients, surtout pour la mode masculine" (+16,2 pour cent par rapport à 2014). "L'élégance accessible du +made in Italy+ est très appréciée" également en Europe du nord, en particulier en Allemagne (+4,8 pour cent), mais également en Angleterre (+8,9 pour cent) et en Espagne (+10 pour cent), alors que la France et la Suisse ont déçu (-6,9 pour cent et -5,4 pour cent).

"Le véritable défi se situe à l'Est, où l'on adore le +made in Italy+ et où les habitants peuvent à présent se permettre d'en acheter", a-t-il affirmé. Il a également espéré que "les problèmes avec la Russie (les sanctions économiques décidées par l'Union européenne et les Etats-Unis à la suite du conflit en Ukraine, ndlr) soient résolus", les ventes y ayant diminué de plus de 33 pour cent en 2015. (AFP)

 

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