« On n'est pas là pour se pomponner » : le guide de survie des jeunes RP en Fashion Week
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Loin du fantasme des strass et du front row, la Fashion Week est avant tout un marathon pour les équipes de relations publiques. Dans quelques jours, le 28 septembre prochain, débute la semaine de la mode parisienne, et de nombreux stagiaires et jeunes assistants s'apprêtent à affronter leur premier grand rush événementiel. Entre les stilettos regrettés dès la première heure et les VIP à exfiltrer par les cuisines, Caroline Charles, fondatrice du bureau de presse éponyme, lève le voile sur la réalité du terrain et transmet ses enseignements.
La tenue de gala est un mirage : place à la mobilité
Le plus grand mythe qui entoure les premiers pas en agence ? Penser qu'assister à un défilé en tant que staff équivaut à y aller en tant qu'invité. L'illusion du « spectacle » pousse fréquemment les profils juniors à se pomponner. « Souvent les filles mettent des talons trop hauts et au bout d’une heure elles doivent se changer car dans notre métier on bouge, on n’est pas figé », raconte Caroline Charles. Le métier des relations publiques exige d'être constamment en mouvement. Une tenue professionnelle mais taillée pour l'endurance est la première règle d'or d'un événement réussi.
Le manque d'implication, un faux pas impardonnable
L'accès au lieu du défilé est déjà un filtre en soi : « si ils ne sont pas capables, on ne les amène pas sur des shows », explique Caroline. Il faut donc prouver sa fiabilité en amont. Une fois sur place, le crash-test n'est plus technique, mais comportemental. Pour la RP, l'erreur absolue, particulièrement remarquée chez la nouvelle génération, est de donner l'impression de « ne pas se sentir concerné ». Le chaos d'un événement exige un engagement total. Un stagiaire passif, qui attend les ordres sans prendre la mesure de l'urgence ou de l'enjeu collectif, se ferme instantanément les portes d'une future embauche.
L'ADN du métier : réactivité et justesse du placement
À l'inverse, l'assistant ou le stagiaire qui sort du lot ne se repère pas à de grands coups d'éclat, mais à une attitude précise. Le profil taillé pour aller loin possède cet « ADN » particulier qui tient en deux notions : être extrêmement réactif tout en sachant rester à sa place. Il s'agit de comprendre son rôle dans la mécanique globale, d'intervenir à la seconde où l'équipe en a besoin, sans jamais surjouer sa partition ni encombrer l'espace.
Le réseau se construit à la porte, par l'observation
On dit souvent qu'un bon RP est invisible le jour J. Dès lors, comment un profil junior peut-il espérer se constituer un carnet d'adresses sans paraître opportuniste ou court-circuiter ses managers ? La clé se trouve dans les missions stratégiques, comme la gestion des entrées. Faire l'accueil et le seating est une école d'observation redoutable. C'est l'opportunité parfaite pour mémoriser les visages, associer des noms à des titres et comprendre la cartographie des invités influents, posant ainsi les premières briques d'un réseau professionnel sans jamais forcer le contact.
Savoir improviser
« À un de mes premiers défilé chez Béatrice Keller pour Versace, on devait faire des repérages de VIP avec la sécurité pour que tout se passe bien », se rappelle Caroline. La communicante confie également avoir du faire sortir des invités par les cuisines pour faciliter les choses. Car lorsque l'imprévu survient, c'est le système D allié au sang-froid qui sauve l'événement, quitte à prendre des décisions peu orthodoxes. Un bon RP trouve toujours la sortie de secours.