Quatre Pakistanais ont porté plainte vendredi en Allemagne contre l'enseigne allemande d'habillement Kik, afin de réclamer des indemnités pour le violent incendie d'une usine textile en septembre 2012 au Pakistan, qui avait tué plus de 250 ouvriers.

La production de l'usine de Karachi était en majorité achetée par le discounter textile Kik, filiale du groupe de distribution Tengelmann.

Muhammad Hanif, qui a été gravement blessé dans l'incendie, Muhammad Jabbir, Abdul Aziz Khan Yousuf Zai et Saeeda Khatoon, qui ont perdu leurs fils dans l'incendie, demandent auprès du tribunal de grande instance de Dortmund (ouest) 30.000 euros d'indemnités chacun, détaille le Centre européen pour les droits de l'Homme (ECCHR), qui, aux côtés de l'ONG Medico International, a accompagné les plaignants dans leur démarche.

"Les victimes en avaient assez de se laisser duper, ils ont dit: +nous voulons porter plainte+, pour qu'un tribunal allemand reconnaisse cette faute que Kik a toujours niée", a déclaré lors d'une conférence de presse à Berlin Thomas Seibert, en charge du dossier chez Medico International.

"Il n'y a encore jamais eu de plainte de cette sorte, où des victimes attaquent des entreprises occidentales", a affirmé pour sa part Remo Klinger, avocat des plaignants.

Cet incendie, pour lequel personne n'a été condamné, en dépit d'un rapport d'enquête de la justice pakistanaise soulignant des conditions de sécurité très insuffisantes, avait attiré l'attention sur les conditions de travail misérables des ouvriers de ces gigantesques usines textiles où est confectionné le prêt-à-porter toujours meilleur marché exporté en Europe.

Kik a insisté, dans un communiqué, avoir déjà versé un million de dollars pour aider les victimes de l'incendie et leurs familles juste après l'incendie et être toujours en "discussions intenses" avec les représentants des victimes pour des indemnisations de long terme. Ses propositions n'ont pour l'heure pas été acceptées.

Selon M. Seibert, Kik refuse de verser aux familles des indemnités pour le manque à gagner occasionné par l'invalidité ou la mort d'un membre de la famille des plaignants. (AFP)

 

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