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Un groupe de féministes issu du collectif "Les effronté-e-s" a réalisé mardi une action coup de poing dans une boutique parisienne d'Yves Saint Laurent manifestant leur opposition au "sexisme décomplexé" de la dernière campagne publicitaire de la marque, a constaté une journaliste de l'AFP.

Une poignée de militants des droits des femmes se sont introduits dans la boutique Yves Saint Laurent, place Saint-Sulpice, dénonçant deux affiches accusées de véhiculer des "images dégradantes" de la femme.

"La femme est un être humain, pas un objet : ni table, ni un tabouret, ni aucun élément du mobilier", criait Fatima Benomar, porte-parole du collectif, alors que le service d'ordre l'obligeait à sortir du magasin.

"Les effronté-e-s" reprochent aux deux affiches controversées de faire "l'apologie de l'anorexie" et de promouvoir une "vision régressive de la sexualité féminine".

Sur l'une des affiches, on voit une femme jambes écartées, en talons et collants résilles. Sur l'autre, une jeune femme très amaigrie, sur talons aiguilles et patins à roulettes, est penchée sur un tabouret dans une position de soumission jugée explicite.

Le collectif appelle à un "retrait de cette campagne". Mais cette mesure ne serait pas suffisante, puisque "le temps que ça se fasse, la campagne a déjà eu lieu et les gens l'absorbent", selon Fatima Benomar.

Elle réclame l'établissement d'une "loi contre le sexisme", face à une industrie de la mode qui peine à "s'autoréguler". "Il faut voir quelles mesures on peut prendre pour qu'on puisse savoir en amont si les campagnes sont compatibles avec les valeurs défendues par notre République."

Les effronté-e-s, Stop Harcèlement de rue, Les chiennes de garde ou encore les Femen: de nombreux collectifs féministes étaient signataires du tract distribué lors de l'action, soutenue aussi par le Parti Communiste Français et Europe Écologie-Les Verts.

La campagne d'Yves Saint Laurent devait être examinée par l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), qui a estimé lundi que ces affiches constituaient un "manquement incontestable". (AFP).