Des décisions sont attendues mercredi au Palais Bourbon sur la tenue des députés dans l'hémicycle, les avantages des anciens présidents de l'Assemblée et le statut des collaborateurs parlementaires, a-t-on appris vendredi de sources parlementaires. Le port début décembre par l'Insoumis François Ruffin d'un maillot vert de l'Olympique Eaucourt, petit club amateur d'Eaucourt-sur-Somme, lui avait valu une sanction pécuniaire.

Dans les mois précédents, les élus LFI s'étaient illustrés en brandissant le Code du travail pour dénoncer sa réforme, ou 5 euros de conserves et autres paquets de pâtes contre la baisse des APL. Evoquant des "coups d'éclats médiatiques", le président de l'Assemblée François de Rugy (LREM) avait indiqué en fin d'année qu'"à partir du moment où l'autorégulation ne suffit pas, le bureau (...) rappellera(it) des règles". Plus haute instance collégiale de l'Assemblée, le bureau, composé de 22 députés, se réunit mercredi matin.

M. de Rugy a transmis en décembre à ses membres "une proposition d'instruction prévoyant que l'expression des opinions se fait exclusivement à l'oral", ce qui vise la tenue vestimentaire ou les objets brandis mais aussi les éventuels signes religieux, a précisé son entourage. Aurore Bergé, une porte-parole des députés LREM, a considéré vendredi sur France 2 que "l'expression orale est celle qui doit primer dans l'hémicycle", "on n'est pas là pour être des hommes sandwichs" et "cela ferait du bien, en effet, qu'un code vestimentaire soit mis en place".

Pour sa part, Clémentine Autain (LFI), membre du bureau, ne veut pas d'"un code vestimentaire conformiste qui relève de la bienséance". "Les deux règles justes sont celles sur les signes religieux et les marques commerciales", a-t-elle estimé auprès de l'AFP. Autre sujet à l'ordre du jour du bureau: la probable augmentation de 10% de l'enveloppe pour la rémunération des collaborateurs des députés. Lors de ses voeux aux corps constitués mardi, M. de Rugy a jugé que "c'est nécessaire et il faudra même aller plus loin".

Ces 10 millions d'euros de dépenses supplémentaires par an devraient être assurés par un prélèvement sur les réserves de l'Assemblée (270 millions d'euros). Un budget prévisionnel rectificatif doit également être présenté. Les avantages accordés pour dix ans aux anciens titulaires du "perchoir" (voiture avec chauffeur, bureau, collaborateur), pour un coût annuel de 330.000 euros, sont également au menu des discussions mercredi. En outre, des suites devraient être données aux propositions de deux groupes de travail sur la réforme de l'Assemblée: développement durable et ouverture à la société. Un audit environnemental devrait notamment être décidé, dans la foulée de la dématérialisation des amendements en séance, effective depuis cette semaine. Enfin, certaines règles d'accès du public aux séances dans l'hémicycle pourraient être révisées pour des raisons de sécurité. (AFP)

 

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