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J.W Anderson à la place de Guesquière chez Vuitton? LVMH dément formellement

Bernard et Delphine Arnault auraient un nouveau chouchou : J.W Anderson. Il est bien vrai que le jeune créateur irlandais a tout pour plaire : une attitude « cool kid » pile-poil dans l’air du temps, un gout ostensiblement affiché pour l’art contemporain, un clan solide (le styliste Benjamin Bruno, les photographes Jamie Hawkesworth et Steven Meisel, le duo de graphistes stars M/M), un CV béton (il s’est fait repérer à Londres - alors qu’il était visual marchandiser - par Manuela Pavesi, bras droit de Muccia Prada), une merveilleuse aptitude à savoir travailler en équipe avec son studio et à enchaîner les collections.

Un petit prodige de l’image, du produit, du marketing qui ne sait pas coudre mais qui sait merveilleusement bien s’entourer et tirer parti du talent de ses équipes. De son propre aveu : pas vraiment un designer, plutôt un directeur artistique qui sait donner le bon cap. Un leader parfait pour la nouvelle génération Instagram. Le nouveau Hedi Slimane en quelque sorte. Ces qualités composent un mélange explosif et désirable qui font des merveilles chez Loewe, vénérable maison de luxe espagnole spécialisée dans le cuir (propriété de LVMH) dont il est le directeur créatif, mais aussi au sein de son propre label éponyme fondé alors qu’il n’avait que 24 ans ( et bien épaulé depuis 2013 par un investissement conséquent de LVMH).

Anderson, 31 ans, serait à ce point apprécier par son illustre patron Bernard Arnault, que celui-ci envisagerait même de le placer à la tête de Louis Vuitton, en remplacement de Nicolas Guesquière. La rumeur publique fait en effet courir le bruit depuis plusieurs semaines que le directeur artistique qui a pourtant fait des merveilles chez Balenciaga déçoit chez Louis Vuitton. La marque vedette de LVMH avait pourtant beaucoup misé sur le remplaçant de Marc Jacob pour rebooster ses ventes et redorer une image un peu galvaudée par le succès jugé trop criard des accessoires à logo.

Le contrat de Nicolas Guesquière se termine fin 2018

Cette accélération des ventes « premium » est faible et lente, mais elle est réelle. Ce qui n’est déjà pas si mal étant donné le ralentissement général du commerce du luxe au niveau mondial. D’autant plus que Guesquière n’est présent que depuis trois ans. Mais les rumeurs étaient lancées. Elles étaient même alimentées par Nicolas Guesquière lui-même qui avait jeté le trouble le 2 juin dernier sur le plateau du Petit Journal (Canal +) en indiquant qu’il aimerait bientôt fonder son propre label. Il ne faisait pourtant que reprendre ce qu’il avait dit en 2014 à plusieurs journaux Outre Atlantique. Bref, tout était en place donc pour mettre le feu aux poudres.

C’est ce qui s’est passé ce mercredi 20 juillet lorsque Business of Fashion a annoncé le départ probable du directeur artistique de Louis Vuitton au profit du nouvel espoir de la mode. Une annonce reprise aussitôt par Reuters, puis par de nombreuses rédactions de premier plan. Des sources internes chez Louis Vuitton assurent que les équipes s’attendent largement au départ prochain de Guesquière. LVMH a refusé de démentir l’information durant toute l’après-midi. Ce n’est qu’en début de soirée que le grand groupe de luxe a démenti formellement, notamment auprès de WWD, tout départ de Nicolas Guesquière. Le groupe indique que le contrat actuel de Guesquière s’arrête fin 2018.

Un démenti rapide qui est en soi une surprise. Il avait fallu plusieurs jours à LVMH pour nier le départ annoncé de Phoebe Philo chez Céline. Une réactivité qui prouve la fébrilité actuelle du secteur du luxe, d’habitude si réticent à commenter les rumeurs, et désormais si prompt à réagir aux moindres éternuements de la place publique.

Crédit photo : J.W Anderson, capture d’écran site internet

Rochas renouvelle le contrat d’Alessandro Dell’Acqua

Il n’y a pas si longtemps, on adressait des communiqués pour informer les médias qu’un directeur artistique quittait ou prenait ses fonctions. C’était avant. Aujourd’hui, un communiqué est tombé pour indiquer qu’un designer restait en place. Pourquoi pas ? Il est vrai que c’est devenu suffisamment rare ces derniers mois pour être souligné. Ainsi, ce lundi après-midi, Alessandro Dell’Acqua a été confirmé comme Directeur Artistique des collections féminines de la maison Rochas, un poste qu’il occupait depuis 2013.

Fondée en 1925 par Marcel Rochas au 100 rue du Faubourg Saint Honoré (avant d’être déplacée au 12 avenue Matignon jusqu’à la mort du Couturier Parfumeur en 1955, puis d’être définitivement installée durant les cinq décennies suivantes au 33 rue François 1er), la maison a connu de nombreux propriétaires. Notamment Hélène Rochas, dernière femme du couturier. C’est elle qui choisît d’installer la société rue François 1er dans l’hôtel particulier de son défunt mari. En 1971, celle qui était devenue la première femme PDG de France céda les Parfums Rochas au groupe Roussel-Uclaf puis au groupe Wella en 1987.

La mode fit son grand retour au sein de la maison en 1989 avec Peter O’Brien à la direction artistique. En 2003, Procter & Gamble racheta la marque. Olivier Theyskens fut nommé directeur artistique. Après une interruption des collections de prêt-à-porter décidée par l’actionnaire en 2006, la direction de la création revint à Marco Zanini deux ans plus tard. La direction de la parfumerie revint à Jean-Michel Duriez à partir de 2008. Hélène Rochas nous quitta en août 2011, laissant derrière elle le souvenir d’une vie de fastes.

Intégrer l’activité couture : une première dans l’histoire d’Interparfums

La marque Rochas est depuis mars 2015 la propriété d’Interparfums. Fondée par Philippe Benacin et Jean Madar en 1982, la société est bien connue pour créer, fabriquer et distribuer des parfums de prestige et des cosmétiques sur la base de contrats de licence mondiaux exclusifs. Interparfums s’occupe notamment des marques Montblanc, Jimmy Choo, Boucheron, Van Cleef & Arpels, S.T. Dupont, Karl Lagerfeld, Paul Smith, Repetto, Balmain, Coach, Lanvin et bien sur de Rochas. Avec une particularité cependant pour Rochas puisqu’Interparfums possède non seulement les parfums mais aussi la branche mode de cette auguste maison française. Une première. L'opération d’achat s’était alors élevé à 108 millions de dollars (102 millions d'euros), financée en totalité par la mise en place d'un prêt à moyen-long terme.

Pourquoi la mode alors que Rochas réalise la grande partie de son chiffre d’affaire (46 millions de dollars l’année dernière) quasiment autour du parfum (notamment les best-sellers Eau de Rochas et Rochas Man ) ? Pour exalter l’imaginaire régnant autour du couturier peut-être, ce qui est la meilleure de publicité possible sans doute, avant de faire de nouveaux lancements de fragrance en 2017. D’autant que cette modeste activité couture pèse peu : une quinzaine de licenciés pour les vêtements et accessoires (et un montant de royalties n’ayant jamais dépassé les 2 millions de dollars d’après le journal Les Echos). Peut etre aussi pour ne pas se laisser distancer le concurrent espagnol Puig, spécialiste du parfum qui a lui aussi conservé le prêt-à-porter de Paco Rabanne ou de Nina Ricci. L’apprentissage d’un nouveau métier par les géants du parfum ?

Crédit photo : capture d’écran Rochas.com défilé automne-hiver 2016-2017

Luxe: Burberry nomme Marco Gobbetti, de Céline, nouveau directeur général

Englué dans un certain marasme, le groupe de luxe britannique Burberry appelle à la rescousse Marco Gobbetti, PDG du français Céline, qui prendra les fonctions de directeur général, jusque-là cumulées par Christopher Bailey avec la direction de la création.

M. Gobbetti prendra ses fonctions dans le courant 2017, "dès qu'il en aura la possibilité contractuelle" vis-à-vis de son employeur actuel, a expliqué dans un communiqué Burberry, qui a dû annoncer en mai un plan d'économies. M. Gobbetti est PDG depuis 2008 du groupe de luxe de vêtements et de maroquinerie Céline, propriété de LVMH. "Marco dispose d'une vaste expérience du secteur du luxe international", a souligné Burberry, rappelant qu'il avait été auparavant PDG de Givenchy, de 2004 à 2008.

Christopher Bailey occupe pour sa part le poste de directeur général de Burberry depuis mai 2014, époque où il avait pris cette responsabilité en plus de sa fonction de directeur de la création, qu'il exerçait alors depuis six ans. En vertu du nouvel organigramme dévoilé lundi, le groupe britannique met fin à ce cumul des tâches en déchargeant de la direction générale M. Bailey, qui occupera désormais les seules fonctions de "président et directeur de la création, supervisant tous les éléments de la marque et du design, en partenariat avec le nouveau directeur général".

Burberry a précisé que MM. Gobbetti et Bailey seraient placés chacun sous la responsabilité du président du conseil d'administration de Burberry, John Peace. "Depuis qu'il cumule les fonctions de directeur général et de directeur de la création, Christopher Bailey a fait un excellent travail dans des conditions de marché difficiles", a noté M. Peace.

Le salut des investisseurs

L'arrivée de M. Bailey à la direction générale il y a deux ans avait surpris un certain nombre d'analystes, qui avaient souligné son manque d'expérience à la tête d'une entreprise cotée de cette envergure. Remplaçant à l'époque Angela Ahrendts, partie chez Apple, il a été confronté en effet à un environnement d'affaires très mitigé, marqué notamment par une baisse de fréquentation des magasins Burberry à Hong Kong, région où la marque est très active.

En présentant un plan d'économie sur trois ans en mai, le spécialiste du trench-coat avait prévenu que le marché mondial du luxe n'allait progresser que d'un faible pourcentage par an lors des cinq années à venir, alors qu'il avait bondi de 7 pour cent par an depuis 2010 du fait notamment de l'émergence des consommateurs fortunés chinois.

Lors de son dernier exercice comptable en date (1er avril 2015 au 31 mars 2016), Burberry a subi une baisse de 8 pour cent de son bénéfice net, à 309 millions de livres (360 millions d'euros) et un effritement de 0,3 pour cent de son chiffre d'affaires. Au-delà du souci hongkongais, le groupe a subi une performance décevante en Europe et une stagnation de ses recettes aux Etats-Unis.

L'arrivée de M. Gobbetti "représente un pas en avant pour Burberry, qui a besoin de se réinventer et de se doter d'une direction plus forte", a expliqué Luca Solca, spécialiste du luxe chez Exane BNP Paribas. "La première chose à faire était d'éliminer ce cumul de tâches. Ce sera chose faite en 2017. Mais d'autres changements pourraient être annoncés". Il a souligné toutefois que le nouveau directeur général devrait se faire à l'envergure supérieure de Burberry, dont le chiffre d'affaires annuel représente l'équivalent de 3 milliards d'euros, contre 600 millions pour Céline, d'après les estimations de M. Solca.

Les investisseurs semblaient saluer en tous cas ce renfort prochain et l'action Burberry bondissait de 4,91 pour cent à 1.219 pence lundi vers 14H30 GMT. Le groupe a annoncé de surcroît l'arrivée d'une nouvelle directrice financière, Julie Brown, qui a exercé des fonctions dans ce domaine au sein de plusieurs groupes de l'industrie pharmaceutique. Burberry a souligné sa capacité à organiser de vastes programmes d'économie et de restructuration. Elle va remplacer Carol Fairweather, qui va "quitter l'entreprise pour chercher de nouvelles opportunités", a expliqué le groupe de luxe. (AFP)

Photo: GFW

Portrait: Thomas Lieuvin, DA chez Mellow Yellow

INTERVIEW Thomas Lieuvin a toujours été fasciné par le monde de la chaussure. En janvier 2011, il remporte le concours Jeune Créateurs BATA avec sa collection « So Woman », composée de six modèles vendus en boutique au printemps 2012. Il fonde son label éponyme, Thomas Lieuvin, et arrive cette année à la direction artistique de Mellow Yellow. Témoignage sur le joli parcours de cet architecte de la chaussure.

Parlez-nous de votre formation…

Je suis graphiste de formation. Après un bac littéraire en Arts plastiques je me suis dirigé vers l’Ecole des Beaux-Arts de Caen pour y faire une Licence en Design Graphique. Je suis également parti dans une école près de Londres pendant un an pour y apprendre la communication visuelle via la typographie et la photographie notamment. Ensuite ce fut un revirement de situation, après plusieurs stages peu glorieux dans la publicité j’ai décidé de m’inscrire à l’Atelier Chardon Savard à Paris et de revenir à une de mes passions, la mode et plus particulièrement le design de chaussure. Ma formation a duré un an en collaboration avec le CTC de Lyon. J’y ai appris les rudiments de la construction d’une paire de chaussures, les différents cuirs et toute la technicité d’un montage de tige. Ensuite premier stage chez Jean-Charles de Castelbajac comme assistant accessoires (chaussures et sacs), ensuite Lauréat du concours BATA avec une collection Thomas Lieuvin pour BATA sortie en été 2012. Après tout ça j’ai décidé de lancer ma marque éponyme. J’ai cherché des fournisseurs en Italie et avec mes économies j’ai lancé mes premiers modèles…

Portrait: Thomas Lieuvin, DA chez Mellow Yellow

Comment vous êtes-vous retrouvé chez Mellow Yellow et comment avez-vous pris vos marques depuis votre arrivée?

J’ai lancé ma marque Thomas Lieuvin en 2012 juste après ma collection pour Bata. J’ai tenu ma marque pendant presque 4 ans, mes réalisations étaient très luxueuses car je ne faisais que du Made in Italy avec des peausseries exotiques. Mon expérience de chef d’entreprise fut extrêmement intéressante car elle m’a confronté à la réalité du marché et j’ai dû être autodidacte sur beaucoup d’aspect totalement inconnu pour moi. Néanmoins j’éprouvais de plus en plus le souhait de travailler pour une autre marque. Mellow Yellow c’est un bijou, je voulais ce poste et je l’ai eu ! Les premiers temps se fut beaucoup d’observation car il s’agit d’une marque structurée qui grossit très rapidement. Là je viens de terminer ma deuxième collection pour la saison Printemps-été 2017 et je commence très prochainement avec mon équipe de stylistes la collection Hiver 2017-18.

Quel est l’ADN de Mellow Yellow?

Mellow Yellow c’est de la folie, c’est pétillant, pop, féminin. C’est une marque qui a un capital sympathie incroyable. Mellow Yellow c’est de la création pure, tout est fait en interne et c’est notre force. Mellow Yellow c’est les escarpins glitter, le mix & match, le Preppy, les derby avec patte de golf, des chaussures de toutes les couleurs...en bref Mellow Yellow c’est une marque fun qui parle à tout le monde.

Portrait: Thomas Lieuvin, DA chez Mellow Yellow

Successeur de Julien Granero, allez-vous reprendre certains de ses codes dans vos collections?

Bien sûr, Julien est restait plusieurs années à la DA de Mellow, il a créé des modèles phares qui sont toujours emblématiques pour la marque, il a su exacerber l’ADN de la marque c’est d’ailleurs ces créations qui m’ont fait aimer cette marque.

Votre coup de cœur chez Mellow Yellow?

C’est simple, c’est une grosse structure mélangée à une start-up, l’aspect industriel rencontre la jeunesse et la fougue de notre équipe.

Portrait: Thomas Lieuvin, DA chez Mellow Yellow

Quelle direction allez-vous prendre concernant la prochaine collection Fall/Winter 2016?

…c’est top secret. Nous ne sommes clairement pas une marque de luxe néanmoins chez Mellow tout est créé en interne avec les mêmes procédés qu’une collection de luxe. Du coup c’est bouche-cousue.

Les chaussures sont-elles, comme on le dit souvent, le reflet des gens?

D’une façon plus générale la mode est tout simplement le reflet des gens, tout ceci est psychologique. Entre confort et élégance nous jonglons au quotidien entre ce que nous sommes réellement et ce que nous aimerions être. La chaussure c’est comme les lignes de la main, ça se lit. Elles servent à sublimer le pied, à le cacher d’un complexe, à le maintenir au chaud, à garantir son confort. Entre les femmes et les chaussures c’est une relation inexplicable, une couleur, une hauteur de talon, une matière c’est le reflet d’une émotion, d’une journée…

Avez-vous un plan tracé chez Mellow Yellow pour contribuer à développer la marque ou un défi en particulier qui vous demande une grande créativité?

Mon défi c’est de mettre Mellow Yellow dans une nouvelle ère tout en gardant l’ADN de la marque, Mellow Yellow a toujours été une marque qui surprend sa clientèle et c’est ce qui me plait.

Le développement de notre marque est géré par Magali Blanc notre Directrice Générale c’est elle qui est le chef d’orchestre, l’Image de la marque nous le gérons en binôme.. et c’est une équipe qui roule !

Photo credit: collection Thomas Lieuvin

L'Italienne Maria Grazia Chiuri nommée directrice artistique de Dior

Venue de chez Valentino, l'Italienne Maria Grazia Chiuri a été nommée vendredi directrice artistique de Dior, succédant au Belge Raf Simons et devenant la première femme à occuper ce poste dans la maison de couture française. Cette nomination est le dernier épisode de la valse des créateurs qui a également touché les maisons Saint Laurent, Lanvin et Balenciaga.

Maria Grazia Chiuri, 52 ans, nouvelle "directrice artistique des collections de haute couture, de prêt-à-porter et d'accessoires féminins", présentera sa première collection lors de la Fashion Week à Paris le 30 septembre, précise Dior dans un communiqué. "C'est une grande responsabilité d'être la première femme à diriger la création d'une maison si résolument liée à l'expression de la féminité", a déclaré Maria Grazia Chiuri, "très honorée" de cette nomination.

Valentino avait annoncé jeudi le départ de celle qui était sa codirectrice artistique avec Pierpaolo Piccioli depuis huit ans. Le duo a été à l'origine d'un renouveau de la griffe italienne, qui a désormais pour unique directeur artistique M. Piccioli. "Sa vision de la femme, à la fois sensuelle et poétique, entre en résonance avec celle de Monsieur Dior. Son expertise de la couture et sa grande passion pour le travail artisanal pourront s'appuyer sur les savoir-faire exceptionnels de nos ateliers", a déclaré le PDG de Christian Dior, Sidney Toledano. "Elle a un regard précis sur le développement d'un produit, que ce soit une robe de haute couture ou une paire de souliers, mais plus que cela, elle a un regard sur la femme, elle a deux enfants, elle observe les jeunes, elle a cette modernité, elle sent l'air du temps", a-t-il indiqué à l'AFP.

Sixième à succéder à Christian Dior

Maria Grazia Chiuri est la sixième à succéder au fondateur de la maison Christian Dior, après Yves Saint Laurent, Marc Bohan, Gianfranco Ferré, John Galliano et Raf Simons. Depuis le départ surprise en octobre du créateur belge pour "raisons personnelles", l'intérim était assuré par un duo de stylistes suisses, Lucie Meier et Serge Ruffieux, qui ont présenté leur dernière collection de haute couture lundi, dans les salons de la maison avenue Montaigne.

Le PDG de LVMH, Bernard Arnault, s'est félicité de cette nomination, soulignant que "le talent de Maria Grazia Chiuri" était "immense et reconnu internationalement". La holding Christian Dior SA détient 40,9% du capital du géant du luxe LVMH, et la famille Arnault détient en retour 70,8% de Christian Dior. Mme Chiuri arrive chez Dior à un moment où la maison est confrontée à un ralentissement de ses ventes: entre juillet 2015 et mars 2016, Christian Dior Couture - l'entité qui regroupe tous les produits Dior à l'exception des parfums et cosmétiques - a vu son chiffre d'affaires progresser de 3% seulement. Pour les seuls mois de janvier, février et mars 2016, cette croissance des ventes a été nulle, en raison de la baisse des flux touristiques en France et dans certains pays asiatiques.

"Toute l'industrie a été touchée par ce qui s'est passé au niveau du tourisme, les répercussions d'attentats, les fluctuations de monnaie, tout cela a créé une certaine instabilité", a commenté Sidney Toledano, rappelant qu'"entre 2011 et 2015, il y a eu une croissance de 87 pour cent". Née en février 1964 à Rome, Maria Grazia Chiuri est tombée dans la mode toute petite, puisque sa mère était couturière. Elle a étudié à l'Istituto Europeo di Design, à Rome, comme Pierpaolo Piccioli, avec qui elle a commencé à travailler chez Fendi en 1989. Le duo a ensuite été en charge des accessoires chez Valentino, avant de prendre la direction artistique de la maison en 2008.

Avec ses yeux invariablement soulignés de noir, et ses cheveux bruns récemment devenus blond platine, la créatrice est décrite comme "intuitive" par Pierpaolo Piccioli qui lui voit comme seul défaut d'avoir "parfois tendance à s'imposer". Cette femme, qui met en avant le savoir-faire artisanal, se dit en "constante évolution". "L'unique certitude dans la vie, c'est le changement", disait-elle en mai à la Repubblica. (AFP)

Photo: Dior website

Valentino annonce le départ de la créatrice Maria Grazia Chiuri

La créatrice italienne Maria Grazia Chiuri a quitté la direction artistique de Valentino où elle a fait souffler un vent nouveau au côté de Pierpaolo Piccioli pendant huit ans, se disant prête pour un autre "défi professionnel", vraisemblablement chez Dior.

L'unique directeur artistique de Valentino est désormais Pierpaolo Piccioli, selon un communiqué de la griffe italienne, publié jeudi au lendemain de son défilé de haute couture. "Je suis prête à me lancer dans un nouveau défi professionnel", a déclaré la créatrice de 52 ans. "J'ai partagé avec Pierpaolo une grande partie de ma vie professionnelle", a souligné Maria Grazia Chiuri, qui travaillait déjà avec lui chez Fendi il y a 25 ans. "Cela a été une expérience faite de nombreuses réussites créatives".

Elle devrait bientôt être nommée directrice artistique de Dior, en remplacement de Raf Simons, selon une source proche du dossier. Une telle nomination ferait de Maria Grazia Chiuri la première femme à ce poste. Interrogée jeudi, la maison Dior a décliné tout commentaire. Depuis le départ de Raf Simons en octobre, l'intérim est assuré par un duo de stylistes, Lucie Meier et Serge Ruffieux.

Chez Valentino, le duo Chiuri-Piccioli a imprimé avec succès un style plein de romantisme et de féminité, inspiré par la période de la Renaissance. Après avoir présenté mercredi soir, au dernier jour de la Semaine de la haute couture, une collection d'automne-hiver aux inspirations élisabéthaines, les deux créateurs ont été salués par une standing ovation.

Maria Grazia Chiuri quitte Valentino

Sous leur règne créatif, Valentino a vu son chiffre d'affaires plus que quadrupler depuis 2009. Il s'est élevé à 987 millions d'euros en 2015 (+48%), une année record pour cette maison rachetée en 2012 par le fonds qatari Mayhoola qui a récemment acquis Balmain.

Née en février 1964 à Rome, Maria Grazia Chiuri est tombée dans la mode toute petite, puisque sa mère était couturière. "J'ai grandi au milieu des vêtements. La mode m'a toujours fascinée, non pas pour l'image mais pour son aspect pratique", confiait-elle en mai dernier dans une interview à la Repubblica. Elle étudie à l'Istituto Europeo di Design, à Rome, comme Pierpaolo Piccioli. En 1999, Valentino Garavani, le fondateur de Valentino, leur confie la tâche de créer une ligne d'accessoires.

En 2008, après le départ à la retraite de Valentino Garavani, le duo est nommé à la direction artistique de la maison, en charge des collections de prêt-à-porter homme et femme, ainsi que de la haute couture. Ces deux amateurs d'art ont insufflé un nouvel élan à la maison romaine, notamment célèbre pour sa couleur signature, le "rouge Valentino", en apportant leur touche tout en délicatesse, parfois teintée d'un esprit rock. En mai 2015, le duo a été récompensé par un "international award" du CFDA, organisation représentant l'industrie de la mode aux Etats-Unis.

Avec ses yeux invariablement soulignés de noir, et ses cheveux bruns récemment devenus blond platine, Maria Grazia Chiuri est décrite comme "intuitive" par Pierpaolo Piccioli, 49 ans, qui lui voit comme seul défaut d'avoir "parfois tendance à s'imposer". Cette créatrice à la formation classique, mère de deux enfants, revendique la prépondérance du savoir-faire artisanal sur l'image. Ce qui ne l'empêche de savoir créer le buzz autour d'un défilé, comme lorsque les acteurs Ben Stiller et Owen Wilson de "Zoolander" avaient débarqué sur le podium de Valentino en mars 2015. Elle se dit en "constante évolution". "L'unique certitude dans la vie, c'est le changement", déclarait-elle à la Repubblica. (AFP)

Photo: Catwalkpictures

Zoom sur la carrière de Raf Simons

Le départ soudain de Raf Simons de chez Christian Dior l’année dernière a fait se demander à tout le monde ce que sera la prochaine extravagance du designer belge. Connu pour sa vision unique, il a transformé la maison de luxe parisienne et a laissé un profond impact sur les différentes maisons pour lesquelles il a travaillé. L’industrie est toujours en pleine spéculation par rapport à sa prochaine position, étant donné que sa clause de non-concurrence avec Dior se termine le mois prochain, et que quelques rumeurs semblent également pointer dans la direction de Calvin Klein. Ce dernier a renforcé l‘incertitude en annoncant que Simons pourrait reprendre les reines de la maison. Si cette déclaration n’est pas encore officielle, elle devrait être vérifiée durant la saison des fashion week. FashionUnited profite de cette période d’entre-deux pour revenir sur l’ensemble de sa carrière.

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Photo courtesy Pitti Immagine. Credit: Vanni Bassetti

Pierre-François Le Louët prend la tête de la Fédération Française du Prêt-à-Porter Féminin

Le Président de l'agence de prospective NellyRodi, Pierre-François Lelouët, vient d’être élu Président de la FFPAPF. A ses côtés un nouveau bureau a été composé.

Lors de son Assemblée Générale qui s’est tenue le 30 juin 2016, la FFPAPF a renouvelé son Conseil d’Administration. Celui-ci a élu un nouveau bureau pour 3 ans composé de nouveaux membres. Pierre-François Le Louët a été élu à l’unanimité Président. A ses côtés, Daniel Wertel passe premier Vice-Président, Frédéric Chaigneau (Mât de Misaine) deuxième Vice-Président et Alain Sarfati (Eva), troisième Vice-Président. Quant à Eric Sprung (Sprung Frères), il occupe le poste de Trésorier.

Renforcer le leadership de la place de Paris

Diplômé de l’ESCP Europe et de l’Institut Français de la Mode, Pierre-François Le Louët 42 ans, a débuté sa carrière en tant qu’assistant parlementaire avant de rejoindre les équipes marketing de L’Oréal dès 1998. En 2001, il intègre l’agence NellyRodi, bureau de tendances et de prospectives fondé par sa mère, dont il prend la présidence en 2003. En parallèle, il est également directeur exécutif de NellyRodi Japon et président de sa filiale d’investissement, NellyRodi Money Box. filiale d’investissement, NellyRodi Money Box Depuis 2007, il est par ailleurs Administrateur du Syndicat de Paris de la Mode Féminine et a intégré le Conseil d’Administration de la Fédération Française du Prêt-à-Porter Féminin entre 2007 et 2010 puis à partir de 2013.

Pierre-François Lelouët salue l’action de son prédécesseur Daniel Wertel. « Ces trois dernières années, Daniel Wertel, en accord avec son Conseil d’Administration et le soutien d’une équipe de permanents mobilisés, a coordonné un important travail de modernisation de notre Fédération, souligne t-il. Je suis heureux qu’il ait accepté de continuer à exercer un rôle de poids au sein du nouveau Conseil d’Administration. Le contexte de nos entreprises a connu une importante et rapide transformation. Je souhaite accompagner cette mutation, avec l’appui du Conseil, afin d’aider les entreprises à répondre aux enjeux : évolution des comportements de consommation, transformation des réseaux de distribution, digitalisation et conquête de nouveaux marchés, sans oublier le nécessaire renforcement du leadership de la place de Paris».

Des relais régionaux

Quatorze administrateurs, dont 4 nouveaux élus, issus de l’ensemble des 7 syndicats régionaux qui composent la Fédération, ont été élus. Ceux-ci représentatifs du prêt-à-porter français, sont les relais des entreprises du secteur auprès des Pouvoirs Publics, des instances patronales et institutionnelles, des élus et médias. Aux côtés de la Fédération, leur mission est d’accompagner les marques dans leur développement aussi bien dans l’Hexagone qu’à l’international.

Enfin, la Fédération se fait rassembleuse de tous les acteurs de la mode en soutien d’une profession qui pèse près de 6 milliards d’euros HT de chiffre d’affaires. En 2015, le montant accordé par les Françaises à leurs achats de prêt-à-porter a représenté près de 11 milliards d’euros.

Photo : Pierre-François Le Louët

Smalto: Eric Bergère devient le nouveau DA

La Maison Smalto, qui l’an dernier perdait son fondateur, Francesco Smalto à 87 ans, annonce l’arrivée d’un nouveau directeur de la création: Eric Bergère. Il succède à Franck Bodet, qui se dédie aujourd’hui à sa marque éponyme, puis à la suisse-allemande d’origine coréenne, Youn Chong Bak.

Eric Bergère, formé à l’Ecole Esmod et ayant fait ses armes chez Thierry Mugler et Hermès, est bien connu du secteur de la mode et du luxe.

Il a créé la première ligne de prêt-à-porter chez Lanvin en 1991 et a aidé Inès de la Fressange à lancer sa marque.

Bergère a également lancé son propre label en 1996 qu’il vend aujourd’hui au Japon principalement. Il a travaillé comme consultant et directeur artistique pour plusieurs marques telles que Gérard Darel, Cyrillus, Aigle, Stefanel ou encore la japonaise Miss A.

Objectif : moderniser la marque

Smalto décrit son style comme sophistiqué, rigoureux et créatif et a pensé à lui pour affirmer sa modernité dans une marque très masculine. Il travaillera désormais aux côtés de Lisa Astorino, l’ex-directrice artistique pour Apostrophe et directrice de collection chez Balibaris – qui sera chargée du style et des collections de la griffe.

Fondée en 1962 par Francesco Smalto –décédé le 5 avril 2015 à l’hôtel de La Mamounia (Marrakech,Maroc)- la marque développe une méthode de prise de mesure unique. Le plus français des couturiers italiens a fait breveter ses modèles exclusifs rue la Boétie à Paris et a habillé les plus grands chefs d’Etats du monde ainsi que les acteurs d’Hollywood.

Aujourd’hui la ligne de prêt-à-porter de luxe de Smalto est distribuée dans 110 points de vente à travers le monde.

Le célèbre photographe de mode Bill Cunningham est mort

Le célèbre photographe de mode du New York Times Bill Cunningham est décédé samedi, a annoncé le journal où il travaillait depuis près de 40 ans. Il avait 87 ans.

Bill Cunningham, véritable légende vivante de la photographie de mode dans la rue, qu'il a inventée, avait été récemment hospitalisé après avoir subi une attaque, a précisé le quotidien qui a salué en lui un "anthropologue culturel atypique".

L'oeil aux aguets, un peu voûté, toujours une veste bleue de balayeur parisien sur le dos, un appareil photo - jusqu'à peu argentique - autour du cou, il avait une passion: photographier l'allure. Cet homme discret, né dans le Massachusetts des années 1920, savait voir avant tous "ce qui devait être la tendance dans six mois", estimait Anna Wintour, rédactrice en chef de Vogue USA, dans un film documentaire sur le photographe, "Bill Cunningham New York" (2010).

Homme à la connaissance encyclopédique, il avait l'art de dénicher les tendances maîtresses, voire avant-gardistes, dans la rue, sur les podiums ou les soirées mondaines. "Il faut laisser la rue vous dire quelle est l'histoire", confiait à l'AFP en 2014 celui qui affirmait volontiers "ne pas être un bon photographe". "Il ne faut pas avoir d'idée préconçue, il faut sortir et laisser la rue vous parler", disait-il encore, lui qui a commencé sa carrière en créant des chapeaux pour les New-Yorkaises de la bonne société.

En 1963, il travaillait Chez Ninon, un atelier de couture sur mesure, lorsque Jackie Kennedy, une cliente régulière, lui a fait parvenir un tailleur Dior rouge avant les funérailles de son mari, le président assassiné. Ses premiers clichés volés d'inconnues, mais aussi de célébrités, telle l'actrice Greta Garbo en 1978, lui ont permis de décrocher une tribune régulière dans le New York Times, "On The Street" ("Dans la rue"), où chaque semaine sont mises en avant les dernières tendances. Les hommes en jupe, le léopard, les chemisiers le jour comme le soir, une nouvelle palette de couleurs ou d'imprimés.

"Bill Cunningham était charmant et fascinant, aussi bien comme personne et comme collègue que comme artiste. Un esprit indépendant, un grand coeur, pas de grands airs", a twitté Frank Rich, ancien éditorialiste au New York Times et producteur exécutif de la série "Veep" de HBO. Le maire de New York, Bill de Blasio, a lui aussi salué la mémoire du photographe. "Nous nous rappellerons la veste bleue de Bill et son vélo. Mais nous nous souviendrons surtout du New York vivant et animé qu'il capturait dans ses photos", a écrit M. de Blasio sur Twitter.

"Sa compagnie était recherchée par les riches et puissants du monde de la mode, pourtant il est resté l'un des hommes les plus gentils, les plus doux et les plus humbles que j'aie jamais connu", a déclaré le directeur de la publication du New York Times, Arthur Sulzberger Jr, ajoutant: "Nous avons perdu une légende". (AFP)

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