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Avortement aux États-Unis : Amazon veut aider les employées qui devront voyager

By Herve Dewintre

4 mai 2022

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Amazon newsroom

Alors que la Cour Suprême des États-Unis s’apprêterait à annuler l’arrêt historique selon lequel elle a reconnu le droit à l’avortement, Amazon prend position en annonçant les nouvelles modalités de son assurance santé.

L’annonce d’Amazon tombe à pic puisqu’elle arrive conjointement avec la révélation par le site web Politico ce lundi 2 mai d’un projet de décision de la Cour Suprême, encore en discussion, visant à supprimer purement et simplement le droit à l’avortement. Ce projet, rédigé par le juge conservateur Samuel Alito (un document de 98 pages daté du 10 février a été diffusé in extenso par Politico sur son site) écraserait la décision dite Roe v.Wade qui avait accordé le droit à l’avortement en 1973.

C’est un avant-projet : il doit encore faire l’objet de négociations jusqu’à sa publication avant le 30 juin. Mais d’ores et déjà, une grande majorité des magistrats composant cette haute cour a envoyé plusieurs signaux favorables aux opposants à l’avortement. Pour rappel, six juges sur neuf sont conservateurs : une majorité consolidée par Donald Trump qui avait profondément remaniée la Cour Suprême en y faisant entrer trois magistrats. Si la conclusion du juge Alito est retenue, les États-Unis feront un bond de 50 ans en arrière, lorsque chaque État était libre d’interdire ou d’autoriser les avortements.

Amazon : soutien à l’avortement

Ce projet s’inscrit dans une puissante vague de lois anti-avortement qui déferle aux États-Unis. Le 1er septembre dernier, une loi très restrictive est entrée en vigueur dans l’État républicain du Texas : elle interdit toute IVG à partir de quatre semaines après la fécondation, soit à partir du moment ou un battement de cœur du fœtus est perceptible à l’échographie. D’autres États conservateurs – l’Oklahoma, la Floride, le Mississippi – ont également limité l’accès à l’avortement. En réaction, de nombreuses sociétés américaines, comme Citigroup, ont manifesté de manière très nette leur soutien au droit des femmes à avorter.

Coïncidence de calendrier ? Ce même lundi, Amazon faisait également une annonce. Le géant de Seattle, qui emploie un million de personnes aux États-Unis détaillait les nouvelles modalités de son assurance santé. Ces modalités, qui s’adressent aux employés américains, prévoient de rembourser dorénavant les frais de déplacement liés à des interventions médicales, y compris l’avortement, mais aussi par exemple, l’oncologie, les traitements contre l’obésité, les anomalies congénitales dans les 24 mois après la naissance, les soins pour la santé mentale, les services anti-addiction.

Concrètement, Amazon remboursera jusqu’à 4 000 dollars de frais – déplacement et hébergement – pour des traitements qui ne sont pas disponibles dans un rayon de 160 km du logement. Un rayon suffisant pour trouver un État dans lequel le droit à l’avortement est encore pratiqué. Par ailleurs, le titan du e-commerce, souvent pointé du doigt pour la sévérité des conditions de travail de ses employés, a également annoncé un retour en arrière de sa prise en charge du Covid : les salariés ayant contracté le virus pourront prendre cinq jours de congé non rémunéré ou des jours de congé maladie payés en fonction de l’allocation prévue par leur contrat.

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