«L'innovation n’est pas un projet, elle se pratique au quotidien », Ravi Raman (Vogue Arabia)

Ravi Raman vient d’être nommé directeur associé du Vogue Arabia. Une des éditions internationales de Vogue à la plus forte croissance, couvrant le Moyen-Orient et lancée l’an dernier. À la tête de cette rédaction fraîche, chic et élégante, la princesse saoudienne Deena Aljuhani Abdulaziz, à l’image de la beauté orientale revendiquée par la publication et qui fascine l’occident.

En 2016, Dubaï a été classée la 21e ville la plus chère au monde et la plus chère de la région. Cette même année, WWD affirmait que les consommateurs arabes avaient dépensé 320 milliards de dollars en produits de mode et de luxe et que ce nombre devrait atteindre les 490 milliards de dollars en 2019. Par ailleurs, la région possède l’une des populations les plus jeunes de la planète avec un fort pouvoir d’achat, ce qui annonce de bons auspices pour le magazine.

Ravi Raman, expert dans les médias, connectera désormais ce rutilant marché à ses consommateurs, dans une perspective d’adaptation aux changements et d’innovation constante. Il évoque ici ses nouvelles fonctions dans une phase clé entre l’ère du print et celle du numérique.

Qui êtes-vous et d’où venez-vous?

Je pourrais me qualifier de professionnel des médias et passionné, avec plus de vingt ans d'expérience avec certaines des plus grands médias et des équipes talentueuses.

Avant de rejoindre Vogue Arabia, je travaillais pour Khaleej Times, l'un des plus anciens journaux des Émirats Arabes Unis. Et avant cela, j’étais chargé de lancer le Bloomberg Businessweek au Moyen-Orient. Je suis entré dans le secteur du luxe et du design lorsque j'ai lancé l'édition locale de T: The New York Times Style Magazine.

Comment êtes-vous arrivé au poste de directeur associé de Vogue Arabia?

Je suivais de près la croissance surprenante de Vogue Arabia et j'étais constamment en contact avec eux. Je pense que les éditeurs recherchaient quelqu'un qui pourrait développer la marque au-delà des segments, des marchés et des offres traditionnelles. Ce qui était une proposition passionnante et stimulante.

Que représente la mode pour vous?

Pour moi, la mode représente l'expression de soi. C'est l'un des moyens les plus faciles pour les femmes et les hommes de définir qui ils sont ou veulent être. Indépendamment de leurs antécédents, de leur culture ou de leur statut.

Quelles tâches allez-vous accomplir à Vogue Arabia ? Qu’allez-vous apporter à cette structure ?

En plus de veiller à la croissance du cœur de notre activité ou de l'impression et du numérique, il est de mon devoir de maintenir la marque Vogue à l'avant-garde de la créativité et de l'innovation. Les priorités des lecteurs et des marques évoluent, tout comme Vogue Arabia. Je dois donc anticiper les évènements et même façonner la publication.

L'entreprise est déjà très créative et innovante. Ajouter de nouveaux modèles de revenus et de nouveaux flux serait l’une de mes priorités.

Comment le groupe Nervora positionne-t-il Vogue Arabia ?

Nervora est l'une des rares sociétés de médias de la région à se concentrer clairement sur la croissance de la mode et du luxe. Il bénéficie d'une connexion forte avec les lecteurs, avec des informations et des données approfondies sur le consommateur.

Chaque édition de Vogue a sa propre voix, mais la mission de produire le contenu le plus créatif, inspirant et influent reste la même.

Selon vous, les magazines de mode influencent-ils toujours les habitudes des consommateurs par rapport au numérique?

Chaque secteur a été perturbé par le numérique, en particulier avec les réseaux sociaux. Aujourd’hui, le rôle d'un magazine de mode, faisant autorité, devient un événement plus important. Les lecteurs verront les opinions, les points de vue sur les réseaux sociaux, mais quand il s’agira de prendre une décision d’achat, les magazines de mode continueront à jouer un rôle important. Cela dit, les magazines de mode doivent également rester pertinents et en avance sur le secteur. Ils doivent constamment surprendre les lecteurs et les défier avec de nouvelles idées.

En ce qui concerne vos présentations sur le plateau de TED et votre grande expérience professionnelle, comment pouvez-vous aider le secteur de la mode à évoluer?

Mes présentations ont porté sur les perturbations et la manière dont les entreprises doivent y faire face. Le plus grand défi auquel les entreprises sont confrontées aujourd'hui est la résistance au changement ou le fait de ne pas accepter le changement. L'industrie de la mode doit également en prendre conscience et prévoir ces changements.

La réalité virtuelle va-t-elle devenir si dominante que les consommateurs commenceront à acheter des collections virtuelles? La personnalisation sera-t-elle réalisée à grande échelle, permettant aux marques de fournir des collections personnalisées? Le contenu peut-il être hyper local et super personnel? Seul le temps apportera ces réponses !

Photo : courtoisie Vogue Arabia- Ravi Raman

 

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