Patrick Pruniaux : le nouvel homme fort de l’horlogerie chez Kering

La crise qui a secoué l’horlogerie il y a deux ans a provoqué de nombreuses secousses dans l’organigramme des grandes manufactures. Richemont, en raison du profil de ses acquisitions (toutes positionnées sur le luxe extrême) subit la crise avec davantage de vigueur que ses concurrents: c’est la raison pour laquelle le ballet des nominations et des évictions y fut plus spectaculaire qu’ailleurs. La transformation du groupe est terminée : le chiffre d’affaires repart à la hausse. Le groupe Swatch a encaissé cette crise avec un calme relatif : il faut dire que le large éventail de ses marques, aux positionnements divers, lui a permis de compenser les secousses touchant surtout le monde de la haute horlogerie. Ce calme relatif n’exclut pas les mesures d’économie : la récente annonce du divorce entre Baselworld et le groupe Swatch en est un exemple frappant.

Reste LVMH et Kering. Les deux groupes ont un pole horloger tout à fait estimable : Tag Heuer, Hublot et Zenith pour LVMH, trois manufactures réputées auxquelles il faut ajouter les productions non négligeables de Bulgari (dont le chiffre d’affaire lié à l’horlogerie est remarquable), Dior, Louis Vuitton. Un grand manitou veille sur les trois maisons horlogères du groupe LVMH : Jean-Claude Biver. Sa capacité de travail hors norme et son flair en font un pilier indétrônable du groupe de Bernard Arnault. Un tel profil n’existe pas, ou n’existait pas chez Kering. Albert Bensoussan, CEO du pole horlogerie est également en charge du pole joaillerie. Ce pole joaillerie, qui inclut Boucheron, Pomellato, Dodo, Qeelin ne permet pas à M. Bensoussan de se consacrer pleinement (comme le fait M. Biver pour LVMH) au pôle strictement horloger de Kering. Pourtant, ce pôle nouvellement constitué avec l’acquisition ces dernières années de Ulysse Nardin, Girard-Perregaux, a naturellement vocation à s’étoffer.

Kering nomme Patrick Pruniaux, actuel Directeur général d’Ulysse Nardin, à la tête de Girard-Perregaux

Une concentration de pouvoir et de capacité décisionnaire était somme toute inévitable, et même souhaitable, au sein du groupe de M. Pinault. C’est chose faite depuis ce matin : Kering, dans un communiqué a annoncé la nomination de l’actuel directeur général d’Ulysse Nardin à la tete de Girard-Perreugaux. Il s’agit de Patrick Pruniaux qui devient ainsi directeur général des maisons horlogères suisses du groupe Kering. M. Pruniaux bénéficie de plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des biens de grande consommation et dans le secteur du luxe, en particulier dans l’Horlogerie. Il a exercé neuf ans chez TAG Heuer et de nombreuses années chez Apple où il a participé au lancement de l’Apple Watch, avant de devenir Directeur pays Grande-Bretagne et Irlande d’Apple.

« Dans une industrie marquée par l’accélération des cycles, l’internationalisation de la clientèle et la transformation des attentes de celle-ci, en e-commerce ou en interactions digitales, Patrick Pruniaux aura pour mission d’élaborer une stratégie cohérente afin d’accélérer le développement international de ces deux Maisons en préservant leur singularité, leur capacité d’innovation et l’excellence de leur savoir-faire ». Albert Bensoussan, CEO du Pôle Horlogerie et Joaillerie de Kering, a déclaré : « Je suis heureux de confier à Patrick Pruniaux la mission de renforcer le rayonnement et d’accélérer la croissance des deux Maisons Horlogères suisses emblématiques qui font partie du groupe Kering. Le dynamisme dont il fait preuve depuis un an à la tête d’Ulysse Nardin m’a convaincu qu’il était le mieux placé pour développer ces deux marques en capitalisant, pour chacune, sur son identité, son héritage et son savoir-faire technologique. » Le futur d’ Antonio Calce qui dirigeait jusqu’à maintenant Girard-Perregaux, n’est pas mentionné dans le communiqué.

Crédit photo : Girard-Perregaux,dr

 

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