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"Ras-le-bol" des salariés de Camaïeu manifestent devant le siège

By AFP

12 sept. 2022

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MAUD DUPUY / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Roubaix - "Deux redressements judiciaires en deux ans, ras-le-bol !" : une cinquantaine de salariés du géant du prêt-à-porter Camaïeu, en redressement judiciaire deux ans après sa reprise, ont manifesté lundi à l'appel de la CGT devant le siège de l'entreprise à Roubaix (Nord).

"On ne laissera pas faire le démantèlement de Camaïeu ! L'actuel actionnaire propose la fermeture de 200 magasins, c'est inacceptable", a lancé aux salariés Thierry Siwik, délégué national CGT, qui fustige "les mauvaises décisions" de l'actionnaire, la Financière immobilière bordelaise, depuis deux ans.

Pour M. Siwik, qui assure que 72 magasins sont touchés par un mouvement de grève en France, l'actionnaire de Camaïeu "doit changer". "La confiance est rompue", "tout est flou" dans leur projet, y compris "le plan de financement", a-t-il ajouté, invitant le président Emmanuel Macron à se rendre au siège de l'entreprise.

"Nous en avons ras-le-bol. Bien sûr, il y a eu le Covid, une cyberattaque, générant des déficits. Mais de là à se retrouver encore une fois en redressement judiciaire, on a un peu de mal à l'avaler", vitupère Eric Beaudelot, employé logistique.

"Ce qu'on attend dans le meilleur des mondes, c'est zéro licenciement. Mais je pense que nous pouvons toujours rêver. Alors ce qu'on espère, c'est que le tribunal fasse au mieux pour éviter un maximum de casse social", souhaite plus loin Cindy Ponthieu, employée logistique.

La CFDT a affirmé de son côté ne pas s'associer à ce mouvement de grève. "Nous sommes dans une situation compliquée, un peu abattus (...) mais on attend d'avoir les informations du plan de continuation de notre directeur, on veut faire les choses dans l'ordre", a affirmé Nordine Misraoui, délégué CFDT, devant le siège.

Contactée, la direction n'a pas souhaité s'exprimer. En août 2020, la Financière immobilière bordelaise avait repris 511 des 634 magasins en France et environ 2 600 salariés sur plus de 3 100, dans le cadre d'une cession pilotée par le tribunal de commerce.

La nouvelle direction, qui avait lancé un plan de transformation, s'était donné deux ans pour remettre l'entreprise à l'équilibre, avec l'objectif de retrouver en 2022 un chiffre d'affaires de 552 millions, au niveau de 2019. Mais selon elle, le chiffre d'affaires n'a atteint que 333 millions sur les 16 mois après la reprise. La prochaine audience du tribunal de commerce est prévue le 28 septembre. (AFP)

Camaieu