Raymond Massaro est mort

La nouvelle a été communiquée ce lundi en début d’apres midi par le conseil national du cuir qui perd ainsi l’un de ses representants les plus éminents : Raymond Massaro, célèbre Maitre d’Art Bottier, président de la Chambre Syndicale Nationale des Bottiers, nous a quitté à l’age de 89 ans. Il était né à Paris en 1929. Ses obsèques auront lieu le Jeudi 11 avril à 10H30 à l’Eglise Notre Dame de Lorette à Paris.

Raymond Massaro était surnommé le « bottier du siécle ». Son père avait ouvert en 1894 - avant le Ritz - l’atelier au 2 rue de la Paix. L’apprenti, titulaire à 18 ans du CAP chaussures femme Louis XV, en a fait à force de passion, d’exigence et de travail avec ses artisans, une adresse de référence, indissociable du luxe « à la française ». Sa rencontre avec Gabrielle Chanel a été déterminante pour sa carrière. De nombreuses collaborations se sont succédées dont celles avec Karl Lagerfeld qui disait simplement, un dessin à la main : « Monsieur Massaro, faîtes pour le mieux... ».

Deux chaussures devenues célèbres ont joué un rôle décisif dans sa carrière. Pour réaliser « la sandale de 1957, Mademoiselle Chanel n’avait donné qu’un seul impératif : beige et noir, les couleurs symboliques de la maison ». Raymond Massaro eut l’idée, avec son père Lazare et son oncle Donat, d’associer bout original, coupe asymétrique et élastique en remplacement de la boucle arrière. « Tout à la fois classique et hors norme. La technique s’efface devant la ligne.

Avant elle, Madame Grès en face de la maison Massaro rue de la Paix, commanda « une chaussure légère que la femme oublie, qui épouse le pied et accompagne tous les mouvements. Une chaussure d’un temps nouveau ». Sa première chaussure ? Une cycliste - qu’il avait fabriquée pour lui-même. Il l’adapta avec « un simple élastique cousu sur cuir souple. Un talon réduit à son minimum... ». La ballerine, portée par Brigitte Bardot en 1956, devint un produit culte parmi les plus exportés dans le monde.

Chanel et Massaro : une collaboration hors pair

Ces succès ont ouvert la voie à cinquante ans de créations avec les plus grands noms de la couture. Raymond Massaro s’est illustré passionnément sur tous les fronts : le sur-mesure au quotidien, le luxe jusqu’à la chaussure orthopédique qu’il a contribué à faire reconnaître et à laquelle il a apporté les canons de l’esthétique. En 2007, faute d’héritier bottier, il vend la maison à Chanel. Karl Lagerfeld, qui le remerciait systématiquement avec des dessins portant l’initiale M, réalise l’affiche de l’exposition hommage à Romans. Assurement, Chanel perd coup sur coup cette année deux personnalités qui ont puissamment, par leur talent et leur passion, contribué à forger sa légende. Paris perd également un maestro qui par sa croyance farouche aux valeurs de l’artisanat contribuait au rayonnement international de la Capitale Française. Ses yeux rieurs, son sourire plein de bonté, sa bienveillance de tous les instants, laisseront un vide immense. Il était le meilleur ambassadeur de l’intelligence de la main.

Crédit photo : CNC, dr

 

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