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Valentino, le couturier romain amoureux du rouge

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L'actrice américaine Sharon Stone et le créateur de mode italien Valentino saluent le public à la fin du défilé de sa collection prêt-à-porter 1994 à Paris. Credits: Gerard JULIEN / AFP
By AFP

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Emblème de la dolce vita des années 1960, le couturier Valentino Garavani, s’est éteint lundi à l’âge de 93 ans. Il avait inventé une haute couture romaine aux lignes sensuelles et intemporelles qui a sublimé les plus grandes icônes de la planète pendant près d'un demi-siècle.

D’Elizabeth Taylor à Audrey Hepburn, en passant par Julia Roberts ou Gwyneth Paltrow, Valentino s’était fait une spécialité d’habiller le tout-Hollywood, nouant souvent des liens d'amitié avec ses muses. Son carnet d’adresses réunissait le gotha mondial : Lady Diana, Nancy Reagan ou encore Jackie Kennedy, qui assura sa notoriété planétaire.

Esthète au teint éternellement hâlé, il menait une vie de faste, voyageant avec ses cinq carlins à bord de son jet privé entre son palais romain, son château près de Paris et son yacht de 50 mètres.

Une image récente de Valentino Garavani Credits: Photo by Christophe ARCHAMBAULT / AFP

L’apprentissage parisien et l’obsession du beau

Né le 11 mai 1932 à Voghera, dans une famille bourgeoise, le jeune Valentino se passionne très tôt pour la mode. « J'ai cette maladie depuis que je suis petit, je n'aime que les belles choses », confiait-il au magazine Elle. « Je n'aime pas voir des femmes au maquillage criard et aux pantalons informes. C'est un signe de manque de respect envers soi-même. »

À 17 ans, il quitte l’Italie pour Paris afin d'étudier aux Beaux-Arts et à la Chambre syndicale de la couture. Marqué par l’esthétique de Christian Dior — la taille sanglée et les talons aiguilles —, il intègre la maison Jean Dessès en 1952, puis Guy Laroche en 1957. Lorsqu’il décide de retourner à Rome en 1959, ses pairs s'étonnent. « Rome n'était rien, c'était la province par comparaison ! », se remémorait la styliste Jacqueline de Ribes.

Le rouge impérial et l’ascension planétaire

Pourtant, c’est dans la Ville Éternelle qu’il fonde sa maison en 1960 avec Giancarlo Giammetti, son compagnon et partenaire indéfectible. Ce dernier saura transformer la griffe en un empire international. « Être l'ami, l'amant et l'employé de Valentino depuis plus de 45 ans exige beaucoup de patience », s'amusait Giammetti dans le documentaire Valentino, le dernier empereur.

Dans les années 1960, alors que Rome devient une succursale d'Hollywood grâce aux studios de Cinecittà, les stars se pressent dans son atelier. En 1962, il présente à Florence sa première collection marquée par son emblématique rouge « Valentino ». Sa rencontre avec Jackie Kennedy en 1964 sera le tournant de sa carrière : elle choisira l'une de ses créations ivoire pour épouser Aristote Onassis en 1968, déclenchant un succès immense aux États-Unis.

Un héritage de grâce et de savoir-faire

Porte-parole de la haute couture italienne, Valentino a su marier l'artisanat transalpin, la technique française et le sens des affaires américain. Ses créations, entièrement cousues à la main, épousaient la silhouette pour une allure royale. Pour lui, « une femme doit faire tourner les têtes quand elle entre dans une pièce ».

Après avoir reçu la Légion d'honneur à Paris en 2006 et célébré ses 45 ans de carrière avec faste, il avait pris sa retraite en janvier 2008. Comme l'affirmait alors Giancarlo Giammetti : « Valentino sera le dernier d'une lignée de grands noms à avoir apposé son nom à une marque capable de définir la différence entre hier et aujourd'hui. »

Colman Domingo in Valentino, january 2026. Credits: Valentino / Getty.
Credits: Valentino SS26 ©Launchmetrics/spotlight
Valentino Fall Winter 2025, Ready to Wear. Credits: ©Launchmetrics/spotlight.
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