Au Japon, Uniqlo renonce à relever le prix de ses chaussettes face au tollé suscité
Tokyo - Uniqlo, la marque phare du géant nippon du prêt-à-porter Fast Retailing, a annulé cette semaine une hausse de prix prévue au Japon sur ses chaussettes, l'un de ses articles emblématiques, face à l'émotion suscitée dans un pays frappé par une inflation persistante.
L'entreprise est revenue sur sa décision moins de deux semaines après avoir initialement annoncé qu'elle relevait à 390 yens (2,22 euros) la paire de chaussettes basiques colorées, contre 290 yens (1,65 euro) jusqu'alors, tout en mettant fin au prix promotionnel pour plusieurs paires achetées.
A l'heure où les ménages nippons font face à de vives pressions inflationnistes, l'annonce a été fortement commentée à travers le Japon, conduisant certains médias à conclure que la réputation de la marque comme "symbole d'une mode accessible" pourrait être mise en péril.
Finalement, Uniqlo a indiqué mardi que la hausse de prix était officiellement abandonnée et qu'il maintenait le tarif avantageux de 990 yens pour quatre paires de chaussettes.
"Les chaussettes étant un article essentiel du quotidien, nous avons reconsidéré notre révision de prix prévue au Japon et décidé de maintenir notre offre pour l'achat (de quatre articles)", a déclaré un porte-parole de Fast Retailing, maison mère d'Uniqlo, dans un communiqué.
L'entreprise poursuivra néanmoins à partir de novembre ses relèvements de prix pour d'autres articles sélectionnés, notamment des vestes et des pantalons, principalement en raison de la flambée des coûts de fabrication et de transports, et de la faiblesse du yen.
Les ménages japonais sont confrontés à une envolée des prix qui touche tous les aspects du quotidien, des oeufs et légumes aux transports, en contraste radical avec la déflation qui avait frappé l'archipel pendant plusieurs décennies.
Les prix à la consommation au Japon ont encore augmenté de 2,1% sur un an en septembre, et l'inflation, exacerbée par l'envolée des cours du pétrole depuis le printemps, a conduit la banque centrale à resserrer ses taux.
De nombreuses entreprises autrefois fières de pratiquer des prix bas doivent désormais les augmenter, au risque de déstabiliser leur public: la populaire chaîne de restaurants Saizeria s'est excusée auprès de ses clients en annonçant une hausse de ses tarifs ce mois-ci.
Les firmes japonaises parviennent à répercuter une partie de la hausse des coûts sur les consommateurs, mais pas suffisamment pour les couvrir entièrement.
Le gouvernement de la Première ministre Sanae Takaichi tente d'atténuer le choc sur le pouvoir d'achat, avec notamment de vastes subventions sur l'énergie.
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