Textile : la grande distribution déploie l'éco-score sur ses vêtements
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Les leaders de la distribution française, Carrefour et Coopérative U, accélèrent sur la transparence environnementale. Les deux enseignes annoncent le déploiement de l'affichage du coût écologique de leurs collections textiles, un dispositif pour l'heure basé sur le volontariat.
C’est une petite révolution dans le rayon prêt-à-porter des supermarchés. Carrefour a lancé, ce lundi 19 janvier, l’expérimentation d’un « éco-score » sur près de 70 vêtements de sa marque Tex. L'objectif est clair : étendre ce dispositif à l'ensemble de ses collections pour en faire un « nouveau repère » pour les foyers, à l'image du Nutri-score pour les produits alimentaires.
De son côté, Coopérative U (système U) prévoit de déployer l'affichage sur 220 produits dès la fin du mois de janvier, avec l'arrivée de la collection Printemps-Été 2026. L’enseigne se concentrera d'abord sur les pièces les plus vendues, comme les jeans et les t-shirts pour toute la famille. Ces annonces font suite à celle de Michel-Édouard Leclerc qui, en décembre dernier, promettait que les 7 000 références de la marque Tissaya afficheraient des informations environnementales et sociales dès le début de l'année.
Un baromètre pour mesurer l'impact de la mode
Entré en vigueur en octobre dernier, cet éco-score est calculé selon un système de points. Plus le chiffre est élevé, plus l'impact sur la planète est lourd. Le calcul intègre des paramètres cruciaux : consommation d'eau, émissions de gaz à effet de serre, toxicité, recyclabilité, et même le rejet de microplastiques lors du lavage. Un « coefficient de fast fashion », lié aux volumes de production, est également pris en compte pour pénaliser les modèles de production intensive.
À titre d'exemple, Carrefour précise qu'un t-shirt en coton bio obtient un impact de 510 points (pour 100g), contre plus de 1 000 points pour un modèle équivalent issu d'une marque de mode éphémère classique.
QR Codes et applications : comment s'informer en rayon ?
Pour accéder à ces données, les enseignes privilégient le numérique. Carrefour a choisi de collaborer avec l'application spécialisée Clear Fashion. Les clients pourront scanner le code-barres de l'étiquette pour découvrir l'éco-score officiel, doublé d'une note sur 100 établie par l'application selon ses propres critères sociaux et écologiques. Chez Coopérative U, l'information sera accessible via un QR code en rayon renvoyant vers un catalogue numérique détaillé.
« C'est très bien, il faut que les entreprises commencent à se saisir de cette question », a salué auprès de l'AFP Valeria Rodriguez, directrice du pôle plaidoyer de l'association Max Havelaar France. Elle souligne toutefois une limite : l'absence de caractère obligatoire et le manque de critères sociaux contraignants dans le dispositif actuel.
Vers une obligation européenne
Initialement prévu pour devenir obligatoire dès 2024 par la loi Climat et Résilience de 2021, le dispositif reste pour l'instant facultatif. La France attend la finalisation des travaux de l'Union européenne, qui planche sur son propre affichage environnemental harmonisé.
En attendant ce cadre législatif commun, plusieurs dizaines de marques françaises devraient adopter l'éco-score entre 2025 et 2026, selon les prévisions du ministère de la Transition écologique.