Foot, canicule et ventes privées de juin ont pesé sur les soldes d'été

Le Mondial de football, les fortes chaleurs, le succès des ventes privées et le commerce en ligne ont pesé sur les soldes d'été, qui se terminent mardi en demi-teinte.

"Nous n'avons pas encore de bilan chiffré mais nous anticipons un recul des ventes de -5 pour cent à -10 pour cent comparé à 2017, après déjà une baisse de -7 pour cent pour les soldes d'hiver. La tendance s'aggrave", dit à l'AFP Yves Marin, expert distribution chez Bartle.

"Cela reste un temps fort de la consommation en France: les deux périodes de soldes, hiver et été, représentent environ 20 pour cent des ventes annuelles de textiles. Mais elles sont en décroissance", rappelle-t-il.

Des températures élevées ont limité les déplacements des consommateurs qui, "lorsqu'ils se sont déplacés, ont acheté des petites pièces", souligne M. Marin. Et la Coupe du Monde de football les avait déjà incités à regarder les matchs chez eux ou dans les cafés plutôt que de faire du shopping.

A Paris, 55 pour cent des commerçants se disent déçus par le chiffre d'affaires réalisé pendant les soldes de cet été 2018, "dont le résultat est inférieur à celui de l'été dernier pour la moitié des interrogés", selon un bilan de la Chambre de commerce de Paris Ile-de-France.

Près d'un quart d'entre eux (24 pour cent) n'ont "même observé aucune hausse de chiffre d'affaires par rapport à un mois normal" tandis que pour 65 pour cent d'entre eux, "cette hausse est au mieux égale à +20 pour cent".

Soldes d'hiver vont durer quatre semaines

Pour remédier à cette désaffection, le gouvernement va ramener la durée des soldes à quatre semaines à partir de l'hiver 2019, contre six aujourd'hui.

Au sein de l'Alliance du commerce, qui représente 26.000 magasins dans le secteur de l'équipement de la personne, le directeur général Yohann Petiot fait état, après un "démarrage décevant", d'une "deuxième période plutôt contrastée".

Outre une baisse de la fréquentation entamée il y a des années, les soldes souffrent de la concurrence accrue d'opérations de promotions tout au long de l'année (Black Friday, etc.) et des ventes privées qui "cette année, ont eu un fort succès en juin, même si ce mois n'a pas été florissant", dit-il à l'AFP. "Cela a été plus positif pour les grands magasins, alors que les enseignes d'habillement ont vu leur activité stagner en juin", précise M. Petiot.

Les promotions "hors soldes" représentent déjà 25 pour cent des ventes annuelles, et elles sont en croissance, souligne de son côté M. Marin.

Pour les commerçants parisiens, le dynamisme des ventes en ligne explique aussi cette désaffection: 79 pour cent d'entre eux y voient une réelle concurrence pour leur activité pendant les soldes, contre 61 pour cent en 2015.

Selon le panel du site Webloyalty, qui compte 30 sites de commerce en ligne (billetterie, équipement de la maison, mode, voyages), "ces soldes d'été 2018 auront un bilan global équivalent à celui de 2017". (AFP)

 

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