Jane de Boy : un concept store de caractère

Plus que jamais, le paysage des commerces de détail se renouvelle et amène dans son sillage les contours du shopping de demain. Parmi eux, les magasins multimarques ont beaucoup à nous apprendre. Parce que leurs offres impliquent une sélection, et donc une vision globale de la mode, ils nous renseignent avec acuité sur les transformations à opérer pour mieux s'adapter aux enjeux actuels.

FashionUnited a interrogé les fondateurs et dirigeants de concept stores français qui ont su se démarquer par une approche innovante. Situés à Nantes, Bordeaux, Paris et dans d'autres villes de l'hexagone, chacun fait sienne la notion de curator pour mieux défier les chiffres d’un secteur en perte de vitesse - la consommation en textile et habillement en France a reculé de 1,3 pour cent sur les 9 premiers mois de l'année 2019 selon l’IFM.

Pour poursuivre cette série d’interviews : Marie Diard, co-fondatrice de Jane de Boy, un concept store girondin ouvert en 1999, installé à Bordeaux et dans les villes balnéaires d’Arcachon et du Cap Ferret. Dans ses boutiques physiques et sur son e-shop, Jane de Boy propose une mode pour femme et pour homme associée à des objets pour la maison et à des pièces exclusives en collaboration avec des marques confidentielles ou grand public. Un esprit « créateur » et un univers casual qui n’a rien à envier aux emblématiques concept stores parisiens.

Jane de Boy : un concept store de caractère

Pourriez-vous résumer Jane de Boy en trois hashtags ?

#conceptstore #capferret et #aveclecoeur. « Concept-store » puisque cela nous définit bien, dans le sens premier du terme, « Cap Ferret » car c’est là où tout a commencé (et perdure encore aujourd’hui !), et « avec le cœur » parce que c’est ainsi que nous concevons notre métier au quotidien.

Pourriez-vous nous parler de votre sélection et de votre univers ?

Depuis 1999, Jane de Boy propose une sélection de créateurs éclectique et variée, allant des marques établies aux nouveaux talents de la mode, de la décoration, mais aussi des parfums, accessoires, épicerie fine, etc… Une large gamme de produits, sans limite réelle si ce n’est de nous plaire et de s’accorder avec le reste de notre sélection. Nous travaillons aussi bien sur la sélection que sur l’association des produits, pour que tout s’assemble avec force et cohérence.

Gardez-vous un œil sur les jeunes marques et créateurs ?

C’est une évidence. Il est non seulement utile, mais aussi - et surtout - nécessaire de garder un œil sur les jeunes marques et créateurs, c'est une composante de notre métier. Au-delà des traditionnels événements professionnels, de la presse, des réseaux sociaux, ou des marques qui nous contactent directement, nos clients sont également une très belle source d’information pour dénicher de nouvelles marques.

Selon vous, quel est le principal défi auquel les magasins multimarques doivent faire face ?

Plusieurs défis peuvent être cités, avec, de manière générale, un véritable challenge à relever dans le rapport entre le magasin multimarques et les marques qui y sont revendues. Il n'est pas rare de voir des marques s'implanter dans des multimarques le temps de jouir d'une belle notoriété, qui, dès lors qu'elles sont connues, font en sorte de court-circuiter la distribution multimarques. Sans compter sur les offres promotionnelles de plus en plus récurrentes et agressives de toutes parts, qui, en plus d'inciter nos clients à la quête de la plus grosse réduction, dénaturent les produits en eux-mêmes…
Face à cela, il nous paraît indispensable de rendre unique notre offre. Unique dans son association, dans son style, mais également dans l'accueil et le conseil que nous réservons à nos client(e)s, pas seulement autour d'une seule marque ou d'un seul type de produit, mais au sein d’un véritable univers.

Justement, concernant l'univers du magasin, y a-t-il des lieux qui vous inspirent en particulier ou avez-vous des références en tête ?

Lorsque l’on parle de concept-store, on pense évidemment à L’Éclaireur, référence en la matière, ou encore Colette. Mais plutôt que de reproduire ou de s’inspirer d’autres lieux, nous assemblons des inspirations et des envies. Plein de choses très personnelles en réalité, qui convergent toutes et s’assemblent au sein des boutiques Jane de Boy.

Comment vous positionnez-vous par rapport au retail digital ?

Séparer les achats offline et online nous paraît déconnecté de la réalité. On parle souvent de « phygital », ou encore d’« omnicanal », alors qu’il s’agit de nos modes de consommation actuels, tout simplement. Une personne peut nous découvrir en boutique, puis nous suivre au quotidien en ligne, revenir en boutique, finaliser son achat sur le site… Nos présences offline et online sont complémentaires.

Enfin, pourriez-vous me donner votre définition du concept de « curator  » appliqué au secteur retail mode ?

Il s’agit justement d’un concept qui définit bien notre façon de travailler. Non pas une simple sélection de produits, mais une association qui possède du caractère, une âme, qui nous ressemble et qui ressemble à nos client(e)s.

Photos : Jane de Boy

 

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