Magasins dégradés : L’Alliance du Commerce réclame l’ouverture des dimanches de fin d’année

L’Alliance du Commerce a sollicité le Premier ministre, les ministres du Travail et du Commerce ainsi que l’ensemble des préfets afin d’obtenir des mesures d’urgence pour les points de vente touchés par les pillages et dégradations survenus les samedis 17 et 24 octobre. L’organisation professionnelle, qui fédère les grands magasins, les magasins populaires et les enseignes d’habillement et de chaussure, soit 16 000 points de vente et plus de 150 000 salariés en France, demande notamment l’autorisation d’ouvrir le dimanche en novembre et décembre, ainsi qu’un élargissement des dispositifs d’aide.

Plus de 2 500 commerces dégradés ou pillés

D’après les premiers bilans officiels cités par l’Alliance du Commerce dans un communiqué, plus de 2 500 commerces ont été dégradés ou pillés au cours de ces deux journées. De nombreux autres établissements ont fermé leurs portes, parfois durant plusieurs heures, afin de protéger leurs équipes et leur clientèle.

Pour les commerçants concernés, l’impact financier est significatif. Le chiffre d’affaires a reculé jusqu’à 90 % sur ces deux samedis, habituellement parmi les journées les plus porteuses de la semaine. À ces pertes s’ajoutent les dépenses engagées pour sécuriser les magasins.

Les commerces des Champs-Élysées se barricadent en prévision des manifestations prévues à Paris le 23 octobre 2026. Credits: Photo Anadolu via AFP

Un contexte déjà dégradé pour l’habillement

Ces incidents interviennent dans un marché déjà sous pression. Les chiffres définitifs de l'Institut Français de la Mode pour mois de septembre 2026 rapportent une forte baisse de 15 % des ventes en valeur d’habillement et de textile par rapport à septembre 2025. Et selon le panel Habillement de Retail Int. réalisé pour l’Alliance du Commerce, l’activité a baissé de 17 % au niveau national en septembre.

Dans ce contexte, la période de fin d’année prend une dimension stratégique. Novembre et décembre pèsent lourdement dans le chiffre d’affaires et le résultat annuels des enseignes et des grands magasins. Pour la fédération, ces deux mois doivent permettre de compenser une partie des pertes, de reconstituer la trésorerie et de préserver l’emploi ainsi que le maillage territorial des points de vente.

Six dimanches au minimum entre le 22 novembre et le 27 décembre

L’Alliance du Commerce demande que les commerces volontaires puissent ouvrir l’ensemble des dimanches de novembre et décembre 2026, ou, a minima, les six dimanches compris entre le 22 novembre, date du lancement de la « Black Friday week », et le 27 décembre.

L’organisation souligne que les deux tiers des villes de plus de 100 000 habitants n’autorisent pas actuellement l’ouverture de leurs commerces dès le 22 novembre au titre des « dimanches du maire ». Elle souhaite que ces autorisations exceptionnelles s’ajoutent à celles déjà accordées par les municipalités et s’appliquent à tous les commerces, quel que soit leur secteur d’activité.

Des aides jugées trop restrictives pour les enseignes

Le second volet des revendications porte sur l’accès aux dispositifs de soutien. Le prêt « Solidarité Commerce » et l’activité partielle dite « zéro reste à charge » sont aujourd’hui réservés aux entreprises de moins de 250 salariés, tandis que le Fonds de soutien aux commerçants touchés par les violences est limité aux structures de moins de 50 salariés.

Les enseignes et les grands magasins se trouvent ainsi exclus de ces mesures, alors que leur visibilité et leurs emplacements en centre-ville les ont particulièrement exposés, selon la fédération. Celle-ci demande que ces dispositifs soient ouverts à toutes les entreprises affectées, sans condition d’effectif, et que la prise en charge à 100 % de l’activité partielle soit étendue aux établissements contraints de fermer pour des raisons de sécurité, y compris en l’absence de dommages matériels.

Sécurité et attractivité des centres-villes

L’Alliance du Commerce pose deux conditions à une reprise de l’activité. Sans remettre en question le droit de manifester, elle demande aux pouvoirs publics de veiller à ce que les parcours des prochains cortèges évitent les principales artères commerçantes. Elle appelle également les maires à mettre en place des initiatives destinées à faire revenir les consommateurs en centre-ville, telles que des animations, des événements festifs ou la gratuité du stationnement.

« Les commerçants et leurs salariés sont les victimes de ces violences, pas leurs responsables », a déclaré Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du Commerce. Il estime que la période des fêtes sera déterminante pour sauver l’exercice et plaide pour des mesures rapides, concrètes et accessibles à toutes les entreprises touchées, afin que les clients puissent revenir en magasin en toute sécurité.

Compte tenu de la proximité des premières échéances, la fédération attend une réponse rapide du gouvernement afin que les entreprises puissent organiser ces ouvertures dans de bonnes conditions.

Cet article a été en partie rédigé avec le soutien d'un outil d’intelligence artificielle avant d'être vérifié, complété et édité par un journaliste de FashionUnited.


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