World Retail Congress : le luxe change ses codes et son mode de communication

Sébastien Badault, le directeur International de la ligne Luxe et Fashion d'Alibaba), Adam Pritzker, le fondateur de Assembled Brands et Frédéric de Narp, le PDG de Bally, se sont rencontrés lors d'une conférence à l’occasion du World Retail Congress, pour parler sur l'avenir du luxe.

La première déclaration sur laquelle tous les intervenants sont d'accord est que le luxe n’a plus la même signification de nos jours. Il se définit au-delà de l’artisanat ou d’un simple statut.

Le luxe d'aujourd'hui parle de sentiments

Pour reprendre les termes de Frédéric de Narp, le PDG de Bally : « le luxe est saveur et artisanat mais c'est aussi la modernité et surtout l'émotion. Notre défi est de combiner précisément ces deux concepts. Des concepts que la marque développe grâce à des collaborations exceptionnelles comme celle que nous avons faite avec le graffeur français André Saraiva. "

En ce sens, les trois intervenants se sont accordés sur l'importance de l'omnicanal, l'avenir de ce secteur n'étant plus lié avec l'ouverture massive des magasins, il s'agit d'optimiser les ressources pour aboutir à une image de marque globale.

Une expansion contrôlée

"Les magasins phares sont essentiels car c'est l'endroit où les marques de luxe peuvent s'exprimer. Où vous pouvez toucher et vous rendre compte de la qualité du produit. Mais, il ne s'agit pas d'avoir des magasins partout dans le monde. Ils doivent agir comme des vitrines mondiales".

Le géant chinois, un miroir à regarder

Parlant précisément de la question internationale, Sébastien Badault, d’Alibaba invite les marques européennes à s'intéresser aux consommateurs de luxe chinois. L'âge moyen est beaucoup plus bas qu’en europe, se situant vers vingt ans, mais la façon dont ils se comportent peut être une référence pour l'avenir. "Je suis convaincu que ce qui se passe actuellement en Chine arrivera en Europe dans quelques années. Il y a certains changements qui seront bientôt une réalité en Europe tel que le paiement généralisé avec des appareils numériques ", a déclaré le directeur d'Alibaba.

La personnalisation fonctionne

Un autre point de rencontre des trois intervenants a été la personnalisation des produits de luxe. "La production de petites séries de produits destinés à un public spécial fonctionne. Une collection créée exclusivement pour Detroit, par exemple, aura probablement plus de succès pour la population locale qu'une collection avec des produits mondiaux. Les gens aiment se sentir membres d'un groupe et être différents et spéciaux », explique Adam Pritzker de Assembled Brands.

La conclusion générale de cette intervention dans laquelle le luxe a été débattu est qu’il est important de naviguer dans le monde des émotions avec des produits créatifs et de qualité.

Texte traduit et édité par Sharon Camara

Photo: Fashionunited