Les diamantaires et spécialistes des pierres précieuses sont réunis depuis jeudi pour la première fois à Genève pour un nouveau salon consacré aux gemmes, à l'heure où les riches collectionneurs affluent dans la cité suisse pour les ventes de haute joaillerie.

Appelé GemGeneve, ce nouveau salon qui compte 147 exposants vise à représenter toutes les facettes du métier, accueillant aussi bien les négociants en pierres précieuses que des vendeurs de bijoux anciens, des jeunes créateurs ou encore un laboratoire de certification chargés de garantir l'authenticité de minuscules diamants destinés au sertissage de montres de luxe.

"Nous voulions créer une plateforme pour notre métier où il y a beaucoup d'entreprises familiales", a expliqué à l'AFP Thomas Faerber, un des co-organisateurs du salon, insistant sur le fait que l'objectif était de s'assurer que l'événement reste à taille humaine, en n'étant ni trop grand, ni trop petit.

"C'est un salon où l'on peut voir, toucher, essayer et parler directement avec le bijoutier", a ajouté ce négociant en bijoux anciens, qui représente la quatrième génération d'une famille de gemmologues.

Le salon, qui entend toucher aussi bien des acheteurs privés que des collectionneurs ou des professionnels de la bijouterie, se tient toutefois sous haute sécurité, les organisateurs préférant rester discrets sur les mesures mises en place pour garantir son bon déroulement.

La Suisse compte déjà de nombreux salons dans le luxe, entre le salon de la haute horlogerie en janvier qui rassemble une trentaine de grandes marques telles que Cartier ou Van Cleef & Arpels et l'immense salon qui se tient à Bâle en mars.

"Mais il manquait un maillon dans la chaîne", a de son côté estimé Ronny Totah, l'autre co-fondateur de GemGeneve, lui-même à la tête d'une entreprise familiale spécialisée sur les saphirs du Cachemire, les perles naturelles et les bijoux anciens.

Beaucoup de professionnels de la bijouterie se sentaient noyés dans la masse du gigantesque salon de Bâle et ont préféré cette année lancer un événement taillé sur mesure pour les besoins de leur profession, a-t-il insisté.

Les organisateurs ont choisi la deuxième semaine de mai pour coïncider avec les ventes aux enchères chez Sotheby's et Christie's qui attirent de nombreux acheteurs à Genève. "En mai, entre 300 et 400 professionnels viennent d'Asie, d'Amérique ou du Moyen Orient pour les ventes de haute joaillerie", a chiffré François Curiel, directeur du département de la joaillerie chez Christie's lors d'un entretien avec l'AFP, qui s'est félicité de ce nouvel événement, qui vient renforcer encore un peu plus l'importance de Genève dans la haute joaillerie.

La cité suisse est une des places incontournables pour la haute joaillerie, où des pièces exceptionnelles s'échangent souvent sur des montants vertigineux. En 2016, la maison Christie's avait notamment établi un record pour un diamant bleu, qui s'était vendu 57,5 millions de dollars.

Les organisateurs du salon ont voulu représenter tous les aspects de la profession, incluant aussi bien des diamantaires qui exposent pêle mêle des diadèmes, parures ou manchettes brillant de mille feux que des négociants en pierre qui présentent, eux, des alignements d'opales, jades ou émeraudes non montées mais prêts à être sertis.

Les pièces anciennes, telles qu'une broche ayant appartenu à l'impératrice Eugénie, y côtoient les bijoux de jeunes créateurs, leur offrant un tremplin pour conquérir de nouveaux clients, à l'instar d'une artiste londonienne venue présenter une collection en hommage à la chanteuse américaine Patti Smith, faisant fi des codes habituels sur les genres, avec des bracelets ayant vocation à être portés aussi bien par des hommes que par des femmes.

Le Salon GemGenève se tient dans la ville du lac Léman du 10 au 13 mai. (AFP)