Tissu Premier :« Il n’y a plus de règles, chaque client travaille sur un rythme et une saison différent »

Deux ans, c'est à peu près le temps qu'il a fallu à Première Vision pour transformer de fonds en comble le salon Tissu Premier, acheté en 2013 avec les quatre autres salons modes du groupe Eurovet. Pour la première fois, le 10 et 11 juin dernier, les visiteurs et les exposants ont donc pu apprécier pleinement le nouveau format mis en place. Verdict? Plutôt positif même si, contrairement à son habitude, Première Vision a choisi de communiquer sur deux chiffres uniquement: celui du nombre de visiteurs (1300) et celui du nombre d' exposants (85).

Les changements étaient nombreux. Exit définitivement la partie "collections", c'est à dire le salon pour les fabricants orientés vers la distribution qui était traditionnellement collé à Tissu Premier. Un salon difficilement compatible avec l'image mode du groupe Première Vision. Le lieu a changé aussi puisque le salon a quitté le Zenith de Lille pour investir les Halls de la Filature à Saint-André-lez-Lille, à quelques minutes de la Capitale des Flandres . Un lieu chargé d'histoire ( c'est une ancienne filature) qui a séduit les visiteurs pour sa belle luminosité. L'agence des stands, dont la lecture était jugée très claire, a également convaincu. Le service de presse du salon confirme que "les 85 exposants sélectionnés par Tissu Premier Première Vision pour leur savoir-faire de qualité dans les métiers de l’impression, la maille, le tissé teint, le lainage, la soierie et les accessoires ont très vite pris leur marques".

Autre changement important: la formule plus concentrée et sélective avec une attention toute particulière apportée à la proposition des métiers pour répondre au mieux aux besoins des acheteurs. Plus précisément, cette saison, le secteur de la maille était très fourni, suivi de près par celui de l’impression, traditionnellement bien représenté et recherché par les acheteurs. Ainsi, aux exposants fidèles ( KBC, Miroglio Lana, Sanmartin, Tiss et Teint, Yekpa Tekstil ou encore Velysam/Maille Helena) se sont ajoutés quelques nouveaux arrivants (Velcorex/Philea, Bs Jacquard, Borddado by Antt, Hijos de Rafael Diaz) pour la plupart séduits par leur première édition. C'est notamment le cas pour Claire Vogt, Responsable des Ventes chez Velcorex / Philea, qui s’est félicitée d’avoir bien travaillé avec des entreprises travaillant sur le long terme. Elle reviendra la session prochaine.

Enfin, l'autre nouveauté cette saison, c'était la mise en place d’un index qui, à l’entrée du salon, présentait un produit emblématique de la dernière collection de chacun des exposants afin de sensibiliser et d’orienter les acheteurs dans leur découverte de l’offre. Le salon, comme dans son ancienne formule, a continué de proposer des conférences à travers les présentations de bureaux de styles leaders mais aussi un séminaire mode organisé par les équipes de Tissu Premier Première Vision, pour donner les orientations saisonnières mode et les informations marché essentielles aux professionnels du secteur.

Tissu Premier :« Il n’y a plus de règles, chaque client travaille sur un rythme et une saison différent »

Pour Première Vision, "le salon Tissu Premier a pris la bonne direction"

Pour le reste, le salon a recentré ses fondamentaux : il s'agit clairement désormais d' être un rendez-vous pour les grandes chaînes de distribution organisées ainsi que pour les marques de mode à la recherche de circuits d’approvisionnement courts avec des exposants réactif et de proximité. Des visiteurs venus d'Europe du Nord pour rencontrer des tisseurs français, italiens, turques, portugais, belges, espagnols, ou encore allemands.

Plus question désormais de focaliser sur des saisons en particulier. Un choix justifié par les nouvelles habitudes des clients, indique le service de presse qui cite comme exemple Frédérique Deveaux, Présidente de la société Lucien Deveaux, fleuron incontournable du savoir-faire Lyonnais en tissage : « Il n’y a plus de règles, chaque client travaille sur un rythme et une saison différente, tout dépend de la structure et de son mode d’organisation, du positionnement et de la typologie de produits. Nos clients ont besoin d’être nourris en permanence, ils travaillent non-stop ». le studio de création d'Iode (Groupe IKKS) est cependant moins affirmatif puisque pour ce studio basé à Cholet, Tissu Premier est « le salon qui leur permet d’entrer dans l’hiver 16/17 ». Cependant, pour les imprimeurs KBC et Sprintex, "les collections sont préparées tellement longtemps à l’avance que l’on se doit de réajuster l’offre avec de l’actualisation, les clients veulent des dessins que l’on a vu dans les derniers défilés" tandis que pour Laurent Bigot, de la société Côté Textiles, il s'agit désormais de faire de plus en plus de sur-mesure et d’imprimés exclusifs « pour s’adapter aux thèmes de nos clients qui ont bien souvent un bureau de style intégré. »

Ce qui fait l'unanimité par contre, c'est la date du salon. Pour Fanny Grosbois, la créatrice parisienne des French Demoiselles, une ligne de prêt-à-porter féminin issue exclusivement de matières naturelles comme le lin, la soie et la dentelle de Calais « cette période intermédiaire entre les grandes périodes de lancement de saison est propice à la qualité des échanges avec les exposants et à la découverte ». Même verdict pour le fournisseur d’accessoires Magazzini Mercerie : « c’est une bonne période pour exposer. Le reste de l’année on enchaîne les salons. Ici nous avons davantage de temps à consacrer à nos clients. » La prochaine édition du salon aura lieu le 25 et 26 novembre prochain.

 

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