Le Printemps Haussmann dans le viseur de Clip-P

Clip-P, c’est le nom de l'intersyndicale du commerce parisien. Un acronyme peu connu du grand public mais synonyme de véritable bête noire pour les grands magasins. Cette intersyndicale, sorte d’association informelle, est née en 2010. La loi Mallié venait d’assouplir l’ouverture des

magasins le dimanche et Bertrand Delanoë, opposé au travail dominical avait alors organisé une table ronde entre patronat et syndicats pour débattre des règles.

La CGT, la FO, ont alors commencé à discuter d’une plateforme commune et ont proposé à SUD et à la CFDT de les rejoindre. Les objectifs furent simples : éviter que Paris devienne un supermarché ouvert jour et nuit 7 jour sur 7, les méthodes employés un peu plus compliquées : les procédures judiciaires.

Depuis sa première réunion le 26 février 2010 et les premières vagues d’assignation (essentiellement auprès du commerce alimentaire tout d’abord), Clip-P a réussi à traîner au tribunal de grandes enseignes, comme Galeries Lafayette, Monoprix, BHV, les Apple Stores et plus recemment Sephora. Toujours en remportant des succès fracassants, parfois même contre l’avis des salariés comme dans le cas de Sephora. Tout d’abord connu pour ses procédures contre le travail du dimanche, Clic-P a ensuite enfourché un nouveau cheval de bataille: le travail de nuit. Première offensive, premier succès : les Galeries Lafayette condamnées à ne pas employer de salariés après 21 heures avec une amende de 30 000 euros par infraction à la clé. Même succes avec la condamnation d’Uniqlo : le tribunal de grande instance de Paris interdit alors à l’enseigne d’employer des salariés entre 21 heures et 6 heures sous astreinte de 10 000 euros par infraction constatée.

S’attaquerLe Printemps Haussmann dans le viseur de Clip-P aux nocturnes de certaines enseignes

Depuis, l’intersyndicale a rodé sa méthodologie : chaque vendredi, Clic-P est représenté à l’audience économique et financière du tribunal de police. Dès que l’inspection du travail signale à la justice un commerçant qui ne respecte pas la fermeture hebdomadaire, l’avocat des syndicalistes se porte partie civile. Dernier exemple en date, les jeudis nocturnes du Printemps Haussmann. L’emblématique magasin parisien ouvre ses portes jusqu’à 22heures tous les jeudis. Une ouverture nocturne qui pourrait bientôt cesser puisque deux syndicats membres duClic-P (la CFDT et la CGT), ont annoncé aujourd'hui dans un communiqué avoir assigné le magasin avec le Comité d'entreprise du Printemps Haussmann "afin que les règles sur le travail de nuit soient respectées".

Une audience en référé est prévue le 23 janvier à 10h30 au Tribunal de grande instance de Paris, visant à demander au Printemps de "cesser immédiatement d'employer des salariés après 21 heures tous les jeudis", précisent-ils. Du coté des adversaires de l’intersyndicale, on prétend que les syndicats ont par ces procédures trouvé un moyen de s’enrichir. « Faux, réplique Françoise Nicoletta, secrétaire de la Fédération nationale du commerce FO, à chaque fois qu’on a attaqué des magasins sur le dimanche, on est tombés sur des salariés qui sont contre». Reste que leurs méthodes qualifiées de « guérilla urbaine » sont controversées : chez Sephora par exemple, on a largement reproché à Clic-P de n'avoir jamais voulu rencontré directement les salariés.
 

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