Le Printemps : sa cession aux Qataris est suspendue

On pensait que la saga de la vente mouvementée du Printemps à Divine Investments, une société luxembourgeoise détenue par des investisseurs du Qatar, étaient terminée longtemps. Au moins depuis l'été dernier, date à laquelle le tribunal de grande instance de Paris avait validé cette session.

Erreur ! C'était sans compter sur la cour d'appel de Paris qui vient d'ordonner la suspension de cette cession.



    Le Printemps : sa cession aux Qataris est suspendueC'est en quelque sorte, une victoire pour les salariés du groupe qui par la voix du comité central d'entreprise (CCE) estimaient qu'ils n'avaient pas été suffisamment informés des modalités de la cession, notamment sur l'identité de l'acquéreur, le montage financier et le montant de divers commissions. Ils reprochaient également à leur direction d'avoir dissimulé un plan baptisé "Arthur 3" établi en décembre 2012, qui prévoyait de transformer le grand magasin parisien du boulevard Haussmann en une enseigne réservée aux marques de luxe: une stratégie qui pourrait aboutir à la suppression de 226 emplois.

D'après Bernard Demarcq, porte-parole de l'intersyndicale, la justice a constaté ce lundi que "la procédure d'information et de consultation n'était pas conforme". Elle "enjoint" donc "à la société du Printemps de reprendre la procédure" dans les huit jours. En première instance, le juge avait estimé qu'aucune irrégularité n'avait été commise dans le cadre de la procédure, jugeant que le plan Arthur 3 n'était qu'un document de travail. La Cour d'appel de Paris a donc émis un avis contraire.

226 emplois sur 3400 seraient menacés

Divine Investments (Disa), avait racheté en juin dernier les 70 pour cent de participation de la Deutsche Bank dans le Groupe Printemps ainsi que les 30 pour cent restants détenu par l'homme d'affaires italien Maurizio Borletti qui avait rejeté auparavant l'offre des Galeries Lafayette. En avril 2013, un document contenant les projets de transformation du magasin avait été publié par Mediapart révélant que quelque 226 emplois sur 3.400 seraient menacés. Inquiets, les syndicats avaient saisi le procureur de la République de Paris pour dénoncer l'opacité du montage financier. Se plaignant en outre du manque d'information fourni par la direction, ils avaient porté plainte pour délit d'entrave. Une enquête préliminaire est depuis menée par la brigade financière.
 

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