On le sait, Rreef, filiale de gestion d'actifs immobiliers

de Deutsche Bank, qui possède 70 pour cent du groupe Le Printemps et Maurizio Borletti, qui posséde les trente pour cent restant, seraient chacun de leur coté en négociation avec le Qatar.

La seule question qui demeure concerne l’allié des investisseurs qataris. Vont-ils s’allier avec Philippe Houzé, propriétaire des Galeries Lafayette ou avec Maurizio Borletti?

De cette réponse dépendra l’avenir des 2300 salariés du groupe Printemps mais aussi, et le sort de certains des 11.000 employés des Galeries Lafayette.

La solution Philippe Houzé, PDG des Galeries Lafayette

Philippe Houzé, le patron des Galeries Lafayette propose aux qataris de s'associer à eux pour racheter le Printemps. Ce projet inquiète légitimement les syndicats du Printemps qui craignent que le Qatar ne «vende les magasins de province les moins rentables et qu'il supprime des emplois boulevard Haussmann, en transformant le magasin en galerie commerciale ».

Philippe Houzé dément tout problème de concurrence et de doublons et il faut ajouter à son crédit que certains salariés du Printemps préféreraient même un rachat par les Galeries Lafayette. «Avec le projet de Philippe Houzé, nous avons aujourd'hui l'opportunité qu'un grand magasin français revienne enfin sous pavillon français, avec une stratégie on ne peut plus claire pour son avenir et pour l'avenir des emplois», écrit le secrétaire général du syndicat des cadres Ugict-CGT, souhaitant «vivement que le gouvernement se positionne et donne son avis sur ce projet vital». Vendredi soir, Sylvia Pinel, ministre de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme, a fait savoir qu'elle recevrait Philippe Houzé à sa demande.

« Mon souhait est de combiner le professionnalisme du Qatar dans l'immobilier et le nôtre dans la gestion des grands magasins", a expliqué Houzé au quotidien économique Le Figaro.

Pourtant, des sources proches du dossier indiquent que le probable futur propriétaire qatarien ne semble pas attiré par un rachat conjoint avec les Galeries Lafayette. «Les intentions des investisseurs qatariens sont que la situation des salariés du Printemps soit préservée». Les probables futurs propriétaires de la chaîne de 16 grands magasins du Printemps n'ont pas non plus l'intention de les rebaptiser Harrods, l'enseigne anglaise propriété de Qatar Holding.

«Les investisseurs qatariens ont pour objectif de faire rayonner le Printemps comme symbole du goût et du style français, et de le maintenir à son plus haut niveau dans la continuité du business plan défini», poursuit cette même source.

La solution Maurizio Borletti

Maurice Borletti, détenteur de 30 pour cent des actions du groupe, est très attaché au Printemps et ne souhaite pas vendre. Et surtout pas aux Galeries Lafayette. Néanmoins, face aux velléités de Rreef et de la Deutsche Bank de vendre les 70 pour cent en leur possession, il est entré dans la bataille et a engagé lui aussi des négociations exclusives avec des Qataris.

D’après lui, le projet de Houzé, son concurrent direct, entrainerait des synergies dans les fonctions centrales et achats qui pourraient menacer 600 postes. De plus, l'Autorité de la concurrence aurait alors à juger si les deux enseignes ont une position dominante sur le marché des touristes à Paris. Le projet Borletti aurait alors l’avantage de conserver au Printemps toute son indépendance même s'il passe sous le pavillon du Qatar.

Qui donc au final va mettre la main sur le Printemps ? "Nous ferons tout pour trouver une solution, a déclaré Philippe Houzé. L'histoire n'est pas écrite". Il a repoussé tout risque au niveau de la concurrence, ajoutant "avoir pris soin de sonder l'Autorité de la concurrence" avant de présenter son offre. "Nos enseignes doivent avoir leur propre projet de développement, ce qui justifie le maintien de deux équipes afin de renforcer la concurrence et l'attractivité. Et il n'y a pas de problème de doublon en particulier en province. A Lyon comme à Strasbourg, deux grands magasins peuvent cohabiter".

Selon le figaro, Houzé aurait "multiplié les rencontres à l’Élysée" pour obtenir le soutien des pouvoirs publics. "Une fois obtenu le classement du boulevard Haussmann en zone touristique, permettant l'ouverture des magasins le dimanche, cet ensemble permettrait de créer 1.000 emplois payés double, sur la base du volontariat", a-t-il ajouté. Non, effectivement, l’histoire n’est pas encore écrite.
 

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