Bangladesh : quel bilan six ans après le drame du Rana Plaza

C’était le 24 avril 2013. Le Rana Plaza, bâtiment de la banlieue de Dacca abritant plusieurs usines de textile s’effondrait, causant la mort de 1134 personnes. Ce drame met alors en lumière les conditions de travail des employés de cette filière au Bangladesh, second exportateur de vêtements de l’Union européenne : salaires parmi les plus bas du monde, normes de sécurité inexistantes dans la plupart des 5000 sites de fabrication du pays.

Ses clients sont les plus grandes marques de mode européenne et américaine. Elles sont pointées du doigt. À la suite de cette catastrophe, plus de 180 distributeurs, importateurs internationaux ainsi que les organisations syndicales internationales signe un pacte quinquennal pour garantir la sécurité des usines de confection au Bangladesh, sous l’égide de l’Organisation international du travail (OIT). La mise en place de ce pacte sur la protection incendie et la sécurité des bâtiments (baptisé « l’Accord ») permet alors de réaliser des audits de plus de 2000 usines, de financer leur rénovation, de former des inspecteurs du travail, d’élaborer des programmes visant à éliminer les risques d’incendies et autres. Il est coordonné depuis Dacca par des experts, et financé en grande partie par les marques-enseignes. Il a permis d’auditer environ la moitié du parc des usines textile du pays, mais est loin encore d’avoir rempli sa mission de rénovation. C’est la raison pour laquelle il été prolongé en 2018, jusqu’en 2021.

L’Accord n’a réalisé jusqu’ici que la moitié de sa mission

Mais aujourd’hui, l’Accord est menacé d’expulsion par la Cour Suprême, théoriquement indépendante mais influencée par le gouvernement bangladais et la puissante fédération patronale du secteur textile (BGMEA), explique le Collectif l’Ethique sur l’Etiquette. « Le textile étant un secteur stratégique pour le pays, sa première économie, le gouvernement et les organisations patronales poussent au retour du « business as usual ». En bref l’onde de choc a vécu. Le gouvernement demande des concessions sur le contenu de l’accord et celui-ci est menacé depuis plusieurs mois. Et les travailleurs sont toujours en danger.

La Cour Suprême repousse sa décision de semaines en semaines », détaille à Fashion United Nayla Ajaltouni coordinatrice du collectif l’Ethique sur l’Etiquette. Parallèlement, la catastrophe meurtrière du Rana Plaza avait conduit à plusieurs vagues d’augmentations de salaires, la dernière en 2017. Aujourd’hui, le minimal dans l’industrie textile est à 62 euros (contre 30 euros avant 2013). Les travailleurs du textile revendiquent un minima de 100 euros.

Photo: Clean Clothes Campaign

 

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