Lille - Le syndicat UPAE (Unis Pour Agir Ensemble), majoritaire parmi les salariés de l'enseigne de prêt-à-porter Camaïeu, en redressement judiciaire, a apporté son soutien jeudi à l'offre de reprise de l'actuel management, à la veille d'une audience décisive au tribunal de commerce de Lille.

"Suite aux offres améliorées qui ont été exposées au CSE (Comité social et économique) ce 22 juillet, le syndicat UPAE a trouvé le projet (...) porté par notre management actuel beaucoup plus abouti et construit dans une vision qui assurera la pérennité de Camaïeu sur le long terme", a écrit l'organisation syndicale interne dans un communiqué.

"C'est pourquoi le syndicat UPAE apporte officiellement son soutien" à cette offre et "ne soutient pas l'offre de la FIB (Financière immobilière bordelaise)", affirme-t-il.

"Sur la pérennité de l'entreprise", l'offre du management portée par l'actuel PDG Joannes Soënen "est plus rassurante même si malheureusement il y aura de la casse sociale. Les 30 millions d'euros de fonds propres sont séquestrés, c'est beaucoup plus rassurant. De plus il y a eu des efforts au niveau social, il y a le partenariat avec Grain de malice et tous les employés de logistique sont conservés. Le projet est beaucoup plus complet et concret", a expliqué à l'AFP Van Minh Nguyen, élu UPAE au CSE.

Deux offres de reprise ont en effet été présentées mercredi aux représentants syndicaux. Celle du management actuel, prévoit de reprendre 446 magasins, dont 43 seront sous l'enseigne de prêt-à-porter féminin de la galaxie Mulliez, Grain de malice, et associe le logisticien nordiste Log's. Soit 2.520 emplois selon un porte-parole du porteur de l'offre.

Selon ce dernier, l'entreprise compte actuellement 3.134 salariés. Interrogée début juillet, la direction de Camaïeu faisait elle état de 3.900 salariés, mais a précisé jeudi que ces chiffres dataient en réalité de "fin 2019" et comptabilise finalement "3.146 salariés au 15 juillet 2020, dont 2.708 dans les magasins et 438 à Roubaix, répartis entre les bureaux et l'entrepôt logistique.

L'autre offre de reprise émane de la Foncière immobilière bordelaise (FIB), fonds d'investissement spécialisé dans l'immobilier commercial de l'homme d'affaires Michel Ohayon.

"L'offre de (la) FIB c'est 511 magasins repris, 2.659 salariés au total (magasin, siège et entrepôt). Ce qui nous bloque, c'est le plan de financement. Il y a 20 millions d'euros en fonds propres de promesse non séquestrés. De l'autre côté, on a une garantie avec les 30 millions d'euros séquestrés. Reprendre plus de monde c'est bien, mais si c'est pour revivre ça dans un an...", a ajouté M. Nguyen.

La FIB a, elle, le soutien de la CGT, 3e syndicat de l'entreprise. La CFDT, 2e, supportait aussi ce projet début juillet, mais était injoignable pour commenter les offres améliorées.

Le repreneur sera connu le 17 août. (AFP)

 

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