Mardi 6 février 2018, Maître Szpunar, avocat général à la cour de l’Union Européenne, a renvoyé l'affaire C-163/16 pendante, opposant Christian Louboutin à la marque hollandaise Van Haren Schoenen, devant la cour des Pays-Bas pour examiner "le dossier" des semelles rouges. L'avocat avait déclaré que les semelles rouges de Christian Louboutin ne constituaient pas un élément séparé de la forme des chaussures à talons hauts du créateur et que les formes ne pouvaient pas être déposées, conformément à la loi de l'Union Européenne. Il s'en est suivi l'agitation de quelques médias qui laissaient entendre que Christian Louboutin pourrait perdre l'exclusivité de la couleur rouge sur ses semelles. Quête constituant le cheval de bataille du créateur depuis de nombreuses années. Or, pour l'instant, il semblerait que la situation ne corresponde pas exactement à ce que certains médias ont pu rapporter.

Dans un communiqué de presse envoyé mercredi 7 février 2018 (au soir), à la suite des conclusions rendues par l’avocat général devant la Cour de Justice de l’Union Européenne, la maison Christian Louboutin déclare : "Si habituellement Christian Louboutin se refuse à commenter des affaires judiciaires en cours, nous souhaitons exceptionnellement réagir devant la multiplication des commentaires trompeurs quant au contenu des conclusions de Monsieur l’avocat général Szpunar, que certains présentent comme portant un coup à la protection de notre fameuse marque semelle rouge […] Cependant, une lecture plus approfondie de l’intégralité de ces conclusions montre que celles-ci viennent supporter la validité de la marque et non la remettre en cause."

La maison souligne que la couleur rouge appliquée sur les semelles de ses souliers tire toute sa valeur dans le fait que le public associe l'usage du rouge sur des semelles de souliers à talons à la marque. Elle ajoute : "Ainsi, nous sommes de l’avis que les conclusions de Monsieur Szpunar, même si elles ouvrent la voie à l’application des critères de validité des marques de forme (bien que selon nous cela ne devrait pas être le cas puisque notre marque est une marque de position au sens du droit européen), sont en faveur de la reconnaissance de la validité de notre marque." […] Ainsi, les conclusions de Monsieur l’avocat général Szpunar ne sont pas un coup porté à la protection de notre fameuse marque semelle rouge mais renforcent en définitive nos droits […]."

A ce jour, l'affaire opposant les deux sociétés, Christian Louboutin et Van Haren Schoenen demeure par conséquent en instance.

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