Commerce international : analyse des nouveaux tarifs douaniers de Trump
Le président des États-Unis bouleverse une nouvelle fois les relations commerciales du pays avec ses principaux partenaires et les plus grandes économies mondiales. Donald J. Trump a annoncé l'imposition de nouveaux droits de douane supplémentaires pour 60 pays, allant de 10 à 12,5 %. À cela s'ajoutent des contingents tarifaires spéciaux pour les textiles provenant du Bangladesh, du Cambodge, de l'Indonésie et de la Malaisie, conditionnés par des quotas d'importation de textiles et de coton américains.
S'il est vrai que la guerre commerciale déclenchée par l'Américain en avril 2025, à partir de son prétendu « Jour de la Libération », avait pour prétexte des relations commerciales soi-disant abusives et déséquilibrées avec ses principaux partenaires, le motif mis en exergue cette fois-ci porte sur les marchandises produites par le biais du travail forcé et de l'esclavage. Des marchandises dont l'accès à l'économie américaine est prohibé ; une prohibition que l'administration Trump a décidé de rendre pleinement opérante à la suite d'une enquête réalisée par le Bureau du représentant américain au commerce (USTR), une agence gouvernementale des États-Unis, portant sur les actes, les politiques et les pratiques de 60 économies impliquées dans le travail forcé.
Selon le mémorandum signé par le président américain le 23 juillet 2026, les résultats de cette enquête ont déterminé que les 60 pays examinés par l'USTR avaient des actions, des politiques et des pratiques contraires à l'interdiction américaine de bloquer l'entrée sur le territoire de biens issus du travail forcé. Plusieurs raisons sont invoquées : des lois interdisant l'importation de ces biens qui ne sont pas encore appliquées efficacement (comme au Canada, en Équateur, dans l'Union européenne, au Mexique et au Pakistan) ; des engagements non encore tenus concernant l'interdiction d'importer des produits issus du travail forcé ; un régime tarifaire partiel pour empêcher leur importation ; ou encore une absence totale de mesures d'interdiction. Face à cette situation, le gouvernement américain s'est fixé pour objectif de faire appliquer efficacement l'interdiction d'importer des biens produits par le travail forcé.
Des droits de douane de 10 à 12,5 % pour 60 pays
Dans ce but, et après examen des informations et conclusions de l'enquête, le président des États-Unis a autorisé l'USTR à imposer des droits de douane de 10 à 12,5 % à l'ensemble des 60 pays concernés. Ces droits de douane sont généralisés, mais des exemptions sont prévues. Elles concernent les matières premières dont la taxation pourrait entraîner une pénurie d'approvisionnement, les produits susceptibles de causer des « perturbations » dans l'économie, ceux qui ne peuvent être produits en quantité suffisante aux États-Unis ou obtenus d'autres sources, et les produits pour lesquels les nouveaux droits de douane ne seraient pas jugés efficaces pour garantir l'interdiction. Une exemption est également prévue pour « certains produits » d'Argentine, du Bangladesh, du Cambodge, d'Équateur, du Salvador, de l'Union européenne, du Guatemala, d'Indonésie, de Jordanie, de Malaisie, de Suisse, de Taïwan ou du Royaume-Uni, afin d'encourager ces pays à appliquer efficacement leurs lois contre le travail forcé.
Hormis ces exemptions, et comme le stipule le mémorandum présidentiel, le président Trump a ordonné qu'à partir de 00h01 ce vendredi 24 juillet 2026, heure de la côte Est des États-Unis, des droits de douane supplémentaires de +10 % soient imposés sur les importations en provenance d'Argentine, du Bangladesh, du Cambodge, du Canada, d'Équateur, du Salvador, du Guatemala, du Honduras, d'Inde, d'Indonésie, de Jordanie, de Malaisie, du Mexique, du Pakistan, du Sri Lanka, du Royaume-Uni et de Trinité-et-Tobago.
Dans un autre volet de mesures, il a été ordonné que les produits provenant de l'Union européenne et de Taïwan soient soumis à un droit de douane minimum et total de 10 %, si le taux initial est inférieur. Ce pourcentage sera de 12,5 % pour les produits en provenance du Japon, de la Corée du Sud et de la Suisse.
Enfin, pour les autres pays parmi les 60 examinés, le président américain a ordonné l'imposition d'un droit de douane supplémentaire de +12,5 %. Il s'agit de la mesure la plus lourde du mémorandum, réservée aux pays qui, selon l'enquête de l'USTR, montrent le moins de détermination à interdire l'importation et l'obtention de biens issus de pratiques de travail forcé et d'esclavage.
Contingents tarifaires spéciaux pour les produits textiles du Bangladesh, du Cambodge, de l'Indonésie et de la Malaisie
Dans la deuxième partie de son décret présidentiel, Trump a ordonné à l'USTR d'établir, dès que possible, un contingent tarifaire spécial pour certains des principaux pays producteurs de textiles asiatiques, notamment le Bangladesh, le Cambodge, l'Indonésie et la Malaisie. Les États-Unis chercheront à imposer à ces pays un régime tarifaire spécial, d'une durée initiale de 3 ans, pour encourager l'importation de textiles américains et de coton cultivé aux États-Unis. L'objectif est de leur permettre de réduire leur « dépendance à l'égard d'intrants » provenant de sources « plus susceptibles de contenir des intrants issus du travail forcé ». Cette remarque, sans la nommer explicitement, semble clairement viser la Chine et son très controversé coton du Xinjiang. L'entrée de cette matière première, brute ou utilisée dans la confection de vêtements et de textiles, est interdite aux États-Unis depuis janvier 2021 en raison de son lien avec le travail forcé auquel le gouvernement chinois soumettrait la population de la minorité ethnique ouïghoure.
En contrepartie de ces importations potentielles, le président des États-Unis ordonne également à l'USTR d'ajuster en temps voulu les contingents tarifaires des quatre pays producteurs asiatiques. L'objectif est de permettre à « un certain volume » de textiles et de vêtements en provenance du Bangladesh, du Cambodge, de l'Indonésie et de la Malaisie d'entrer aux États-Unis en étant totalement exempté des nouveaux droits de douane. La quantité de textiles et de vêtements exemptés sera déterminée « en fonction de l'importation d'intrants américains » et « de l'importation de coton américain » par chacun de ces quatre pays.
Nouveaux droits de douane imposés par les États-Unis
Nouveaux droits de douane imposés par les États-Unis, par pays
- 1. Afrique du Sud – +12,5 %
- 2. Algérie – +12,5 %
- 3. Angola – +12,5 %
- 4. Arabie saoudite – +12,5 %
- 5. Argentine – +10 %
- 6. Australie – +12,5 %
- 7. Bahamas – +12,5 %
- 8. Bahreïn – +12,5 %
- 9. Bangladesh – +10 %
- 10. Brésil – +12,5 %
- 11. Cambodge – +10 %
- 12. Canada – +10 %
- 13. Chili – +12,5 %
- 14. Chine, République populaire de – +12,5 %
- 15. Colombie – +12,5 %
- 16. Corée du Sud – 12,5 % (de minimum total)
- 17. Costa Rica – +12,5 %
- 18. Égypte – +12,5 %
- 19. Émirats arabes unis – +12,5 %
- 20. Équateur – +10 %
- 21. Guatemala – +10 %
- 22. Guyana – +12,5 %
- 23. Honduras – +10 %
- 24. Hong Kong, Chine – +12,5 %
- 25. Inde – +10 %
- 26. Indonésie – +10 %
- 27. Irak – +12,5 %
- 28. Israël – +12,5 %
- 29. Japon – 12,5 % (de minimum total)
- 30. Jordanie – +10 %
- 31. Kazakhstan – +12,5 %
- 32. Koweït – +12,5 %
- 33. Libye – +12,5 %
- 34. Malaisie – +10 %
- 35. Maroc – +12,5 %
- 36. Mexique – +10 %
- 37. Nicaragua – +12,5 %
- 38. Nigeria – +12,5 %
- 39. Norvège – +12,5 %
- 40. Nouvelle-Zélande – +12,5 %
- 41. Oman – +12,5 %
- 42. Pakistan – +10 %
- 43. Pérou – +12,5 %
- 44. Philippines – +12,5 %
- 45. Qatar – +12,5 %
- 46. République dominicaine – +12,5 %
- 47. Royaume-Uni – +10 %
- 48. Russie – +12,5 %
- 49. Salvador – +10 %
- 50. Singapour – +12,5 %
- 51. Sri Lanka – +10 %
- 52. Suisse – 12,5 % (de minimum total)
- 53. Taïwan – 10 % (de minimum total)
- 54. Thaïlande – +12,5 %
- 55. Trinité-et-Tobago – +10 %
- 56. Turquie – +12,5 %
- 57. Union européenne – 10 % (de minimum total)
- 58. Uruguay – +12,5 %
- 59. Venezuela – +12,5 %
- 60. Vietnam – +12,5 %
- Le président américain, Donald J. Trump, a annoncé l'imposition de nouveaux droits de douane supplémentaires de 10 à 12,5 % pour 60 pays, ainsi que des contingents tarifaires spéciaux pour les textiles du Bangladesh, du Cambodge, de l'Indonésie et de la Malaisie.
- La justification de ces nouvelles mesures repose sur une enquête de l'USTR concernant les biens produits par le travail forcé et l'esclavage, dont l'entrée est interdite sur le territoire américain.
- Dans le cadre de ces mesures, il est prévu d'établir un contingent tarifaire spécial pour le Bangladesh, le Cambodge, l'Indonésie et la Malaisie, d'une durée initiale de 3 ans. Ce contingent permettra à leurs vêtements et textiles d'entrer dans le pays en franchise des nouveaux droits de douane, à condition qu'ils importent des produits textiles et du coton américains, réduisant ainsi leur dépendance à l'égard de sources plus susceptibles d'utiliser le travail forcé.
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