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Debenhams (Boohoo) : 35 millions de livres, ou le prix de la métamorphose

À l'heure où le prêt-à-porter en ligne cherche un second souffle face à l'érosion de la consommation, le groupe Debenhams (ex-Boohoo) vient de frapper un grand coup. En annonçant une augmentation de capital de 35 millions de livres sterling ce 17 février 2026, le leader britannique ne cherche pas seulement à consolider son bilan. Ce mouvement financier marque une accélération décisive vers un modèle « asset-light », privilégiant la plateforme numérique sur les infrastructures lourdes. Entre promesses de rentabilité retrouvée et persistance des doutes boursiers, analyse d'un pivot à quitte ou double.

Le groupe britannique Debenhams Group, anciennement Boohoo Group, a ainsi officialisé cette injection de fonds (environ 41 millions d’euros) pour soutenir son redressement. L'opération, relayée par RetailDetail et Bloomberg, intervient dans un contexte de transformation profonde pour le distributeur.

Des indicateurs opérationnels au vert

Le groupe, propriétaire notamment de PrettyLittleThing, Karen Millen et Coast, affirme être « en ligne avec ses prévisions » et table sur un EBITDA ajusté de 50 millions de livres pour l’exercice en cours, qui se clôturera le 28 février prochain. Fait notable : toutes les marques seraient désormais rentables sur une base d’EBITDA ajusté. Pour le prochain exercice, la direction anticipe même une croissance à deux chiffres, portée par une tendance du chiffre d’affaires qui « s’améliore progressivement ».

Une restructuration financière sous haute surveillance

Cette injection de capital s’accompagne de discussions avancées avec les créanciers afin d’assouplir les covenants de dette et d’obtenir davantage de liquidités. Autrement dit, l’opération ne relève pas uniquement d’un investissement de développement, mais aussi d’un ajustement financier vital visant à stabiliser la structure bilancielle du groupe.

Depuis son changement d'identité en 2025, le groupe a opéré un virage stratégique majeur en adoptant un modèle d'allègement d'actifs. Ce dernier privilégie désormais la place de marché et la vente de marques partenaires, plutôt qu’un modèle intégré pesant lourdement sur les stocks et la logistique. La fermeture du centre de distribution de Burnley l’an dernier reste le symbole le plus fort de cette volonté de réduire drastiquement les coûts fixes.

Un marché boursier encore sceptique

Cependant, la prudence reste de mise du côté des investisseurs. Le titre a chuté jusqu’à 8 % ce mardi, prolongeant un recul de 21 % sur douze mois. Cette réaction traduit les interrogations persistantes sur la capacité du groupe à restaurer durablement ses marges dans un environnement où la fast-fashion est soumise à une pression concurrentielle intense et à une surveillance renforcée.

Signe d'un engagement interne fort, l’augmentation de capital est souscrite par le directeur général Dan Finley, le cofondateur Mahmud Kamani et l’administrateur Iain McDonald. Pour autant, la pression reste vive, notamment de la part de l'actionnaire Mike Ashley (via Frasers Group), qui n'a jamais caché ses doutes sur certaines orientations, à commencer par le changement de nom.

Vers un nouveau standard pour l'e-commerce ?

Au-delà du cas Debenhams, cette opération illustre un mouvement de fond dans le commerce de mode britannique : la transition des pure players vers des modèles hybrides, moins intensifs en capital. La question demeure entière : cette trasnsformation permettra-t-elle au groupe de retrouver une trajectoire de croissance solide, ou s’agit-il d’une simple étape dans une restructuration plus longue ? L’exercice en cours, avec son objectif de 50 millions de livres d’EBITDA, constituera le premier test de vérité pour ce nouveau modèle.


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