DMC (textile) passe sous pavillon britannique

Fleuron de l'industrie textile française, l'entreprise DMC sera rachetée fin juillet par le fonds d'investissement britannique BlueGem, a-t-on appris vendredi auprès de la direction au siège de Mulhouse (Haut-Rhin).

Les actionnaires de DMC ont prévu de boucler fin juillet la vente de la totalité du capital à BlueGem Capital Partners, a annoncé à l'AFP Dominique Poile, actuel président de DMC, à l'issue d'une réunion extraordinaire du comité central d'entreprise (CCE) en présence du futur propriétaire, qui a enclenché le processus officiel d'information-consultation des représentants du personnel. Le prix de la cession n'a pas été communiqué

Fabricant d'un célèbre fil à broder, DMC (Dollfus-Mieg & Cie) est détenu depuis fin 2008 par le français Krieg Group (à 39,8 pour cent), plusieurs pools d'investisseurs alsaciens et ses trois principaux dirigeants. L'entreprise, née en 1746, emploie 300 salariés, dont 207 à son siège et site de production de Mulhouse, pour un chiffre d'affaires de 57 millions d'euros l'an dernier.

Basé à Londres, BlueGem gère 550 millions d'euros de participations majoritaires ou minoritaires dans des entreprises de taille moyenne (50 à 200 millions d'euros de chiffres), des marques leaders et à notoriété auprès des consommateurs, ou des réseaux de distribution spécialisés, selon le communiqué de DMC diffusé vendredi.

Première acquisition industrielle du fonds en France, le rachat de DMC constituera pour ce dernier une "transaction de continuité", a déclaré à l'AFP Mathieu Develay, représentant France de BlueGem. Le repreneur s'engage à maintenir les emplois "avec l'objectif ensuite de les faire croître" et il maintient Dominique Poile à la direction opérationnelle, a précisé M. Develay. Le fonds a l'habitude de détenir une société pendant "quatre à six ans", a-t-il complété.

Sa priorité sera d'"initier l'innovation" dans la broderie "grâce au leader DMC", dans un contexte de "croissance mondiale" du secteur des loisirs créatifs en général, a poursuivi son responsable français. Il s'appuiera sur le savoir-faire technique de DMC pour moderniser son offre: produits plus contemporains, extension de la gamme d'accessoires, rajeunissement de l'image, augmentation de la vente en ligne, promotion sur les réseaux sociaux, a souligné le communiqué.

Les élus syndicaux du CCE n'ont pas donné d'avis et mandaté un rapport d'expertise comptable, a relaté la direction. "Tel qu'il est présenté, le projet est positif, avec des engagements écrits sur les effectifs et les acquis sociaux. Mais le repreneur reste un fonds d'investissement, trouvera-t-il chez DMC la rentabilité à deux chiffres qu'il recherche ?", s'est interrogé Claude Gottardi, secrétaire général adjoint de la CFTC du Haut-Rhin.

Interrogé par l'AFP, M. Poile n'a pas communiqué les résultats de l'entreprise, se contentant de les qualifier de "très bons". "Depuis la création de BlueGem en 2007, tous nos investissements sont destinés à faire croître les entreprises", a dit M. Devalay, citant les exemples de Liberty (magasin londonien et impression de tissus fleuris), Enotria (vente de vins et liqueurs) ou de la chaîne de puériculture Mamas & Papas. (AFP)

 

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