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Drôle de Monsieur poursuit son ascension et s’installe à Paris

By Sharon Camara

5 mars 2020

Business |INTERVIEW

C’est en 2014 que l’aventure « Drôle de Monsieur » démarre à Dijon. À l’origine de la marque, Dany Dos Santos, 29 ans et Maxime Schwab, 33 ans. Ensemble, ils développent leur première collection autour du slogan « Not from Paris Madame » et se font remarquer lors des fashion weeks parisiennes. Très vite, ils occupent une place de choix dans les articles de street style des plus grands magazines de mode. Après des collaborations avec des magasins haut de gamme tels que Selfridges et Harrods, Drôle de Monsieur voit plus grand et veut accélérer son développement. Pour ce faire, la marque s’installe à Paris. Pour l’occasion, FashionUnited s’est entretenu avec Dany Dos Santos, le co-fondateur de Drôle de Monsieur.

Drôle de Monsieur est une marque qui née et s’est développée en dehors de Paris. C’est une identité que vous revendiquez depuis le début. Pourquoi avoir décidé de changer aujourd’hui, en vous installant à Paris ?

Rien ne change. Lorsque nous avons commencé, il y a cinq ans, nous n’avions aucune expérience dans la mode, pas d’argent et pas de contact. Depuis Dijon et jusqu'à aujourd'hui, nous avons réussi à créer une communauté et un réseau de distribution haut de gamme à travers le monde comprenant les plus prestigieux revendeurs. Tout cela s’est fait en dehors de Paris avec une équipe réduite et rien ne changera cela.

Aujourd’hui, nous avons d’autres projets et Paris semble plus adapté. Notre identité, ou plutôt notre message à travers notre slogan « Not From Paris Madame », est quelque chose que nous revendiquerons toujours.

En vous installant à Paris, l’objectif est donc de développer la marque?

L’objectif est de continuer le développement que nous avons commencé. Paris nous offre la possibilité de recruter des personnes talentueuses qui nous aiderons à atteindre de nouveaux objectifs, plus ambitieux, rien de plus. Nous ne venons pas à Paris pour avoir des contacts comme beaucoup le font. Nous avions besoin de contacts il y a cinq ans, pour pouvoir prendre la parole. Mais nous l’avons prise nous-mêmes et nous continuerons notre route dans le même esprit.

Votre slogan a-t-il été créé pour être utilisé à long terme ?

Nous n’avions que 1000 euros en poche à nos débuts, pas de contact, pas de diplôme dans la mode, que de l’amour ! Donc non, ce n'était pas prévu. C’était notre unique moyen de prendre la parole, d’attirer la presse et susciter l’intérêt d’une poignée de consommateurs.

Aujourd’hui, je vois notre slogan exister à long terme car ils nous représentent et les gens s’y associent facilement. Il ne s’éteindra pas tant que nous continuerons d’exister. Et puis notre slogan est particulier, chacun peut l’interpréter comme il le souhaite. Pour nous, il revendique le fait que nous pouvons réaliser nos rêves, peu importe qui nous sommes et d’où nous venons. C’est un message positif et nous espérons partager cette force positive le plus longtemps possible.

Vous vous êtes faits connaître à travers le street-style notamment, comment avez-vous réussi à maintenir l'intérêt susciter, après le buzz?

Nous avons juste été honnêtes depuis nos débuts. Nous ne voulions pas faire le buzz pour faire de l’argent et partir. Nous voulions faire le buzz pour que l’on s’intéresse à nous et ensuite raconter une histoire qui dure. Nous avons très vite été sollicités par des revendeurs et nous savions qu’il fallait imposer nos règles aux boutiques avec lesquelles nous allions collaborer. L’objectif était de ne pas être « bloqué » par le slogan. Nous avions le choix entre proposer uniquement des produits avec le slogan et accepter les propositions de toutes les boutiques car nous étions très sollicités. Cela nous aurait apporté beaucoup d’argent rapidement mais la marque ce serait très vite essoufflée.

Nous avons choisi la deuxième option, celle de proposer deux lignes par collection, une ligne avec le slogan et l’autre plus axée sur le côté fashion. Nous avons toujours imposé aux boutiques de prendre les deux lignes. L’objectif était de maintenir des standards élevés et surtout, de faire ce que nous avons toujours voulu faire, bien avant notre buzz, de la « sape » qui nous ressemble.

Vous êtes assez sélectifs sur le choix des points de ventes, quelle est votre cible ?

Nous sommes sélectifs sur nos points de ventes car nous le sommes aussi dans le choix de nos matières, nos coupes et nos détails. Nous visons tout naturellement des personnes qui aiment s’habiller et qui sont capables de comprendre nos produits.

Avez-vous des boutiques en propre ?

Non, mais nous y réfléchissons.

Pourquoi avoir créé votre marque à deux ?

Cela s’est fait naturellement. Je connais Maxime depuis plusieurs années et nous avions les mêmes intérêts dans la mode. Je pense que c’est aussi une question de personnalité, parce qu’il y a des gens qui vont vouloir faire du business tout seul et d’autres qui vont préférer partager.

Pourquoi le nom « Drôle de Monsieur »?

Certains imaginent que ce nom pourrait se traduire par « Funny Guys » mais le vrai sens serait plutôt « Strange Guys ». Cela fait référence à notre parcours. Nous n’avions pas de diplôme dans la mode, pas d’argent et nous venons de la campagne. Franchement, nous avions très peu de chance d’y arriver et nous en étions conscients. Nous avons donc travaillé dix fois plus que les autres pour avoir une place.

Quel est votre parcours ?

J’ai étudié l’économie pendant deux ans à l’université ensuite j’ai fait un master en contrôle de gestion à l’IAE. Durant ma dernière année d’étude, j’ai pris la décision d’arrêter pour me lancer dans la création de la marque. J’ai dit à mon père que je ne finirais pas mon master 2, il m'a fait confiance. J’ai fait des petits jobs pour économiser et nous avons pu créer nos deux premiers sweats, ceux qui nous ont permis de partir à la fashion week et d’ensuite produire une vingtaine de pièces pour les commercialiser.

Vous êtes blogueur également, est-ce que la notoriété de la marque est dû, en partie, à cette activité ?

Je ne suis plus blogueur mais il est vrai que cela a aidé. En 2014, la folie d'Instagram n’avait pas encore commencé, il y avait beaucoup moins de contenu et peu d’influenceurs français qui étaient dans le segment haut de gamme. J'ai réussi à me faire un nom. Cela nous a aidé à construire la marque puisque je faisais attention à toujours mixer des marques de luxe avec Drôle de Monsieur. J'ai réussi à influencer une partie de ma communauté qui sont eux aussi devenus des acheteurs de Drôle de Monsieur.

Aujourd’hui, je n’ai plus le temps, ni l'envie de poster comme à l'époque. Je préfère rester discret et me concentrer sur Drôle de Monsieur. Je pense que j'ai fait mon temps en tant qu’influenceur et que le moment est venu de laisser la place. J’ai ouvert un autre chapitre qui me plait beaucoup plus que le précédent.

Crédit : Facebook Drôle de Monsieur

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