Entre météo déréglée et pouvoir d'achat en berne, le prêt-à-porter français dévisse

Le secteur de la mode a traversé une période commerciale particulièrement difficile à la rentrée. Les données provisoires recueillies pour le mois de septembre 2026 indiquent une diminution de 15,0 % des ventes en valeur pour le marché de l'habillement et du textile, comparativement à septembre 2025. Pour rappel, ce chiffre était aussi à la baisse en septembre 2025, mais de « seulement » 5,6 % (données provisoires de l'IFM).

L'impact direct des conditions climatiques

Cette contraction s'explique en grande partie par des températures inhabituelles pour la saison. Selon les relevés de Météo France, septembre 2026 se classe au deuxième rang des mois de septembre les plus chauds enregistrés depuis l'année 1900. Cette météo estivale prolongée a logiquement freiné les intentions d'achat pour la collection automne-hiver, les consommateurs repoussant l'acquisition de pièces chaudes ou d'équipements outdoor.

Tous les canaux de distribution en retrait

La baisse d'activité affecte de manière uniforme l'ensemble des circuits de distribution, qui accusent tous un repli à deux chiffres. Les magasins physiques enregistrent un recul de 16,8 % de leur chiffre d'affaires par rapport à septembre 2025. De son côté, le commerce en ligne (à l'exclusion de la vente à distance traditionnelle) affiche une résistance à peine supérieure, ses ventes se contractant tout de même de 11,9 %.

À plus long terme, le décrochage demeure important. Comparé à la période précédant la crise sanitaire, le secteur enregistre des performances inférieures de 16,5 % aux résultats de septembre 2019. Au terme de ces neuf premiers mois, le bilan annuel provisoire fait état d'un recul de 3,1 % en valeur par rapport aux neuf premiers mois de l'année 2025.

Les chiffres de l'IFM corroborent ceux annoncés plus tôt par l’Alliance du Commerce. L'organisation qualifiait même le mois de septembre de « catastrophique » pour le marché de l'habillement. Son bilan indiquait par ailleurs que « l’accélération de l’inflation portée par les prix de l’énergie (+21,2% sur un an) [a pesé] sur le pouvoir d’achat des Français et limit[é] les déplacements des consommateurs, impactant notamment les lieux marchands les plus éloignés. »


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