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Fiscalité, emplois : quelle est la contribution d’Amazon à l’économie française ?

By Herve Dewintre

10 nov. 2021

Business

Alors que la future taxe Gafa sera bientôt mise en place dans 136 pays, Amazon prend la parole pour justifier son importante contribution à l’économie française et rend public le montant de ses prélèvements.

Création de milliers d’emplois, financement des services publics et du modèle social français, préservation de l’environnement : voici en substance le message d’Amazon à la France. « La France est essentielle à Amazon » indique l’entreprise dans un communiqué envoyé ce 10 novembre. « Depuis deux décennies, nous avons noué une relation forte avec des dizaines de millions de clients qui nous font confiance et apprécient l’apport d’Amazon à leur qualité de vie et à leur pouvoir d’achat. Pour mieux les servir, nous avons investi plus de 11 milliards d’euros dans nos activités françaises entre 2010 et 2020. Ce chiffre comprend à la fois la construction de nouvelles infrastructures et nos dépenses de fonctionnement telles que la rémunération de nos salariés. »

Dans cette prise de parole, Amazon rappelle également sa décision de créer 3 000 CDI supplémentaires en France en 2021, ce qui portera ses effectifs à 14 500 salariés en CDI répartis à travers le pays, des bureaux de Clichy aux sites logistiques répartis sur le territoire. Amazon rappelle également avoir signé en février 2021 une convention nationale avec Pôle emploi, au travers de laquelle l’entreprise réitère son engagement en faveur de la diversité et de l’égalité des chances dans le recrutement, avec une attention particulière portée à l’insertion des jeunes des quartiers populaires.

Les emplois indirects sont également mentionnés puisque 25 000 emplois ont été créés par les quelques 13 000 PME qui utilisent les technologies d’Amazon pour soutenir leur activité. Par ailleurs, Amazon insiste sur le fait que plus de 65 pour cent de ces PME exportent leurs produits à l’international : en 2020, leur chiffre d’affaires à l’export via Amazon s’est élevé à plus de 400 millions d’euros. La contribution de l’entreprise à l’environnement est également largement détaillée : l’entreprise s’est engagée à atteindre zéro émission nette dans l’ensemble de ses activités d’ici 2040, soit 10 ans avec l’échéance fixée par l’Accord de Paris. De plus, l’entreprise alimentera l’intégralité de ses activités en énergies renouvelables d’ici 2025.

Amazon annonce avoir payé 600 millions d’euros en France

Autre sujet qui fâche : les impôts. Pour rappel, il y a une semaine, 136 pays se sont mis d’accord pour imposer une taxation minimale à 15 pour cent sur les multinationales. Ce dispositif, jugé révolutionnaire par les experts, permettra de reverser une partie des profits des Gafa aux pays où ils font les plus gros chiffres d’affaires. Jusqu’à maintenant, certains de ces pays ne touchaient rien. Un exemple : si une entreprise doit 3 milliards au fisc (au taux désormais minimum de 15 pour cent), une partie du montant sera alloué à chacun des pays où elle fait des profits. Cette future taxe devrait rapporter aux États jusqu’à 150 milliards de dollars par an. Bercy espère de son côté récupérer entre 6 et 7 milliards d’euros. Aussitôt baptisée taxe anti-Magnat (M pour Meta, A pour Amazon, G pour Google, A pour Alibaba et T pour Tittok), ce dispositif se veut l’arme massive permettant de lutter contre l’hégémonie de ces géants américains et chinois accusés de déstabiliser les économies (et parfois même les États) en affaiblissant les acteurs locaux. Pour rappel, Amazon pèse autant que le PIB de l’Indonésie qui est pourtant, avec ses 273 millions d’habitants, la 16eme puissance économique mondiale.

Voici donc les éléments communiqués par le géant américain de la vente en ligne, en réponse à la future mise en place de la taxe sur les Gafa : « Il est important d’adopter une vision d’ensemble car se focaliser uniquement sur un élément de la fiscalité, tel l’impôt sur les sociétés ne donne qu’une vision tronquée de la contribution fiscale des entreprises », indique Amazon qui rappelle pour étayer sa démonstration que selon une étude de l’OCDE, l’impôt sur les sociétés représente 4 pour cent environ des recettes fiscales en France.

Amazon choisit par ailleurs de rendre public les montants de chiffre d’affaires et de prélèvements obligatoires correspondant à l’ensemble des activités française de l’entreprise : le chiffre d’affaires total d’Amazon en France a atteint environ 7,3 milliards d’euros (environ 5,7 milliards d’euros en 2019). Les prélèvements obligatoires liés aux activités d’Amazon en France se sont élevés à plus de 600 millions d’euros (2019 : plus de 420 millions d’euros), en incluant les contributions et taxes collectés auprès des clients de l’entreprise et aux tiers (notamment la TVA et les cotisations sociales salariales, ainsi que la CSG et la CRDS). Dans ce montant, 310 millions d’euros (2019 : plus de 230 millions d’euros) correspondent à des prélèvements directs (impôt sur les sociétés, cotisations patronales, impôts locaux, etc.).

Reste à savoir si l’entreprise acceptera de payer davantage une fois la taxe Gafa mise en application. La prochaine étape consiste en effet désormais à transposer cet accord dans les législations nationales des 136 pays signataires. Le lobbying ne fait que commencer.

Crédit photo : Amazon

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