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Giorgio Armani évoque sa succession

83 ans, toujours fringuant, mais évidemment prévoyant, Giorgio Armani multiple depuis la rentrée les références à sa succession. Il faut dire que le génial créateur italien laissera le jour de son départ un immense empire derrière lui. Fondée à Milan avec un capital de 10000 dollars au milieu des années 70, Armani est aujourd’hui un groupe immense, aux multiples ramifications (Giorgio Armani Privé, Giorgio Armani, Emporio Armani, EA7, Armani Collezioni, AJ | Armani Jeans, A/X Armani Exchange, Armani Junior, Armani/Casa, Armani Hotels), dont le chiffre d’affaire annuel avoisine 2,5 milliards d’euros.

L’année écoulée a été difficile pour le groupe. La baisse des ventes a été significative – déjà en 2016, le chiffre d’affaires avait baissé de 5 pour cent – mais cela n’avait pas empêché le bénéfice d’être en hausse de 12 pour cent, à 271 millions. Le groupe en juillet avait annoncé une importante réorganisation de ses activités et un regroupement de ses multiples enseignes pour répondre aux changements du marché. Il s’agit essentiellement désormais de mieux se concentrer sur le segment luxe : c’est la raison pour laquelle les enseignes Armani Collection et Armani Jeans vont être prochainement abordées par Emporio Armani, pour ne citer qu’un seul exemple.

« Mon successeur ne sera pas forcement italien »

Si le groupe souhaite rationnaliser son réseau qui comprend actuellement 3000 points de vente dans le monde, c’est que le fondateur souhaite laisser à son successeur un empire en ordre de marche. Le créateur organisait pour la première fois depuis onze ans son défilé Emporio Armani à Londres en septembre dernier. Il s’entretenait pour l’occasion avec la chaine de télévision RaiNews24. S’il avait toujours, jusqu’à maintenant, éviter les questions trop pressantes concernant son départ, cette fois-ci, le créateur dessinait avec une précision inhabituelle les contours de la personnalité de son héritier potentiel. Il évoquait également avec une franchise rafraichissante ses erreurs passées : « j’ai parfois créé de la haute couture à la limite du ridicule ».

En ce qui concerne sa succession, le designer italien est assez clair : « j’ai plusieurs héritiers ». Deux nièces – Roberta et Silvana qui travaillent toutes deux au sein du groupe - et un neveu : il s’agit d’Andrea Camarana qui fait parti du conseil d’administration de la société. Le désigner a également des héritiers de cœur : à savoir son assistant de longue date, Pantaleo Dell’Orco qui siège au conseil d’administration de du groupe et dirige de main de fer les lignes masculines.

Ces quatre personnes mentionnées ont toute la confiance du génial créateur. Il semble toutefois qu’il ne voit, en aucune d’elles, un éventuel remplaçant. « Dans le monde où nous vivons, choisir le bon héritier est important car il doit être visible, assister à des événements sociaux en soirée, être photographié." Il y aurait bien entendu la solution du créateur déjà connu et expérimenté, mais Giorgio Armani ne semble pas se réjouir de cette perspective : « Je préfèrerai quelqu’un de plus jeune, de plus frais ». Par contre, le créateur italien ne fait pas de fixation sur la nationalité de son successeur : "Italien ? Ce n'est pas sûr. Rappelez-vous que dans les années 70 et 80, les créateurs de mode étaient français et c'était eux que nous suivions." Le créateur, qui vient de fêter ses 40 ans de carrière, semble avoir une idée de plus en plus nette de ce à quoi doit ressembler celui qui aura la lourde tache d’incarner son nom.

Credit photo: Armani, dr