Grâce à la Chine, Hermès maintient sa rentabilité au plus haut

Paris - Hermès a maintenu sa rentabilité au plus haut au premier semestre grâce au succès de sa maroquinerie, notamment en Chine où le groupe de luxe continue d'enregistrer « un fort niveau d'activité ».

Le sellier-maroquinier - dernier groupe du CAC 40 à dévoiler ses résultats semestriels - a fait état mercredi d'un résultat net de 754 millions d'euros (+7 pour cent), alors que les consensus établis par les agences Factset et Bloomberg tablaient respectivement sur 745 et 775 millions.

Hermès : une rentabilité proche du niveau record

La rentabilité opérationnelle courante ressort à 34,8 pour cent, soit très proche du niveau record de 34,9 pour cent atteint au cours du premier semestre 2018, « malgré l'impact défavorable des changes », souligne dans le groupe dans un communiqué, précisant avoir intégré pour ces comptes la nouvelle norme comptable IFRS 16. A titre de comparaison, cette marge était de 28,3 pour cent début 2010.

Au cours des six premiers mois de l'année, la demande pour les produits Hermès a poursuivi sa trajectoire de croissance, principalement en Asie : 52 pour cent des ventes ont ainsi été réalisées dans cette zone géographique, contre 17 pour cent aux Amériques, 17 pour cent en Europe (hors France) et 12 pour cent dans l'Hexagone.

A elle seule, l'Asie-Pacifique hors Japon a vu son chiffre d'affaires bondir de 18 pour cent sur le semestre.

A Hong Kong, touché par d'importantes manifestations pro-démocratie depuis plusieurs mois, le groupe reconnaît un impact sur l'activité de ses six magasins en ville et de sa boutique située dans l'aéroport.

« Néanmoins l'impact de ce ralentissement à Hong Kong sera compensé par un fort niveau d'activité en Chine continentale. Le niveau d'activité dans la Grande Chine reste identique à celui des deux premiers trimestres de l'année  », a souligné le directeur financier Eric du Halgouët, lors d'une conférence téléphonique.

Epargné par les surtaxes douanières

De même, face à la montée des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, le directeur financier se veut rassurant : « Nous ne sommes pas impactés directement par le sujet des droits de douane sur nos produits »

En France, après avoir pâti au cours du premier trimestre des manifestations des « gilets jaunes », « nous avions mentionné un redressement de l'activité au deuxième trimestre, ce redressement se confirme sur les mois qui ont suivi le 30 juin », a également détaillé M. du Halgouët.

Hermès avait déjà fait état en juillet d'un chiffre d'affaires semestriel de 3,28 milliards d'euros, en hausse de 15 pour cent sur un an.

Pour Axel Dumas, le gérant d'Hermès, « ces résultats en forte croissance » sont le « signe, sur tous les marchés, de la fidélité de ses clients et de l'excellence créative qui dynamise l'ensemble des métiers ».

C'est la division Maroquinerie-Sellerie - cœur de métier représentant 50 pour cent du chiffre d'affaires - qui a continué d'alimenter la croissance du groupe, avec des ventes qui ont totalisé 1,6 milliard d'euros (+16 pour cent en données publiées), portées tant par les sacs classiques de la maison (Kelly, Birkin) que par les modèles plus récents.

Pour faire face à la demande croissante, Hermès indique qu'il poursuit l'augmentation de ses capacités de production : fort de 17 maroquineries sur le sol français, il rappelle qu'un nouveau site verra le jour en 2020, et qu'un autre est annoncé à l'horizon 2021.

Au total, le sellier-maroquinier qui employait 14 751 salariés à fin juin dont 9 096 en France, souligne avoir « renforcé ses effectifs de près de 500 personnes au premier semestre ».

Hermès ne donne pas de perspectives chiffrées, mais il confirme viser « à moyen terme » un objectif de progression du chiffre d'affaires à taux constants « ambitieux », et ce « malgré le renforcement des incertitudes économiques, géopolitiques et monétaires dans le monde ».

24 actions gratuites par salarié

Lors d'une conférence de presse, le groupe a par ailleurs fait état d'un plan de distribution de 24 actions gratuites par salarié, pour l'ensemble des quelque 14 700 personnes employées dans le monde.

« On a eu un superbe premier semestre, c'est important de remercier les salariés, de faire un plan démocratique d'actions gratuites, on est au "24 Faubourg" (l'adresse d'Hermès sur le Faubourg Saint-Honoré à Paris, NDLR), donc on a décidé de distribuer 24 actions gratuites à chacun de nos 14 700 salariés », a indiqué Axel Dumas, gérant du groupe.

Au prix actuel de 638 euros par action, cette opération coûtera quelque 225 millions d'euros.

Eric du Halgouët a pour sa part estimé que « le poids des actions gratuites va peser marginalement, 40 millions d'euros de plus sur le deuxième semestre, c'est pas loin de 1 pour cent de rentabilité ».

Les salariés n'auront la pleine propriété des actions distribuées qu'au terme de quatre années dans l'entreprise. « Le dernier plan datait d'il y a 4 ans », a rappelé Axel Dumas.

Le sellier-maroquinier qui employait un total de 14 751 salariés à fin juin dont 9.096 en France, souligne avoir « renforcé ses effectifs de près de 500 personnes au premier semestre ».

Hermès ne donne pas de perspectives chiffrées, mais il confirme viser « à moyen terme » un objectif de progression du chiffre d'affaires à taux constants « ambitieux », et ce « malgré le renforcement des incertitudes économiques, géopolitiques et monétaires dans le monde ».

A la Bourse de Paris, l'action Hermès était en légère baisse (-0,44 pour cent vers 11H10).(AFP)

Photo : Hermès Facebook

 

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