Hécatombe ou accalmie ? Le bilan des défaillances d'entreprise de mode au second trimestre 2026

Le secteur français de la mode traverse une période de rationalisation complexe. Selon une étude du cabinet Altares portant sur les défaillances (redressement judiciaire, sauvegarde et liquidation) des entreprises en France au 2e trimestre 2026, le marché affiche des dynamiques opposées entre les différents maillons de sa chaîne de valeur. Si, dans la mode, les points de vente physiques semblent retrouver un certain équilibre après des saisons tumultueuses, le commerce de gros souffre de manière significative.

Le commerce de détail

Les chiffres du 2e trimestre 2026 soulignent une nette amélioration pour les détaillants de mode. Le commerce d'habillement enregistre une baisse de 13,8 % de ses défaillances par rapport à la même période en 2025. Il convient toutefois de souligner que le taux de liquidation reste lui très élevé (76,1 %). Ce chiffre illustre une réalité brutale : lorsqu'un commerçant de mode dépose le bilan en 2026, il n'a, dans plus de trois quarts des cas, aucune perspective de plan de sauvegarde ou de redressement judiciaire.

Parallèlement, le segment des sports et loisirs, qui englobe une part importante des marchés de l'outdoor et du lifestyle, enregistre une forte détérioration. Les défaillances y augmentent de 17 %, une hausse tirée spécifiquement par les magasins de sport qui voient leurs procédures grimper de 16 %.

L’industrie manufacturière

En amont de la filière, les procédures reculent nettement dans le secteur textile-habillement avec une baisse de 20 %, une dynamique qui est notamment « portée par la fabrication de vêtements de dessus », selon l'étude. Ces données indiquent que les commerçants français ont probablement assaini leur gestion des stocks et qu'ils adaptent leur offre de façon plus prudente, limitant ainsi le risque de faillite pour les fabricants directs.

Les grossistes

L'accalmie observée en aval de la chaîne, commerce de détail, ne doit pas masquer les profondes difficultés du secteur du commerce interentreprises. Les grossistes en habillement accusent une hausse alarmante de 30 % de leurs défaillances. Ces derniers subissent de plein fouet les ajustements de trésorerie des détaillants, qui commandent des volumes moindres et privilégient des cycles de réassort plus courts pour limiter les invendus.


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