Inditex (Zara): bénéfice net en hausse de 9 pour cent au 1S grâce aux changes

Le groupe textile espagnol Inditex, propriétaire de Zara, a publié mercredi un bénéfice net en hausse de 9 pour cent, à 1,36 milliard d'euros, pour le 1er semestre de son exercice décalé, expliquant néanmoins avoir souffert de l'appréciation de l'euro.

"La performance au premier semestre était principalement due à l'effet mitigé causé par la forte appréciation de l'euro face à la majorité des devises depuis juin", explique le groupe dans un communiqué en anglais. Inditex est présent dans 93 pays et réalise environ 40 pour cent de ses ventes hors d'Europe.

Le groupe ne détaille pas son résultat du deuxième trimestre, mais une comparaison avec le résultat publié au premier trimestre (654 millions d'euros) permet de l'évaluer à environ 712 millions d'euros, en dessous des prévisions des analystes interrogés par le fournisseur d'informations financières Factset, qui tablaient en moyenne sur 733 millions.

Le résultat opérationnel (Ebitda) a progressé de 9 pour cent à 2,3 milliards d'euros. Le cours d'Inditex à la Bourse de Madrid reflétait la déception des investisseurs: après avoir chuté de plus de 2 pour cent à l'ouverture, il perdait 1,9 pour cent à 32 euros vers 11H45 (09H45 GMT). "Mais durant le premier semestre 2018, l'euro fort sera un avantage pour nos approvisionnements en Asie qui se font en dollars", a néanmoins assuré Marcos Lopez Garcia, directeur des marchés de capitaux chez Inditex, lors d'une conférence destinée aux analystes.

Environ 40 pour cent des vêtements d'Inditex sont fabriqués en Asie, le reste en Europe et au Maghreb. Outre l'impact négatif des changes, "le ralentissement des ventes à périmètre comparable (...) et le rétrécissement de la marge brute (...) sont les aspects les plus préoccupants", soulignent les analystes de Bankinter. Ces résultats "renforcent les spéculations sur l'impact négatif d'Amazon et sites de ventes en ligne sur les entreprises ancrées dans la distribution physique", ajoutent-ils.

Le chiffre d'affaires a progressé de 11,5 pour cent par rapport au 1er semestre 2016, à près de 11,7 milliards d'euros, tiré par l'ouverture de nouveaux magasins: le groupe recense 113 ouvertures nettes contre 83 au premier semestre 2016. Mais à périmètre comparable, le chiffre n'a augmenté que de 6 pour cent, alors qu'il avait grimpé de 11 pour cent au premier semestre 2016.

Inditex ne détaille pas le chiffre des ventes en ligne. Le PDG Pablo Isla s'est borné à souligner leur "croissance rapide ces dernières années" lors de la conférence d'analystes, mettant l'accent sur le lancement de ce système en Asie en 2017. A fin juillet, le groupe possédait 7.405 boutiques pour ses huit marques. Les meilleures progressions de vente pour le semestre se retrouvent chez Uterqüe (+27 pour cent), Oysho (+18 pour cent) et Bershka (+14 pour cent).

Malgré une "activité solide (...) la forte expansion du nombre de magasins dans de multiples pays pourrait être plus exigeante en terme de gestion que dans le cas de la croissance de l'activité nationale déjà réalisée", expliquent les analystes de CitiResearch dans une note.

Le groupe basé en Galice (nord-ouest de l'Espagne) tire sa réussite du modèle de la "fast-fashion", qui consiste à fabriquer 60 pour cent des vêtements relativement près du siège (Espagne, Portugal, Maghreb, Turquie, Europe de l'Est), pour pouvoir mettre en rayon en quinze jours des pièces collant aux tendances de la mode. (AFP)

Photo: Website Inditex

 

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