La Chaire Lectra - ESCP Europe a organisé une table-ronde dédiée au management et à ses innovations dans la mode à l’ère de l’industrie 4.0. Autour de Valérie Moatti, co-directrice scientifique de la Chaire, plusieurs experts ont partagé leurs réflexions, notamment Daniel Harari, directeur général de Lectra ou encore Sylvie Ebel, directrice générale adjointe de l’Institut Français de la Mode (Ifm).

L’accent a notamment été mis sur la transformation digitale des entreprises de mode. Sur la sellette, le business model historique, de moins en moins viable face à l’accélération des processus de fabrication et de mise sur le marché et de montée en puissance du développement durable. Repenser la chaîne de valeur de la mode dans sa globalité en intégrant le développement durable devient une urgence.

C’est dans ce contexte que Fashion3, l’ écosystème de sept marques (Jules, Brice, Pimkie, Bizbee, Orsay, Rouge Gorge, Grain de Malice) de la famille Mulliez, créé pour maximiser les synergies, a mis en place un modèle de transformation totale des process end-to-end, du design au sourcing, de l’évaluation des quantités à la géolocalisation des produits.

Fashion3 : transformation de la chaine de valeur via le digital

Car les grands groupes ont tous la même stratégie par rapport à la transformation digitale et savent ce qu’il faut faire mais se posent la question de la manière de l’exécuter. Par la lourdeur de leur organisation, ils sont devenus des sumos, à l’inverse des startups, ces « boxers » agiles. Fashion3 est donc en train de défaire ce qui a été créé depuis des décennies et de retisser une nouvelle façon de travailler. C’est le denim qui a été choisi au sein du groupe pour tester un process différent : le design avec Heuritech, le prototypage virtuel avec des avatars, la fabrication avec les sewbots (un modèle qui ne dépassera pas 25 pour cent de la production sur une catégorie). Une piste nouvelle qui pourrait bien devenir la norme de demain.

« Fashion on demand » via l’Intelligence artificielle

Autre thème porteur, le nouveau business model de la mode sur commande. Selon Daniel Harari, la plus grande révolution à venir dans la mode est le passage d’une vente sur stock à une vente à la demande. C’est lorsque le client aura passé une commande que le vêtement sera fabriqué.

Après quatre ans de R&D, Lectra a sorti « Fashion on demand », une technologie dotée d’intelligence artificielle conçue pour adapter le produit aux choix et aux mesures du client. Cette solution permet de regrouper les commandes et de fabriquer de l’unicité en grande quantité. Ce nouveau modèle implique des changements dans les rôles de chacun. Il transforme le rôle des consommateurs, qui deviennent ainsi plus impliqués et prescripteurs, et modifie les relations entre créateurs, fabricants et distributeurs. « Ces derniers vont prendre beaucoup plus d’importance face aux demandes de personnalisation mais il est encore difficile de déterminer comment » a souligné Daniel Harari.

 

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