L'importation de jeans ne connaît pas la crise

Si l'industrie de l'habillement connait une crise ininterrompue depuis sept ans, les importations européennes de jeans, en forte croissance depuis 10 ans, atteste la vitalité d'un secteur qui touche toutes les classes sociales et toutes les catégories de consommateurs - enfants, seniors, hommes, femmes - tout en confirmant le fait que le jeans est, et de très loin, le marché le plus dynamique d'habillement.

Dans sa note de veille stratégique publiée par le groupe Messe Frankfurt - acteur majeur des expositions professionnelles, qui organise notamment le salon Texworld dont la prochaine édition française aura lieu du 14 au 17 septembre prochain à Paris, Le Bourget - Jean-François Limantour, expert international reconnu de toute la profession textile (il préside entre autres Evalliance mais aussi le Cercle Euro-Méditerrannéen des Dirigeants Textile-Habillement ) note que la croissance du marché de l'importation du jeans est restée forte au cours de ces dernières années, malgré la crise, alors que la consommation vestimentaire européenne stagnait ou même baissait comme ce fut le cas en France entre 2007 et 2014.

L'importation de jeans ne connaît pas la crise

"Rien qu'en 2014, les importations de jeans en denim réalisées par les 28 états-membres de l’Union européenne ont atteint une valeur de 4,077 milliards d’euros, en augmentation de 8,2 pour cent par rapport à 2013 qui était pourtant déjà une année excellente. Ces importations ont porté sur 531 millions de pantalons, destinés à une population européenne de 503 millions de personnes dont 425 millions de consommateurs de plus de 14 ans" observe l'expert international.

Jean-François Limantour note ainsi qu'au cours des dix années, de 2004 à 2014, les importations européennes de jeans en denim ont plus que doublé en valeur (+120,7 pour cent), soit un taux de croissance annuel moyen exceptionnel de 8,2 pour cent ! Au cours de cette période, le nombre de jeans importés par l’Union européenne a quasiment doublé (+99 pour cent) pour culminer en 2014 à un niveau record de 531 millions de pièces. Cette très forte croissance a été favorisée par la sagesse des prix qui n’ont progressé que de 10,9 pour cent en dix ans, passant de 6,92 euros en moyenne par jeans en 2004 à 7,68 euros en 2014.

Le prix des jeans importés a très peu augmenté

L'expert note avec satisfaction qu'au cours de ses 10 dernières années, la hausse moyenne de prix des jeans importés est très modérée : "les prix n’ont progressé en niveau que de 10,9 pour cent, soit une augmentation annuelle moyenne de 1,04 pour cent" indique Jean-François Limantour qui attribue le principal facteur de modération des prix à la concurrence très sévère entre les exportateurs; "il y a tout lieu de penser que cette tendance à la modération va se poursuivre" ajoute-t-il.

Deux stratégies prédominent dans la dispersion des prix autour du prix moyen (cette dispersion est importante puisque les pièces les plus chères peuvent monter à 17,06 euros tandis que les moins chers descendent parfois jusqu'à 5,47 euros). En effet, on a d'un côté la Tunisie, la Turquie et le Maroc qui jouent la carte des petites séries, de la réactivité, de la qualité des matières et de la confection, de la créativité et des traitements spéciaux, bref les pays qui intègrent une forte valeur ajoutée dans leurs produits et leurs services ; et d'un autre côté, on a le Bangladesh, la Chine, le Cambodge ou le Pakistan qui produisent en grandes séries des jeans de bas ou moyen de gamme tant par les matières utilisées, que la coupe et les finitions.

Remarque intéressante, Jean-François Limantour observe que les niveaux des prix moyens des jeans importés en Europe varient sensiblement d’un état-membre à l’autre. Ainsi, c’est l’Italie qui achète les jeans les plus chers (10,91 euros pièce en 2014), suivie du Danemark (9,60 euros), de l’Allemagne (8,60 euros) et de la Suède (8,15 euros).

A l’inverse, les prix des jeans importés en Espagne (7,06 euros pièce), en France (7,17 euros), en Grande-Bretagne (7,01 euros), en Belgique (6,47 euros) ou dans les petits marchés européens tels que Portugal, Grèce, République Tchèque, Pologne,…où ils tombent en moyenne à 5,60 euros) sont d’un niveau de gamme sensiblement plus bas.

 

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