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La mode et le crowdfunding: une alternative au financement bancaire?

By Herve Dewintre

31 mars 2015

Business

Le crowdfunding, que nous traduirions par “financement par foule”, ou autrement dit, financement participatif, a plus que jamais le vent en poupe. Lancées il y a quinze ans, ces plateformes – des sites internet permettant aux internautes d’accorder un prêt ou un don pour contribuer au financement d’un projet semble devenir une veritable alternative au financement classique: selon l'étude annuelle du cabinet américain Massolution cité par le site latribune, la croissance des montants levés par les sites de crowdfunding atteint 167 pour cent en 2014. Soit 16,2 milliards de dollars récolté en 2014 dans le monde, contre 6 milliards un an plus tôt. A titre de comparaison, Massolution indique que ces plateformes n’avaient récolté que 2,7 milliards de dollars en 2012. Et ce montant pourrait en toute vraissemblance atteindre 34,4 milliards cette année.

Globalement, ce sont surtout les plateformes de prêts qui concentrent l’essentiel de la collecte (68 pour cent en 2014, soit 11,08 milliards de dollars) loin devant les sites permettant d’entrer au capital d’une PME ou d’accorder un don.

C’est en Asie que la croissance des sommes récoltées est la plus spectaculaire avec une augmentation de 320 pour cent en 2014 grâce à l’impulsion donnée en Chine aux prêts entre particuliers. Mais c’est aux Etats-Unis que la collecte est la plus importante: 9,46 milliards en 2014. En Europe, ce montant est de 3,26 milliards de dollars.

Ces nouvelles technologies internet vont elles déstabiliser les anciens modèles bancaires ? En France où les banques représentent 95 à 98 pour cent du financement des PME les plate-formes de crowdfunding - Ulule, WiSeed ou KissKissBankBank connaissent en tout cas un réel succès et attestent que les start-up sont en recherche de diversification dans leurs recherches de prêt.

300000 euros pour Blune, 500000 pour Bleu comme Gris

Dans le secteur de la mode où le financement bancaire est si difficile pour les jeunes pousses, la question du bien-fondé de cette alternative ne se pose même pas. La plateforme SmartAngels par exemple a démarré cette semaine une levée de fonds pour Blune, une marque d’ « humeur-à-porter » pour femmes, hommes et enfants, fondée en 2012 par Julie Delaissé, ancienne responsable de collection chez Chantelle, avec deux amies. La marque compte lever 300 000 euros pour développer son concept du "mooding" en France et à l’international et ouvrir une première boutique à Paris. Autofinancée depuis sa fondation, la marque est distribuée à la fois auprès de plus de 90 détaillants multimarques prestigieux, tels que Colette ou Barneys New York et via sa boutique en ligne. Elle est présente dans 25 pays. En 2013, SmartAngels avait permis à Bleu comme Gris, une autre start-up de la mode qui propose des collections casual chic pour enfant de la naissance à 12 ans, de collecter 500000 euros .

Des montants qui n’ont rien d’anecdotiques. D'autant que pour les spécialistes, le crowdfunding n'a pas vocation à se substituer au financement bancaire. "Il ne s'agit pas de faire du financement contre les banques, mais à côté des banques", insiste Hubert de Vauplane, avocat associé chez Kramer Levin qui avait fait il y a quelques semaines une conférence sur le « financement 2.0 des entreprises ». "Lever 500.000 euros grâce au crowdfunding représente un atout non négligeable pour une entreprise qui s'apprête à solliciter un financement complémentaire auprès de sa banque."

Une recette pour séduire les investisseurs ? « C’est toujours un challenge de se lancer pour une start-up dans un secteur aussi concurrentiel que celui de la mode, indique Benoît Bazzocchi - Président Fondateur de SmartAngels, au magazine Next-finance. Pour se démarquer, il est essentiel de proposer un produit différenciant et à forte valeur ajoutée. Avec un positionnement haut-de-gamme et un concept percutant, Blune par exemple, répond parfaitement à ces deux impératifs. La présence de la marque à l’international ainsi que la distribution des vêtements chez des détaillants de renom, sont des atouts supplémentaires qui ont également leur importance dans la décision des investisseurs ». Dans le cas de Blune, la start-up est accompagnée dans son développement par un comité stratégique et plusieurs Business Angels ont d’ores et déjà rejoint l’aventure.