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L'autorité espagnole de la concurrence s'inquiète du rachat d'actifs d'Intersport par Decathlon

Madrid – L'acquisition par Decathlon de « certains » actifs d'Intersport en Espagne s'annonce plus difficile que prévu. La Comisión Nacional de los Mercados y la Competencia (Commission Nationale des Marchés et de la Concurrence - CNMC) a en effet décidé de passer à une « deuxième phase » dans son analyse de l'opération. Pour l'instant, cette décision n'implique ni autorisation ni interdiction du rachat par la CNMC, mais elle est motivée par les risques potentiels pour la concurrence que l'autorité de régulation a identifiés dès le départ.

Pour replacer les choses dans leur contexte, le 3 mars 2025, les représentants légaux de la filiale espagnole d'Intersport (active sur le marché espagnol à travers les sociétés Intersport, Intersport CCS et Intersport Retail One) ont déposé une demande conjointe de placement en redressement judiciaire auprès du u Tribunal de Commerce n°3 de Barcelone. Cette démarche a été motivée par un état d'insolvabilité avéré, voire imminent dans le cas de la société mère Intersport.

Après leur placement en redressement judiciaire, les sociétés ont demandé leur mise en liquidation le 28 juillet 2025, une requête acceptée par le tribunal par une ordonnance datée du 30 juillet. S'en est suivie une ordonnance d'approbation avec des règles spéciales pour la liquidation des sociétés, datée du 25 septembre 2025. Cette décision prévoyait de regrouper les actifs des trois sociétés en liquidation en deux unités de production : l'une, la Centrale d'Achats, avec des actifs appartenant aux sociétés Intersport et Intersport CCS ; l'autre, regroupant le réseau commercial de magasins en propre du groupe Intersport en Espagne, exploités par les sociétés Intersport CCS et Intersport Retail One.

Concernant la première unité, une offre ferme a été déposée fin juillet par Intersport France, la filiale française d'Intersport, pour son rachat. Cette offre portait sur l'acquisition de certains actifs des sociétés Intersport et Intersport CCS, notamment les droits sur les marques Intersport et Sportlover, le contrat de licence et les participations dans la société mère d'Intersport, Intersport International Corporation. Elle incluait également la reprise de 20 contrats de travail, ce qui permettrait d'éviter un impact sur la masse de la procédure estimé à environ 522 000 euros. L'opération s'élevait à un total de 300 000 euros, la filiale française proposant 150 000 euros pour les actifs d'Intersport et 150 000 euros pour ceux d'Intersport CCS.

Parallèlement, le 25 septembre 2025, l'administration judiciaire (le cabinet RCD Concursal) a informé de l'intérêt d'autres tiers pour le réseau commercial de 34 magasins en propre. Le tribunal a alors autorisé une guerre des enchères extrajudiciaire, avec des conditions minimales de prix (entre 9 998 et 97 078 euros) et de maintien de l'emploi (entre 2 et 90 salariés) pour 14 unités de production initiales. Ces règles ont été assouplies par une ordonnance le 2 décembre 2025, permettant de scinder certains « packs » de magasins si la séparation garantissait une viabilité opérationnelle et commerciale propre.

L'offre de Decathlon, examinée par la CNMC

C'est en participant à cette guerre des enchères — très probablement après l'assouplissement des règles du 2 décembre — que l'enseigne française Decathlon est entrée en jeu. Bien que l'entreprise n'ait pas communiqué officiellement sur son offre, elle a notifié la CNMC le 31 décembre 2025.

Début 2026, des rumeurs laissaient entendre que Decathlon pourrait racheter l'intégralité d'Intersport en Espagne. Ces bruits de couloir ont été démentis par des sources proches de l'entreprise au journal El Español, précisant que la chaîne visait uniquement l'acquisition d'actifs stratégiques pour renforcer son réseau.

L'attention s'est rapidement tournée vers les îles Canaries, où Intersport exploitait 17 magasins avant sa liquidation (2 à Fuerteventura, 14 magasins et 1 outlet à Tenerife). Ce réseau régional était de loin le plus performant du pays :

  • Chiffre d'affaires aux Canaries (2022-2024) : 39,6 millions d'euros (marge annuelle moyenne de 41,1 % à 43,2 %).

  • Chiffre d'affaires sur la Péninsule (2022-2024) : 18,2 millions d'euros (marge de 31,5 % à 35,6 %).

Loin de valider l'opération à l'issue de sa première évaluation, la CNMC a décidé ce 30 mars 2026 d'approfondir son enquête. Elle a relevé des risques pour la libre concurrence, particulièrement concernant l'offre de Decathlon sur l'île de Tenerife. Pour cette zone, l'administration judiciaire avait fixé un prix plancher de 89 300 euros et la reprise de 90 salariés pour l'ensemble de l'unité de production locale. À ce jour, il n'est pas confirmé que Decathlon ait fait une offre pour sa totalité.

Lors de la première phase de son analyse, la CNMC a fait les constats suivants concernant Tenerife :

  • Une forte concentration sur le marché de la vente d'articles de sport, notamment pour l'équipement et les vêtements techniques.

  • Une réduction potentielle de la pression concurrentielle, aggravée par les barrières à l'entrée du marché.

  • La difficulté pour de nouveaux opérateurs de trouver des emplacements physiques attractifs.

Le régulateur souligne que cette situation pourrait entraîner de lourdes conséquences pour les consommateurs : « Des risques tels qu'une diminution de l'offre et de la variété des produits (en particulier pour les marques tierces), une baisse de la qualité et de la spécialisation du service, une couverture géographique réduite ou encore une perte d'incitation à l'innovation dans les magasins. »

Face à ces risques potentiels, Decathlon a présenté des engagements pour tenter de les atténuer, mais la CNMC les a jugés insuffisants. Le déclenchement de cette deuxième phase d'analyse ne préjuge cependant pas des conclusions finales. La CNMC pourra exiger davantage d'informations, et Decathlon ainsi que d'autres tiers auront l'opportunité de présenter des arguments pour défendre leurs intérêts. À terme, le régulateur rendra son verdict final, qui pourra autoriser, soumettre à des conditions ou interdire cette concentration d'actifs.

Cet article a été traduit à l'aide d'un outil d'intelligence artificielle, puis vérifié et édité par un journaliste de FashionUnited.

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