Le commerce en ligne en France, qui a franchi en 2019 les 100 milliards d'euros de chiffre d'affaires, accuse cependant un "retard" sur ses voisins européens, d'où la nécessité d'aller "plus loin" dans la numérisation de l'économie, selon le gouvernement.

"Le total des ventes sur internet en France s'élève en 2019 à 103,4 milliards d'euros (...) Malgré un fléchissement de la croissance observé au dernier trimestre, la hausse du chiffre d'affaires a atteint 11,6 pour cent par rapport à 2018", a annoncé mercredi la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad), évoquant un "cap historique".

En dix ans, les ventes de produits et de services sur internet ont été multipliées par quatre dans l'Hexagone.

Toutefois, précise encore la Fevad, "les ventes de produits ne représentent aujourd'hui encore que 10 pour cent en moyenne de l'ensemble du commerce de détail, contre 90 pour cent des ventes qui se font toujours en magasin", alors que le e-commerce au Royaume-Uni affiche un taux de pénétration de près de 20 pour cent et des ventes atteignant les 200 milliards d'euros.

"Le e-commerce est un secteur d'excellence française -il n'y a qu'à voir les importantes levées de fonds réalisées en ce début d'année, dont celle du site spécialisé dans le bricolage ManoMano- mais il faut encore aller plus loin", a affirmé Cédric O, le secrétaire d'État au numérique, lors d'une conférence de presse.

fracture numérique

"On est en retard sur nos homologues européens, ça progresse, mais trop lentement: il nous faut aller vers plus de digitalisation car le monde ne nous attend pas et les grandes plates-formes avancent très vite", a-t-il ajouté.

Pour lui, c'est d'abord "aux chefs d'entreprise de faire cette transformation", même si la fracture numérique, avec 13 millions de Français qui n'utilisent toujours pas internet, constitue un frein que l'État essaie de réduire.

Selon la Fevad, la France se trouve effectivement derrière l'Allemagne et le Royaume-Uni en matière d'accès à internet ainsi qu'en nombre de cyberacheteurs (elle en comptait 40 millions en 2019, en augmentation de 2,1 pour cent), mais devance l'Espagne et surtout l'Italie. Son "potentiel de croissance est encore important", résume son président François Momboisse.

Pour rapprocher encore davantage internet et les Français - qui achètent déjà chacun en moyenne pour 2.500 euros en ligne par an -, Cédric O a annoncé qu'il souhaitait "lancer d'ici le mois d'avril un label" destiné à récompenser "les e-commerçants les plus vertueux", notamment en matière fiscale.

Transition écologique

En effet, selon un récent rapport de la Direction nationale des enquêtes fiscales (DNEF), 98 pour cent des sociétés étrangères présentes sur des places de marché en France, contrôlées en 2017 et en 2019, "n'étaient pas immatriculées et ne payaient pas de TVA".

"Nous sommes en train de discuter les critères" de ce futur label "qui seront exigeants", a promis Cédric O, en fustigeant les sites au comportement de "pirates".

Un label qui s'impose d'autant plus que l'offre continue de s'étoffer, avec plus de 190.000 sites marchands recensés fin 2019 (+15 pour cent).

Et avec un succès certain: selon une étude de la société Oxatis, réalisée avec le centre de recherche de la Kedge Business School, "plus de 80 pour cent des sites de e-commerce français sont rentables", précise son PDG, Marc Schillaci.

Par ailleurs, l'une des tendances relevée en 2019 est que "les cyberacheteurs sont en pleine transition écologique", affirme le délégué général de la Fevad, Marc Lolivier.

Ainsi, selon un sondage réalisé par Médiamétrie, 53 pour cent d'entre eux déclarent prendre en considération l'environnement lors de leurs achats en ligne (en regroupant leurs commandes pour limiter les livraisons, en privilégiant des sites français) et 45 pour cent ont déjà acheté sur internet un produit issu de l'économie circulaire (d'occasion, recyclé ou reconditionné).

Enfin, pour 2020, la Fevad anticipe un niveau de croissance comparable à celui de 2019: "les sites de e-commerce devraient réaliser un chiffre d'affaires de 115 milliards d'euros".(AFP)

 

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