Le groupe de mode SMCP repasse dans le vert en 2025
Paris - Après une lourde perte en 2024 et des années d'imbroglio actionnarial, le groupe de prêt-à-porter français SMCP (Sandro, Maje, Claudie Pierlot et Fursac) a dégagé un bénéfice net de 16,6 millions d'euros en 2025, annonce-t-il jeudi.
"Il commence à faire un peu plus beau": Isabelle Guichot, la directrice générale du groupe, a salué des résultats en hausse pour SMCP, qui présente un chiffre d'affaires mondial de 1,217 milliard d'euros, en croissance de 0,5%.
En revanche en France, le groupe voit ses ventes baisser de 1,6%. La fermeture de 25 points de vente au sein du BHV à Paris et d'ex-Galeries Lafayette rebaptisées BHV en province (Limoges, Dijon, Grenoble, Reims, Angers) a "pesé sur les ventes" au dernier trimestre 2025 (-8,7%), selon un communiqué.
Isabelle Guichot, directrice générale du groupe, défend le "choix" d'avoir rompu avec la SGM, l'exploitant des BHV, "un partenaire avec qui on avait des impayés réguliers depuis des mois maintenant", explique-t-elle lors d'un point presse.
Ces fermetures intervenaient après l'arrivée d'espaces de la marque d'ultra fast-fashion asiatique Shein dans ces BHV: "il y a eu des divergences stratégiques sur l'approche et sur la qualité de clientèle que ces magasins souhaitaient attirer".
Les chiffres du groupe SMCP en 2025
Hors de France, le groupe est en bonne forme en Europe et Moyen-Orient (+6,8%) et en Amérique (+5,8%) mais continue d'être en retrait en Asie (-11,9%), SMCP ayant fortement réduit son réseau en Chine.
Dans le détail, la principale marque Sandro (+0,6%) s'en tire moins bien que Maje (+1,4%). Regroupées, Claudie Pierlot et Fursac (-3,1%) sont plus en difficulté.
Après une perte nette de 24 millions en 2024, ces résultats positifs traduisent selon Isabelle Guichot "l'efficacité de notre plan stratégique, la rigueur de la gestion et la poursuite de notre stratégie full price", qui consiste pour une marque à vendre en recourant le moins possible au rabais. Elle a apprécié la capacité de ses équipes à "rester concentrées sur la feuille de route" malgré le "feuilleton" capitalistique qui pesait depuis plusieurs années.
En 2017, l'actionnaire majoritaire de SMCP au moment de son introduction en Bourse était un conglomérat chinois, Shandong Ruyi, qui a fait défaut en 2021, lourdement endetté. Or 15,5% de son capital avait été illégalement cédé à une société basée aux îles Vierges britanniques. Après des années de procédures, le groupe a réglé la situation en 2025 et annoncé la mise en vente de plus de 50% de son capital, cherchant un repreneur solide pour clore ce chaos actionnarial.
Le groupe a pu assainir de 38% sa dette nette, qui baisse à 147,5 millions d'euros en 2025.
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