Le lin français tisse sa filière sustainable avec Lemaître-Demeestere

Avant le Covid, Lemaitre-Demeestere, seule PME française à ce jour à ne produire que des tissus de lin « made in France », surfait sur une explosion de la demande. Le tisseur fabrique près de 400 000 mètres de lin chaque année, pour les grands noms de l’ameublement et de la décoration, mais aussi du prêt-à-porter. Dans le monde d’après, Olivier Ducatillon, qui a repris ce spécialiste linier des Hauts-de-France en 2008, au pic de la crise financière mondiale, parie encore sur le développement de son entreprise… née voici 185 ans. Et pour cause, le lin est une plante « à haute teneur en durabilité », peu avide d’eau, n’abîmant pas les sols, et de plus dotées de propriétés thermorégulatrices et hypo-allergéniques naturelles… Pile dans l’air du temps. C’est pourquoi l’entrée de NatUp au capital du linier est un joli événement dans l’univers du tissage français.

NatUp, qui compte 1 500 collaborateurs et réalise un chiffre d’affaires de 1,28 milliards d’euros, est un groupe coopératif agricole d’importance qui rassemble 7 000 agriculteurs dont 5000 adhérents de Normandie, Picardie, Ile-de-France et Eure et Loire. La coopérative accompagne les agriculteurs pour une production durable et de qualité. Les agriculteurs confient à leur coopérative la commercialisation de leur grain, bovins, ovins et légumes. Le groupe compte 4 pôles : grains, légumes, fibres et distribution rurale. En unissant leurs forces, et leur savoir-faire, la branche fibre de Natup et Lemaitre Demeestere veulent s’engager dans le développement et le « remaillage » d’une filière intégrée, 100 pour cent française de tissus de lin haut de gamme et installée de surcroit dans son berceau historique, le nord de la France, à Halluin plus précisément.

L’objectif étant de développer une activité déjà reconnue sur un segment de marché de qualité en offrant toujours davantage de traçabilité. Le tisseur désormais adossé à un groupe puissant s’offre un accélérateur de développement et les moyens de ses ambitions : il va pouvoir compléter ses activités, grâce à la société de peignage la linière Saint-Martin de NatUp. Les deux structures partagent la volonté de contribuer à relocaliser en partie la production textile qui repose aujourd’hui très lourdement sur la Chine. Une ambition qui nécessite de réunir les compétences des producteurs de lin, des experts de la fibre naturelle, du peignage et du tissage, des savoir-faire historiques des régions normandes et du nord de la France.

« Nous avons une filière forte en amont, en ce qui concerne la culture et la transformation du lin. En revanche, nous avons perdu l’aval. Il n’y a quasiment plus de filatures de lin en France, nos approvisionnements viennent d’’Europe, et il reste une demi-douzaine de tissage, dont Lemaître-Demeestere, seul tissage français à revendiquer le label « Masters of Linen » indique Olivier Ducatillon.

Le lin français tisse sa filière sustainable avec Lemaître-Demeestere

Cette fusion rejoint également les ambitions des élus territoriaux qui positionnent le lin comme une filière d’excellence à relocaliser. Pour Patrick Aps, directeur général de NatUp, l’arrivée de Lemaitre-Demeestere au sein du groupe s’inscrit dans sa logique de développement qui conforte ainsi l’une de ses diversifications, une stratégie clé de la résilience de son modèle de groupe coopératif multi-filières. « Notre ambition est de créer de la valeur sur le territoire, ce que nous allons développer largement dans cette collaboration avec Olivier Ducatillion et ses équipes. »

Crédit:

Lemaître-Demmeestere

 

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