Affecté par les déboires de ses investissements dans Uber et WeWork, le groupe japonais SoftBank a publié mercredi des résultats mitigés sur neuf mois mais son emblématique patron, Masayoshi Son, a affiché le même optimisme que d'habitude.

Son bénéfice net cumulé s'est établi à 476,6 milliards de yens (3,7 milliards d'euros) sur les neuf premiers mois de son exercice 2019/20, un résultat divisé par trois sur un an.

Le groupe a aussi subi une petite perte opérationnelle sur la période, à hauteur de 13 milliards de yens, en raison des déboires des participations prises via ses fonds dans WeWork et Uber.

Lors d'une conférence de presse mercredi, le PDG et fondateur de SoftBank s'est cependant montré confiant dans les capacités de redressement de WeWork, assurant que l'entreprise américaine de bureaux partagés était désormais entre de bonnes mains et avait de la trésorerie.

Le projet d'introduction en bourse de WeWork a volé en éclats l'automne dernier, face aux doutes grandissants des investisseurs sur son modèle économique, et SoftBank Group a été contraint d'improviser un coûteux plan de sauvetage.

"D'habitude, les sociétés qui vont mal n'ont pas d'argent devant elle, ce n'est pas le cas de WeWork", a affirmé Masayoshi Son.

D'avril à fin décembre 2019, SoftBank Group a notamment dû enregistrer une perte comptable de 798 milliards de yens (6,7 milliards d'euros) sur les fonds Vision Fund et Delta qu'il gère et dont les résultats sont intégrés dans son bilan d'exploitation.

Merci Alibaba

Au troisième trimestre, un gain exceptionnel relatif à ses parts dans le géant chinois du commerce en ligne Alibaba a permis de limiter les dégâts.

C'est déjà grâce à d'autres rentrées comptables exceptionnelles liées à Alibaba que SoftBank Group avait sauvé son bénéfice net au deuxième trimestre 2019/20.

"Celui qui contribue le plus à nos résultats, c'est Alibaba. Mais l'augmentation de l'action Alibaba n'est pas une bulle, c'est durable, fondé sur une augmentation réelle de valeur", a insisté M. Son.

SoftBank Group, qui s'est transformé plusieurs fois en plus de 30 ans d'existence, a pris un nouveau virage stratégique depuis 2017 en devenant essentiellement un investisseur dans des sociétés du monde entier actives dans les nouvelles technologies.

L'activité opérationnelle de SoftBank Group au Japon (services de téléphonie mobile, portail internet), elle, a plutôt bien évolué. Mais le chiffre d'affaires du groupe sur 9 mois a décliné de 1,1 pour cent à 7.090 milliards de yens, lesté par son activité américaine dans la téléphonie mobile (Sprint) et sa filiale britannique de micro-processeurs Arm notamment.

Gouvernance en question

Bonne nouvelle cependant pour SoftBank Group: un juge fédéral aux Etats-Unis a approuvé mardi la méga-fusion entre Sprint et T-Mobile US, une opération prévue de longue date.

"Nous avons souffert, mais que l'annonce de la décision du juge nous soit favorable nous rend extrêmement heureux", a commenté mercredi M. Son.

Ce feu vert a aussi ravi les actionnaires de SoftBank Group: son titre a décollé de près de 12 pour cent mercredi à la Bourse de Tokyo, avant la publication de ses résultats financiers.

Interrogé sur l'état d'avancement de la création du Vision Fund 2, qui doit succéder au premier Vision Fund avec une enveloppe de plus de 100 milliards de dollars, M. Son a confirmé que ce nouveau fonds était abondé dans l'immédiat par SoftBank Group, tout en espérant toujours rallier des investisseurs extérieurs.

Egalement questionné sur l'irruption récente du fonds activiste américain Elliott au capital de SoftBank Group, M. Son s'est voulu serein.

Elliott plaide notamment pour une amélioration de la gouvernance au sein du groupe, alors que M. Son a l'inquiétante réputation d'être un investisseur incontrôlable.

"De nous-mêmes, nous souhaitons augmenter la présence d'administrateurs extérieurs et sur ce point nous sommes d'accord avec Elliott", a assuré M. Son.

Il a en revanche sèchement retoqué une autre recommandation du fonds activiste, celle de vendre davantage de parts dans Alibaba.

"On nous dit cela depuis des années. Moi, je n'ai pas voulu vendre. Et finalement, il était plus juste de garder des actions qui ont doublé ou triplé de valeur en deux-trois ans, j'avais raison", a-t-il tranché.(AFP)

 

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