Le plan de redressement de l'empire déchu de Michel Ohayon rejeté, la CGT inquiète pour l'emploi
Bordeaux - La CGT a exprimé jeudi ses "inquiétudes" pour les "travailleurs" après le rejet, confirmé en appel, du plan de redressement de la Financière Immobilière Bordelaise (FIB), holding de Michel Ohayon, encore propriétaire de magasins Galeries Lafayette, après avoir liquidé Camaïeu et cédé Gap et GO Sport.
"Si les 26 magasins Galeries Lafayette de province poursuivent aujourd'hui leur activité grâce à un plan de sauvegarde, leur avenir demeure particulièrement fragile. La liquidation de la FIB pourrait conduire à la vente des murs de nombreux magasins, faisant peser de nouvelles menaces (...) à terme, sur les 1.100 emplois concernés", alerte dans un communiqué la fédération CGT Commerce et Services.
Vaisseau amiral de l'empire immobilier et commercial de Michel Ohayon depuis sa création en 1996, la FIB a été placée en redressement judiciaire en janvier 2023, après d'importantes difficultés financières.
Le rejet de son plan de redressement, prononcé en décembre par le tribunal de commerce de Bordeaux, a été confirmé la semaine dernière par la cour d'appel, comme l'a révélé le quotidien Sud Ouest cette semaine. Celle-ci n'a pas prononcé de liquidation judiciaire de la FIB mais a renvoyé le dossier devant le tribunal de commerce pour l'élaboration d'un nouveau plan, sans donner de délai.
D'après la décision, consultée par l'AFP, la holding, également propriétaire du Grand Hôtel de Bordeaux, de l'hôtel Sheraton de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle ou du Trianon Palace de Versailles, proposait de ne rembourser que 2% des créances non garanties, effaçant l'essentiel des dettes.
Selon le document, le passif déclaré de la FIB s'élèverait à 1,7 milliard d'euros, ce que ses représentants contestent, évoquant des doublons, entre la holding et ses filiales, faisant gonfler le calcul. Michel Ohayon avait bâti un empire immobilier avant d'être fragilisé dans ses acquisitions commerciales en 2022, avec la liquidation de Camaïeu (2.600 salariés).
Il avait ensuite dû céder Gap France et GO Sport, placées en redressement judiciaire. Soupçonné d'avoir détourné à son profit de l'argent de ces enseignes en difficulté, l'homme d'affaires bordelais a été mis en examen en avril 2025 pour banqueroute, abus de biens sociaux, escroqueries en bande organisée, abus de confiance et blanchiment aggravé.
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