Les Bourses mondiales font une pause, entre Moyen-Orient et résultats d'entreprises
Paris (France) - Les marchés boursiers mondiaux temporisent mercredi, au lendemain d'un fort mouvement de hausse porté par les espoirs de paix au Moyen-Orient, tout en digérant une série de résultats d'entreprises.
Dans les premiers échanges, vers 7H30 GMT, Francfort (+0,04%), Londres (+0,09%) et Milan (+0,03%) évoluaient proches de leur équilibre. Paris cédait 0,60%, plombée par le net recul de ses poids lourds du luxe Kering et Hermès après la publication de leurs résultats.
En Asie, dans les derniers échanges, Hong Kong prenait 0,68% et Shanghai était stable (+0,01%). Tokyo a pris 0,44%. Les indices font une pause après leur bond généralisé de la veille, portés par la confiance des marchés dans un arrêt durable des combats, après plusieurs jours de cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran.
Guerre "presque finie"?
"Aucune des deux parties ne semble vouloir relancer une escalade majeure sur le plan militaire, le cessez-le-feu en vigueur pour quinze jours continuant de tenir bon", justifie Michael Brown, du courtier Pepperstone. Après l'échec de discussions au Pakistan ce week-end, le président américain Donald Trump a assuré mardi que de nouveaux pourparlers pourraient avoir lieu "dans les deux prochains jours".
Le président américain a en outre estimé que la guerre avec l'Iran était "presque finie" lors d'un entretien sur la chaîne Fox News, assurant que les autorités iraniennes "veulent vraiment parvenir à un accord".
Le prix du pétrole, véritable baromètre de la confiance du marché depuis le début du conflit, évolue sans grand mouvement, après avoir fortement reculé la veille, également en raison du récent élan d'optimisme des investisseurs. Vers 7H30 GMT, le prix du baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, restait stable (-0,34%) à 90,97 dollars. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, grappillait 0,11% à 94,89 dollars.
Et les taux d'intérêt, qui évoluent au gré des craintes inflationnistes depuis le début de la guerre, sont aussi stables: le rendement à échéance dix ans de l'emprunt allemand, référence en Europe, atteignait 3,00%, contre 3,02% la veille.
Reste que l'incertitude demeure dans la région et le "blocus américain est en vigueur", relèvent les analystes de la Deutsche Bank. L'armée américaine a ainsi annoncé avoir empêché six navires de quitter les ports iraniens durant les 24 premières heures du blocus. Mais au moins deux bâtiments en provenance d'Iran ont franchi le détroit d'Ormuz.
ASML salué, le luxe français encaisse
Autre point d'attention: les publications de résultats d'entreprises. "Les investisseurs reprennent peu à peu leur routine et concentrent de nouveau leur attention sur la saison des résultats désormais bien engagée", observe Andreas Lipkow, analyste pur CMC Markets.
En France, les groupes de luxe, qui pèsent lourd dans l'indice vedette CAC 40, ont publié des résultats mal reçus par les marchés, plombés par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient.
Le groupe français de luxe Hermès perdait vers 7H30 GMT 13,07% après avoir publié mercredi des ventes en baisse de 1,4% sur un an à 4,1 milliards d'euros, affecté par les taux de change et le conflit.
Et l'action du groupe de luxe Kering cédait 8,78%: au premier trimestre, il a "fait moins bien qu'attendu" avec "sa marque phare Gucci qui a affiché un recul de 8% de sa croissance organique, contre une prévision de -6%", selon les analystes de Bernstein.
A Amsterdam, le géant néerlandais de la technologie ASML restait de marbre (+0,09%) malgré une hausse de 15% de son bénéfice net au premier trimestre sur un an et le relèvement de ses perspectives de chiffre d'affaires pour 2026.
A Francfort, l'équipementier pour l'industrie des semi-conducteurs Aixtron s'envolait de 6,45% après avoir relevé ses prévisions de croissance pour l'année 2026 "en raison d'une demande plus forte que prévu pour les équipements optoélectroniques".
Mise à jour concernant le groupe Kering : Le titre du groupe de luxe Kering cédait plus de 10% mercredi matin à la Bourse de Paris, au lendemain de la publication de ses résultats du premier trimestre qui ont marqué un net recul de son chiffre d'affaires en raison notamment du conflit au Moyen-Orient. L'action chutait de 10,05% à 251,85 euros à 10H30 (heure de Paris), sur un CAC 40 en recul de 0,59%.
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