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Business |ANALYSIS

Les détaillants d'Europe de l'Est bénéficient d'un bon premier trimestre, le Brexit frappe les pays nordiques

By Angela Gonzalez-Rodriguez

28 juin 2017

Les détaillants en Europe de l'Est - en particulier la Roumanie et la Bulgarie - ont connu une croissance significative, au cours des trois premiers mois de l'année, tandis que des marchés plus matures, tels que le Royaume-Uni ou les pays nordiques, ont vu leurs ventes de vêtements ralentir.

FashionUnited Business Intelligence a étudié l'évolution annuelle des ventes de textiles, d'habillement, de chaussures et de maroquinerie, dans les magasins spécialisés, au cours du premier trimestre de l'année, en identifiant certaines des raisons de ce changement : l’effet du Brexit, le ralentissement économique mondial et le changement dans les comportements des consommateurs sont les principales causes.

L’actualité du premier trimestre a permis de stabiliser les ventes de vêtements en Europe

Pour commencer, l'économie de la zone euro dans l'ensemble était - et est toujours - en croissance, à un rythme modéré. L'économie de la zone euro a progressé de 0,5 pour cent, au cours du premier trimestre jusqu’à mars 2017, au même rythme que dans la période précédente, et en accord avec les attentes du marché. Bien qu'à une vitesse modérée, les marchés européens commencent à apercevoir les premiers signes d'un redressement économique, ce qui se traduit par des consommateurs plus disposés à dépenser, souligne un expert en macro-tendances, consulté par FashionUnited. À ce stade, les données de Trading Economics montrent qu'au cours du premier trimestre de 2017, la croissance du PIB a augmenté en Espagne, en Autriche, en Belgique et en Lettonie, mais a diminué en France et en Lituanie.

Les taux de change plus avantageux, stimulés par une Livre faible, un euro inférieur et une présence en ligne plus forte, ont également participé à ce phénomène lent mais constant. Les prix en livre, étant plus abordables, ont certainement contribué à alimenter la hausse des demandes, pour les marques britanniques.

En particulier, les pays d'Europe de l'Est, comme l'Estonie et la Roumanie, ont affiché une croissance de plus de 70 pour cent, par rapport à l'année précédente, sur les smartphones, selon le rapport Online Retail Monitor du premier trimestre 2017 de Google and British Retail Consortium (BRC).

Au Royaume-Uni, par exemple, les grands magasins ont gagné des consommateurs étrangers, sur les smartphones, augmentant de 50 pour cent, au premier trimestre de 2017. « La (croissance) souligne l'importance des détaillants qui adaptent leur offre en ligne, à la fois à travers la navigation traditionnelle et grâce aux platesformes mobiles, afin de satisfaire les clients. Les sites prêts à l'emploi des smartphones et les temps de chargement rapides sont essentiels pour attirer l'attention des clients et convertir les recherches en ventes », a déclaré Helen Dickinson OBE, directeur général de BRC.

Le premier trimestre 2017 du Royaume-Uni poussé par les ventes des grands magasins sur les mobiles aux étrangers et la Livre faible

Cet intérêt pour les grands magasins britanniques a également atteint d'autres pays européens tels que l'Estonie, selon le rapport Google et BRC, où les consommateurs ont navigué sur les sites de Marks & Spencer, Debenhams ou Selfridges, sur les smartphones, au premier trimestre de 2017. Les détaillants, opérant dans le pays baltique, ont connu une croissance des ventes de vêtements générale, au cours du premier trimestre de l'année, ce qui a créé une hausse de 1,9 pour cent en glissement annuel.

Malgré cette hausse venant de l'étranger, les détaillants britanniques luttent pour faire face aux ventes en baisse, au cours du premier trimestre 2017, alors que les acheteurs ont été découragés par la hausse des prix. C'était la plus grande chute des ventes trimestrielles depuis 2010, a noté The Guardian. En fait, la forte chute des ventes au premier trimestre est le signe le plus clair qu'un ralentissement britannique est en cours, selon Andrew Sentance, ancien membre du Comité de la politique monétaire de la Banque d'Angleterre, qui occupe aujourd'hui le poste de conseiller économique principal PwC.

Sentance a déclaré, fin mars, que « les derniers chiffres de vente au détail montrent que la hausse des dépenses de consommation post-Brexit a pris fin abruptement ». Ils annoncent ainsi les premiers signes d'une possible récession au Royaume-Uni. Les données analysées par FashionUnited Business Intelligence montrent cependant une évolution positive pour les ventes de vêtements, au cours de la période (hausse de 3,97 pour cent), car le taux de chômage était historiquement bas et l'inflation était plus ou moins contrôlée.

Mars : le mois où les détaillants européens ont vu la lumière au bout du tunnel

Le mois de mars a été le mois le plus fort du premier trimestre, les retailers de tous les pays d'Europe bénéficiant de bonnes ventes, à l'exception de la Belgique.

Comme le montrent les données rassemblées par FashionUnited Business Intelligence, le chiffre d'affaires au détail a été de près de 4 pour cent, en mars, par rapport à l'année précédente. Le volume des ventes a augmenté d'environ 3 pour cent. Les magasins vendant des chaussures, des articles en cuir et des vêtements ont enregistré un chiffre d'affaires plus élevé en mars, en partie à cause d’une bonne méteo, ce qui a été une évolution significative, par rapport au même mois de l'année précédente. Il convient de rappeler que 2016 a connu une météo inhabituelle, de janvier à décembre.

Les Pays-Bas, par exemple, ont enregistré un taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) de 0,4 pour cent, au premier trimestre de 2017, par rapport au même trimestre de l'année précédente. De plus, selon le données du centre national de statistiques (CBS en néerlandais), le chômage a diminué, atteignant 5,1 pour cent en avril. Le tout a stimulé les achats des consommateurs, relevant les ventes de vêtements.

L'effet Brexit atteint les pays Nordiques

Bien que l'impact total du Brexit, dans les différentes économies européennes, reste encore indéfini, les premières prédictions comme celle du Bertelsman Stiftung, l'économie de l'Irlande, les pays du Benelux, la Suède, l'Allemagne pourraient être les plus affectées.

Dans le cas des pays nordiques, la Suède a connu une période de réduction des dépenses de consommation, compte tenu de l'incertitude économique accrue. À l'avenir, les économistes soulignent que l'insécurité générée par la sortie du Royaume-Uni de l'UE, pourrait conduire à des perspectives économiques moins optimistes pour la Suède, étant donné que le Royaume-Uni est l'un de ses principaux alliés en termes de commerce et d'investissement. Au niveau national, les Suédois ont enregistré en février le taux d'inflation le plus élevé en cinq ans (1,8 pour cent). En outre, les données d'Euromonitor montrent que les prix à la consommation ont augmenté de 0,7 pour cent, au cours de cette période, en raison de la hausse des prix des vêtements et autres articles de base.

La Norvège voisine a également connu une augmentation rapide des prix dans le marché du logement, ce qui a encore plus affaibli l'économie norvégienne déjà fragilisée. Le pays a connu une diminution des dépenses des consommateurs, au cours des deux dernières années, les prix du gaz et de l'huile ayant fluctué négativement.

La carte montre l’évolution des ventes au détail de textiles, de vêtements, de chaussures et de maroquinerie en magasin spécialisé pour le premier trimestre 2017

Photo : Pixabay