Une bonne nouvelle au milieu de nombreuses incertitudes : les exportations françaises d’habillement ont encore progressé en 2018 : + 6 pour cent entre janvier et novembre. Celles-ci augmentent de 4 pour cent par an depuis 2010, et l’année 2019 ne devrait pas déroger à la règle. C’est en tout cas l’analyse de l’Institut français de la mode (Ifm). Lors de son séminaire annuel, en décembre dernier, l’Institut a estimé que les ventes françaises de mode devraient atteindre sur l’ensemble de l’année 10, 3 milliards d’euros, contre 9, 9 milliards en 2018.

Des prévisions positives, malgré un contexte mondial macro -économique très incertain. Tout d’abord au sein de l’Union européenne, qui représente les deux tiers des débouchés de l’Hexagone en matière de mode. L’Italie reste le premier client de la France, suivie par l’Espagne, l’Allemagne et le Royaume-Uni. « Les faibles gains de productivité réduisent le potentiel de rebond de la zone euro tandis que risques politiques et l'incertitude autour du Brexit restent prégnants », a indiqué lors du séminaire de l’Ifm Denis Ferrand, directeur général de Rexecode, institut d’études économiques. Point favorable cependant, « la hausse des prix de l'énergie qui a freiné la croissance européenne en 2018 ne se reproduira pas en 2019, tandis que la dépréciation de l'euro courant 2018 offrira un peu de répit à la compétitivité. La dynamique salariale devrait soutenir à terme la consommation », a expliqué l’économiste.

L’Union européenne pèse les deux tiers des ventes de mode française

Autre sujet d’inquiétude, le grand export, à commencer par les Etats-Unis (sixième client de la France) et la Chine (dixième client). « La remontée des taux d'intérêt, qui affecte déjà l'investissement en logement, érode la compétitivité externe en contribuant à soutenir le dollar » observe Denis Ferrand. La consommation des ménages américains devrait donc continuer à baisser en 2019, un mouvement déjà amorcé l’année dernière.

La Chine quant à elle connait déjà un léger ralentissement de sa croissance, tendance qui devrait s’amplifier en 2019. Et, toujours selon Rexecode, la plupart des pays émergents (Brésil, Argentine, Turquie, Afrique du Sud…) connaîtront une nouvelle modération de leur croissance cette année, dans le sillage de l’Empire du Milieu.

Pour autant, la parité euro-dollar devrait se stabiliser, avec un cours de l’euro autour de 1, 15 dollar. Un niveau bien plus favorable aux exportateurs de mode française (et de la zone euro en général) que la pointe de 1, 20 dollar, atteinte l’année dernière.

 

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