Les français prêts à payer plus cher un produit made in France ?

C’est l’un des grands mystères de la mode actuelle. Le pourcentage de produits réalisés en France reste faible, voire même anecdotique, dans les paniers d’achat des fashion addict. Pourtant, les consommateurs français, en très grande majorité – 74 pour cent d’entre eux plus précisément - se disent prêt à payer plus cher un produit made in France. C’est du moins ce qui ressort du sondage réalisé par l'Ifop pour l'association Pro France pour le Figaro.

Effet d’annonce ou intention véritable ? L’association Pro France, créée en 2010 grâce notamment aux efforts de l’homme politique Yves Jego, est à l’origine du label OFG (Origine France Garantie). Missionné par le président de la République française Nicolas Sarkozy à l'automne 2009 pour réfléchir à la défense des emplois français face à la mondialisation,Yves Jégo avait rendu un rapport en mai 2010 (« En finir avec la mondialisation anonyme - La traçabilité au service des consommateurs et de l’emploi »). Parmi ses propositions, figurait la création d'une mention plus exigeante que la mention valorisante « made in ». Cette marque de certification était officiellement présentée devant l’Assemblée Nationale le 19 mai 2011.

Les français prêts à payer plus cher un produit made in France ?

Made in France ou Origine France Garantie ?

Concrétement, à ce jour, l’association créée par Yves Jegoréunit les entreprises qui souhaitent participer à une certification volontaire, innovante et transparente de l’origine française des produits. Une transparence que n’offre pas véritablement le libellé Made in France, plus connu des consommateurs, mais plus modeste dans ses recommandations et ses prérequis. Actuellement, la certification Origine France Garantie atteste d’une part que la production s’effectue sur le territoire, et d’autre part que cette production a utilisé 50 pour cent, au minimum, de composants tricolores. Le label est transversal (tout secteur confondu) et incontestable (la certification, obligatoire, est réalisée par un organisme certificateur indépendant).

On ne peut nier le succès de ce nouveau label. En janvier 2012, 100 entreprises s’engageaient dans la démarche Origine France Garantie. Plus de 600 entreprises bénéficient désormais de ce label pour la totalité ou une partie de leur offre. Ce chiffre augmente de 10 pour cent chaque année. La certification est valable trois ans. La plupart des entreprises (90 pour cent d’entre elles) renouvelle l’engagement à la date d’expiration, ce qui prouve la force de ce mouvement de fond. L’annuaire des produits labellisés et les conditions d’obtention du label sont consultables sur le site de l’association www.originefrancegarantie.fr

Les français prêts à payer plus cher un produit made in France ?

Malgré le succès de l’association, il reste beaucoup d’effort à faire pour convaincre, non pas les consommateurs qui ne demandent visiblement pas mieux que de mettre la main à la poche d’après le sondage Ifop, mais les entreprises de succomber à cette vague de patriotisme économique. Certains labels, comme le Slip Français, se sont jetés à pieds joints dans le phénomène avec une volonté louable de transparence et de pédagogie: le site de la marque détaille, poste par poste, les ateliers et les régions mis en œuvre dans la fabrication de chaque produit, du fil à la boite. Parmi les ateliers cités figure l’entreprise familiale Lamahieu, dernière bonneterie française. A Besançon, la marque Routine a lancé le mois dernier les premières montres « Origine France Garantie » avec l’ambition avouée de relancer l’industrie de la montre française. Cette tentative de redonner vie au made in n’est certes pas nouvelle, le slogan des années 90 « vos emplettes sont nos emplois » est resté célèbre à défaut d’avoir été suivi d’effet. Cette fois ci, le courant semble se propager avec davantage de vigueur. L’essor des nouvelles technologies conjugué avec la hausse des salaires dans les pays à bas coût, pourrait inciter de nombreux entreprises, toujours frileuses, à rapatrier leur production.

Objectif ultime : démontrer aux entreprises étrangères, qu’à cout égal, il n’est pas plus onéreux de produire en France. C’est la raison pour laquelle Yves Jego a déclaré cet été que les entreprises françaises auraient été plus compétitives pour fabriquer le maillot deux étoiles de Nike. « Le prix n’aurait pas été forcement plus cher, car on n’aurait pas eu à tenir compte du transport ». Ce message n’a pas convaincu l’équipementier américain qui a préféré produire un maillot de l’équipe de France « made in Thaïland ». Le consommateur ne s’en ait visiblement pas ému.

Crédit photo: Origine France Garantie, le Slip Français, dr

 

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