Les Wertheimer: qui se cache derrière Chanel ?

« Chanel restera privée et indépendante », déclarait Philippe Blondiaux, le directeur financier de la Maison de luxe, lors de la présentation des résultats de 2018 en juin dernier. Une annonce qui a permis d'atténuer les spéculations sur un changement de propriétaire de la maison, qui s'est intensifié depuis le récent décès de Karl Lagerfeld.

En 2018, les ventes ont progressé de 10,5 pour cent en devises constantes pour atteindre les 9,95 milliards d’euros, tirées par les ventes de la région région Asie Pacifique, qui ont augmenté de 19,9 pour cent, devant l'Europe, 7,8 pour cent et le continent américain, 7,4 pour cent.

En effet, la disparition de Karl Lagerfeld en février dernier a ravivé les spéculations selon lesquelles les propriétaires de Chanel -la famille Wertheimer- pourrait vendre la Maison ou demander une introduction en Bourse. Cependant, lors de la Journée de l’Investisseur à Paris, LVMH a déclaré que Chanel a une valeur plus proche de 100 000 millions d'euros que les 50 000 estimés par certains analystes.

Chanel, une des maisons de luxe françaises les plus prestigieuses au monde, ne cesse de générer du mystère autour d’elle et c’est certainement ce qui la rend d’autant plus attrayante... Chanel se place en dehors des deux grands conglomérats de la mode et du haut de gamme dans le monde, les groupes LVMH et Kering, qui possèdent les principales entreprises de ce segment. La société, fondée par la mythique Coco Chanel en 1910, s’est toujours tenue à l’abri de ces luttes de pouvoir, fonctionnant de manière indépendante sans avoir besoin de capitaux étrangers pour continuer à dicter les tendances mondiales. Et bien qu’elle bénéficie d’un soutien financier de taille, l’entreprise est gérée par la famille Wertheimer depuis trois générations.

Les Wertheimer, un clan d’origine juive

En 1924, Coco Chanel s’alliait à Pierre Wertheimer, un homme d’affaires issu d'une famille d'importants marchands pour former Parfums Chanel dans le but d'étendre sa fragrance Chanel N ° 5 à un public plus large. Ainsi, peu à peu, le groupe Chanel s’est constitué de multiples activités comprenant notamment l’horlogerie ou la lingerie avec les marques Bell & Ross ou Eres...

Depuis lors, Chanel a été transmise de père en fils Wertheimer et est aujourd'hui gérée par Gérard et Alain, petits-fils de Pierre et fils de Jacques, depuis 1974. Et apparemment, ce sont eux qui ont pris la meilleure décision à ce jour, en engageant le meilleur designer de l’époque : le regretté Karl Lagerfeld. Tout en conservant l'héritage de Coco Chanel, il a introduit sa touche avant-gardiste particulière, sachant donner le ton à la mode internationale jusqu’à la fin de ses jours. Autre point stratégique pour les Wertheimer : les commentaires de Karl suscitaient souvent la controverse, de quoi se maintenir discrets et à l’ombre d’un personnage brillant et extrêmement médiatique.

La discrétion : le maître mot des grands

« Pour vivre heureux, vivons cachés », dit-on... et la discrétion est bien l’une des maximes des frères Wertheimer. Pour cause, on sait à demi-mot que l’un des frères réside en Suisse et l’autre aux Etats-Unis, mais leur apparition en public est toujours extrêmement rare et loin des projecteurs. Une attitude que l’on retrouve aussi chez les plus grosse fortunes du luxe et de la mode: par exemple, Hermès ou Inditex. Dans le cas d’Amancio Ortega, à la tête du groupe espagnol de fast fashion (Zara, Bershka, etc), il n’apparaît que très rarement en public et n’accorde aucune interview. Le multimillionnaire a cependant assisté récemment aux noces de sa fille Marta Ortega, l’air décontracté face à la presse. De la même façon, « en cachette » et sur un segment luxe, Alain et Gérard Wertheimer ont réussi à positionner Chanel parmi les meilleures marques au monde.

Photo: Lajos-Eric Balogh / picture alliance / dpa Picture-Alliance / AFP

 

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